
Menu
Rubriques
Liens
|
Ce n'est qu'un adieu à Lorrie et George, qui m'avaient gardé des affaires et qui continueront de les garder. Le ciel a brusquement viré à la pluie en ce dernier jour, histoire de bien marquer le coup.
Mon avion a décollé de VicFalls à 12h15, avec les Chutes encore visibles depuis là-haut. Sur les 6 heures d'attente à Johannesburg, je passe les 4 dernières avec Leigh, avocate anglaise de 30 ans. Leigh vient de passer 8 jours à VicFalls, dont 5 soirées au Shoestrings, véritable bar à la mode et lieu de rencontre, mais pas pour elle et moi qui nous sommes élégamment esquivés toute la semaine. Notre lieu de rencontre à nous, c'est donc plutôt l'aéroport de Johannesburg "quand vient la fin de l'été..."
"Dommage" diront certains, "Certes" répliqueront d'autres. En tout cas, les 4 heures filent très vite, et ça c'est bien.
J'ai quitté le sol africain à 20h50. Une dernière rencontre, moins glamour mais sympa. Rod, businessman sud-africain, qui me traite d'aventurier courageux et m'invite chez lui, à Johannesburg. Un autre plan pour la prochaine fois.
Voilà, "Zambezi", c'est fini....
Tatenda - Merci :
- aux quelques fidèles lecteurs et trices qui se reconnaîtront.
- à la Sagrada Familia Hamy
- à moi-même, parce que bon, sans moi ....
- à la chanson-mascotte du voyage : "30 ans" par Miossec (valable aussi à 35 ans, j'ai vérifié)
30 ans, et tu regardes le papier peint vieillir
30 ans, eh oui, tu n' les as pas vu venir
30 ans, ne laisse plus le canapé t'engloutir
30 ans, c'est peut-être le moment de s'enfuir
|
Publié à 12:59, le 3/3/2007 |
Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Pour la 8eme journée consécutive, c'est un ciel grand bleu qui m'accompagne pour une matinée à passer sur le site de Mosi-Oa-Tunya, les Chutes Victoria. Au bout d'un quart d'heure, je suis trempé jusqu'aux chaussettes. Le spray ici devient pluie torrentielle, c'est trop marrant. Evidemment, je suis le seul inondé -et à moitié nu- puisque les autres touristes sont bien à l'abri sous leurs capes et parapluies.
 
Peut-être parce que je suis à peine + habillé qu'eux, une troupe de babouins fait comme si je n'existais pas et je me retrouve cerné tandis qu'ils mangent ou s'épouillent. Alors Derry, le Senior Warden du Victoria Falls National Park, qui passait par là, vient à mon secours : choisir quelle scène babouinesque photographier.
 
Puis Derry et moi nous nous asseyons sur un banc, face aux Chutes, pendant 1h30. J'en apprendrai encore un rayon sur une foultitude de choses, et je comprendrai notamment comment les Chutes peuvent être également visibles depuis le côté zambien. Pour ça et tout le reste, merci Mr Derry, à 2 ans de la retraite !
Pour ma dernière nuit, je déménage chez Lorrie, histoire de finir le bouclage de boucle. Un dernier game walk de 5 à 7 sur le Zambezi Drive. 2 éléphants se baignent dans le Zambèze, et un phacochère et moi nous ferons mutuellement peur alors qu'il voulait juste rentrer à reculons dans son terrier. Le soir chez Lorrie, c'est bombance et c'est normal.
|
Publié à 12:44, le 3/3/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Jairos, mon nouvel ami attitré, m'emmène vers d'autres vues improbables sur le Zambèze, notamment depuis le "classe" et historique Victoria Falls Hotel.
Comme il me reste quelques US$ à dépenser bêtement, je m'offre une sunset cruise sur le Zambèze avec 1 des 10 Activities Operators de VicFalls qui proposent tous exactement le même package fourre-tout : benji jumping, abseiling, rafting, helicopter flight, lion/elephant walk, safaris, et donc sunset cruise dite "booze cruise". Car le principe débilissime de ces balades sur l'eau de 2 heures est de payer 35-40 US$ et de picoler à volonté bière, vin, vodka sur le bateau. On raconte des scènes de vomissage collectif par-dessus bord...
 
Ce n'est pas exactement ce que je recherche (vomir en compagnie d'Australiens à casquette) et au final, de hasard en tractations, je négocie pour 30 US$ le petit bateau "privé", avec Jairos et moi comme seuls clients. Et 30 US$ pour 2. Nous croiserons plusieurs bateaux avec des cargaisons de 20 à 50 touristes qui me conforteront dans l'idée que tout ça se goupille bien. Sinon la croisière, emmenée par le fier Captain King, est très pépère. Mais merci le coucher de soleil sur le Zambèze et les zippos.
|
Publié à 12:21, le 3/3/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Départ à 9h avec Jairos pour cette plongée dans les gorges du Zambèze, c'est-à-dire en aval des chutes, sous le pont qui relie à la Zambie et d'où se font les benji jumps à l'élastique pour 90 US$. En route, la bande se renforce avec Elvis. 30 minutes de marche jusqu'au précipice, puis 20 minutes de descente verticale entre rochers glissants et escaliers rouillés, le tout dans une forêt tropicale humide. Le spray, fine pluie issue du rideau d'eau permanent et à pleine puissance en cette saison, est partout. On est vite trempé, de fleuve et de sueur. L'appareil photo, la plupart du temps, n'est pas sortable.
Arrivés en bas, je pense à la grimpette retour que mon vertige va moyennement aimer, puis place nette pour apprécier la face grandiose du paysage. Images d'un fleuve déchaîné, déferlant entre ses rochers, bref, qui donne pas du tout envie d'y aller.
Mes cools acolytes et moi regardons au-dessus de nos têtes tire-bouchonner les aventureurs précoces au bout de leur ficelle. Jusqu'à la scène du jour : déboulant dans les rapides à toute vitesse, un hippo sur le dos, les 4 fers en l'air. Putain de spray, j'ai raté le cliché de la semaine. Jairos et Elvis sont scotchés, comme devant la télé. Elvis, 20 ans, puceau et fier de l'être, qui m'explique (j'ai rien demandé, je précise) sa théorie de la compagne unique, choisie devant Dieu. Intéressant. J'apprendrai aussi + tard que cette balade aurait dû être payante en faveur des National Parks mais aujourd'hui il n'y avait pas de Rangers pour contrôler...
|
Publié à 11:57, le 1/3/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Je rencontre Dave, l'Anglais qui partage avec moi depuis 3 nuits le dorm pour 4 du Shoestrings. Ça fait 3 nuits qu'il vient se coucher à 3h du mat' et me trouve endormi, tandis qu'à 8h du mat', c'est lui qu'au réveil je vois roupiller . Et donc, 3 jours avant de pouvoir se dire "bonjour" ! Dave est venu à VicFalls comme futur témoin au mariage de sa meilleure amie anglaise avec un Zim black. En attendant le feu vert des autorités, car c'est bien sûr un bordel administratif sans nom, Dave passe l'intégralité de ses journéees au bar du Shoestrings, une bière a la main. Impressionnant.

Un grand coup d'Internet puis le soir, dîner chez Roger et Jess, qui encadraient aussi les missions à Hwange, et Brandy la Californienne est là aussi. Et Roger se rappelle avec moi qu'il a été, en tant que Responsable de Wilderwise, récemment approché par "Planète" pour des fois que des froggy volunteers...
|
Publié à 11:56, le 1/3/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
J'échappe, pour l'instant, au match Sarko-Ségo, mais pas à la St-Valentin, dis donc. Enfin si, personnellement j'y échappe, c'est l'essentiel.
Je retourne, cette fois à pied, à un de mes spots sur le Zambèze déniché la veille en vélo. Tout va bien dans le + ermite des mondes jusqu'au guet-apens.
Une douzaine de Blacks se pointent -j'en vois avec des batons- et là je me dis : c'est l'impair. J'ai vite un peu honte de ma méfiance en voyant ces gamins entre 8 et 15 ans tout sourire voulant partager leur paquet de chips avec moi, et simplement venus tâter du rapide et du remous dans le fleuve. Ils m'offrent aussi de superbes images, je n'en demandais pas tant.
C'est encore Rasta night ce soir au Shoestrings. Il en sort de partout. Je commence a me dire que le Zambezi-VicFalls National Park est non seulement un sanctuaire pour les buffles et les éléphants, mais aussi pour les Rastas. J'accroche un peu avec l'un d'eux, Jairos, 26 ans, avec qui je programme un walk on the wild side pour après-demain. Un genre de Ras-Safari.
|
Publié à 11:55, le 1/3/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Pour environ 3 US$, j' "emprunte" pendant 6 heures le vtt perso de Knowledge, de l'Office du tourisme de VicFalls, au lieu du loueur d'à côté qui charge 5 US$ de l'heure. Pas content le loueur, qui menace d'appeler les flics pour illegal business, mais que je convaincs à moitié que Knowledge est mon ami de 30 ans, ça passera.

A l'entrée du Park abritant les Falls à proprement dit et qui coûte 20 US$, je bifurque sur un chemin dit "Zambezi Drive" qui effectivement longe les rapides du Zambèze juste avant qu'il ne tombe sur lui-même, et là, il n'y a personne. L'immense colonne de vapeur d'eau s'élève dans un grondement sourd à quelques centaines de mètres : "Mosi-Oa-Tunya" en Ndebele -The smoke that thunders- sera mon cadeau de départ dans quelques jours.
Le Zambezi Drive, goudronné et aux portes de la ville, n'en est pas moins au coeur du Zambezi National Park, et des panneaux déconseillent la marche. Je croise Philmon, un Ranger anti-poaching qui me demande si j'ai pas peur là, tout seul, alors que la zone est peuplée d'éléphants, buffles, hippos et crocos. Du coup, oui, maintenant, j'ai un peu les jetons. Merci Philmon. L'an dernier, une touriste australienne s'était offert une balade à cheval guidée ici-même, jusqu'à ce qu'elle croise la route d'une femelle éléphant avec son petit : fin du voyage.
Plus loin, 2 pêcheurs, un peu gênés quand je leur demande : "Are you poaching fish ?"...
Vers 17h30, Brent, Laurie et 2 amis de Brent viennent me chercher au Shoestrings pour aller prendre un verre au luxueux Victoria Falls Safari Lodge qui domine d'en haut le Zambezi NP. Soleil couchant et éléphants au point d'eau en contrebas. Ensuite, le retour du super-resto "The Boma", 4 mois après que Jane m'y ait emmené avec les autres volontaires. Evidemment, comparé aux 4-5000 Zim$ que j'investis dans une satza habituellement, 100 000 Zim$, ça paraît beaucoup. Mais en fait non, c'est rien du tout. Décor, chants, danses, concert de djembe où c'est toi qui (tam)bourrine. Côté assiette, buffet -de malade- à volonté. Dans la mienne : steak de croco, phaco, koudou et "buffle mode". A s'en faire péter la panse.
Redéposé au Shoestring et Salut Brent qui s'en retourne aux lions de Hwange. Au lodge, je change mes -probablement derniers- 50 US$ avec un Rasta à casquette, à un taux qui chute plus bas et plus vite que le Zambèze.
|
Publié à 11:54, le 1/3/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Je cherche mais ne trouve pas le cobra qui a élu domicile dans la charpente de la maison, dixit Brent. Du coup je prends en photo une photo du calendrier accroché dans les toilettes. Encore une que j'aurais bien aimé prendre...
Départ pour VicFalls à 16h ou Brent et Laurie me déposeront au Shoestrings, un Backpackers lodge pas encore essayé. Le sentiment de début de la fin s'intensifie.
|
Publié à 11:53, le 1/3/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
J'essaie d'apprécier chaque minute à sa valeur. Déjà, la Lion house, que je connaissais, est confortable et j'ai même ma chambre. Ma journée passe paisiblement à regarder passer, tout proche, le train des zèbres, impalas, girafes, gnous, koudous et éléphants dans la vaste prairie. Je retrouve Hans et Ester, les Hollandais du Painted dog Project à qui je glisse volontaire-ment un mot, ainsi qu'a Bill Taylor, un vieux pirate qui étudie les éléphants du côté de Kariba.

Pour ma 2ème dernière soirée à Hwange en 4 mois, le ciel, ravagé par le chagrin de me requitter, déverse encore tout ce qu'il pleut. Impressionnant à en couper le courant.

Le nouveau Lion research permit en poche depuis une semaine, officiellement payé par la Oxford University de Londres, sa copine sous le bras, Brent n'est pas malheureux, j'arrive même à en être content pour lui.
|
Publié à 11:52, le 1/3/2007 |
Commentaires (2) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Bon ben, c'était écrit. A Bulawayo, c'est Margaux, la bienfaitrice du Lion Project qui, bien sûr, héberge les tourtereaux et le 3ème du trio, Zeke Davidson, le Sudaf "Senior lion researcher", officiant à Hwange NP depuis 5 ans sauf quand j'y étais et qui vient de revenir.

Vers 11h, je retrouve mon Landcruiser tape-cul préféré avec Brent, Laurie et Zeke, direction la Lion research house du Main Camp de Hwange NP avec un pneu tout neuf qui crèvera après 30 minutes de route. 300 kms vers le Nord, 140 kms avant VicFalls, pour un retour aux sources légèrement inespéré, moi qui pensais hier encore tracer minablement en minibus Bulawayo-VicFalls.
|
Publié à 10:55, le 1/3/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Je tombe cette fois sur Brent en ville vers 9h. Brent Stapelkamp, mon pote Lion researcher d'un mois à Hwange. Aucun ne savait où était l'autre.
En sortant -encore- de l'ONGcule "W.E.Z", j'entends "Samuel !" et à 5 mètres, en terrasse, avec Laurie fraîchement débarquée de Paris : Brent. La barbichette m'en tombe. Il m'offre un café mérité. Ca y est, elle est vraiment là sa Laurie, 3 jours après son arrivée à l'aéroport d'Harare. Forcément, Bulawayo, c'est passage obligé entre Harare et VicFalls, ou .. Hwange.
Tout ça finit par un rendez-vous demain matin pour envisager la suite.
Dans la foulée, je croise bien sûr Lovemore sur mon chemin vers le Safari bureau d'Owen qui, malgré ses coups de fil, ne parvient pas à me trouver un taux de change décent à 4500 Zim$. Ce qui aurait fait, un jour ordinaire, la une de mon journal sans sations est donc relégué 2ème : je vais au Hypermarket TM où l'on me guide en coulisses vers Elisha qui m'offrira : 1 coca (traditionnel), sa casquette et le deal à 4500. Viva Elisha.
|
Publié à 10:41, le 28/2/2007 |
Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Je tombe cette fois sur Doreen en ville vers 9h. Je tombe bien, il faut qu'elle vienne officiellement reconduire mon bail pour 2 nuits à la réception du Caravan Park, pour la 3ème fois. Plus tard, je pousse la porte de la minuscule antenne locale de la "Wildlife and Environment of Zimbabwe", une ONG zim. Il y a là Barry, à l'impeccable faciès de méchant de western spaghetti, et Tania, Zims blanc et blanche. Discussion sans conséquences écovolontariennes mais j'achète des cartes nickel de Hwange et Matopo NPs.
Je repasse ensuite aux bureaux du Matopo Safari Tour pour réinventer quelques projets d'enfer avec Owen et Lovemore. Je leur livre ma prophétie, tirée de mes lectures héraldiques : " Train of tourism starts rolling again in Zimbabwe ! "
|
Publié à 10:28, le 28/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Ça me fait une semaine à Bulawayo, j'ai donc mes adresses et mes habitudes, dont le curry pie du matin dans ce petit take-away indien. Pas très local, certes, mais ze best pie in town après moult tentatives, et le matin, c'est important de partir du bon pie.
Mon ciné (!) de midi tombe à l'eau quand je rencontre Lovemore dans la rue vers 11h. Il s'apprête à prendre un minibus pour un rendez-vous dans les suburbs chez un couple de septuagénaires blancs, investisseurs potentiels dans un projet de bush camp à Hwange NP, dont Lovemore a l'idée mais pas les sous. Il me propose d'y aller avec lui, alors c'est parti.
Au grand dam de Lovemore, Mr et Mme Caprez, lui Anglais et elle Iranienne, se révèlent autant investisseurs que moi vétérinaire, mais ça valait le déplacement.
Ils sont surtout religieux, adeptes de la "Bahai'a Faith", née en Iran il y a 150 ans, que Mme Caprez nous expliquera en détail mais dont voici la primo-définition dans le petit prospectus qu'elle nous remettra à la fin : "The Bahai'a Faith is a new religion God has sent to unify all nations and people of the world and to establish a global civilization based on justice, peace and harmony." Dire que ces gens-là sont, paraît-il, partout dans le monde -y compris en France- et que j'ignorais de les connaître. On retiendra aussi l'invitation à déjeuner dans le jardin, et ce plat de légumes, recette perse, un bonheur.
Au retour, Lovemore est "penaud" de s'être trompé de personnes. On pourrait se croire chez les fous tellement ce rendez-vous n'a eu rien à voir avec ses attentes. Mais c'est ça qui est vraiment drôle. Et Lovemore aussi me fait rire, tout en confirmant ses qualités perçues : intelligent, entreprenant et extrêmement sympa. A priori donc, avec Owen, les business partners, s'il en fallait.
Du portable de Lovemore, j'avais prévenu Doreen que la séance de 12h était du coup à 15h, mais à 15h, point de Doreen pour aller voir avec moi "Snakes on a plane", interdit (ici) aux - de 18 ans, et au titre résumant bien le scénario délirant. Non seulement, ce n'est pas un nanar soporifique et désincarné comme hier, mais la centaine de djeuns blacks spectateurs m'entourant, avec force hurlements, applaudissements, et bien sûr quelques portables, ont garanti l'ambiance du début à la fin. J'ai presque envie d'y retourner demain.
Pour finir la journée citations, rien de mieux que le Herald : " The cost of living for a family of 6 for the month of january has surged to 460 000 Zim$, from 245 000 Zim$ in december, reflecting an 87% increase. " Le salaire moyen, lui, est toujours à 150 000 Zim$, sachant que 80% des Zimbabwéens ne touchent pas de salaire.
|
Publié à 10:01, le 28/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Le fleuron de l'automobile française s'exhibe dans les rues de Bulawayo et du Zim en général. Aujourd'hui : Une 4L, une R12 et une 504 break. Pour le reste, Mazda, Nissan et Toyota se partagent 99% du marché.
Je vais voir mon 3ème produit hollywoodien consécutif : "Aeon flux", un nanar de science-fiction exemplaire. Puis balade et pot en ville avec Doreen-la-rigolote.
Qui me fera moins rire en me montrant des flaques de sang séché dans le parc, sur le chemin de l'Université que j'emprunte chaque jour. "You see, a student got mugged here 2 days ago". Ambiance idéale pour réussir ses études..
|
Publié à 09:48, le 28/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Je rends visite à Owen et Lovemore, mes désormais amis du Matopo Safari Tour, pour un business plan brainstorming à 3. Excitant. A suivre, peut-être.
Du coup, c'est Lovemore qui m'échangera 50 US$ contre 225 000 Zim$. Pour la 1ère fois, le taux baisse. A cause que le gouvernement n'a, contre toute attente, pas dévalué. Ça aurait fait 9 fois en 3 ans. Bref. Ça devrait aller quand même.

A Bulawayo-sous-cagnard, balade sur le campus avec "Dred", le Rasta dé-dreadlocké. Depuis mon arrivée, le ciel reste désespérément (pour les Zims) bleu à "Blue Lawayo". Dans cette province du Matebeleland, au Sud-Ouest, la pluie n'est pas arrivée. Alors que l'Est du Zimbabwe, le Mozambique, le Malawi et la Zambie coulent sous les inondations.
Après le sucre -toujours rare- c'est le mili-meal (base de la satza) et l'huile de cuisson qu'on ne trouve plus, sinon au marché noir, qui doit représenter 60% de l'économie nationale. Et dans la distribution des responsabilités des malheurs du pays, l'Occident - avec largement en tête la Grande-Bretagne, les US et la Banque Mondiale - en prend pour son grade. Mais ça, c'est les journaux qui ont la plume facile sur la théorie du complot. Parce que le "peuple" zim, lui, garde quelques leçons d'humanité et de fraternité en réserve. C'est ça ou les forex (devises), faut choisir.
Comme hier, j'ai retrouvé la parade imparable au cagnard insupportable d'entre midi et 2 : un ciné, avec aujourd'hui Bruce Willis dans "16 blocks", toujours pour une poignée de 0,5 US$.
Et puis je devais aller saluer Godwin à son boulot, après une course au Hypermarket "TM", le "Auchan" zim. Toutes disproportions gardées. Mais là, traquenard. Je me retrouve après 5 minutes en train de boire un coca "en coulisses", dans les bureaux à l'étage de l'Hyper, avec l'un des Supervisors, le "Chef de secteur Alimentation" ! Une heure intéressante et désintéressée avec Elisha, 33 ans. Qui me confirme que le gouvernement ne va pas tarder à envoyer des émissaires dans les monts sacrés du Matopo NP, pour invoquer les divinités de la pluie ...
|
Publié à 11:39, le 27/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Ma méthode est rodée. Vers 7h30, arrêtée au feu rouge dans son beau pick-up rouge aussi, une dame trés sérieuse m'offre "spontanément" le lift jusque Edenfield road, chez Mr Wilson. Car celui qui a créé le Chipangali Wildlife Orphanage en 1973 (le plan "avortable" d'avec Khrystian), c'est Mr Wilson. Qui a aujourd'hui laissé les rênes à son fils Kevin. Et Mr Wilson m'a proposé hier de m'y emmener ce matin. Je trouve tout ça assez dingue, sûrement parce que ça m'arrive à moi.

Avoir une corne de rhino noir dans la main, ça vaut beaucoup d'argent. Mais tenir quelques instants une corne de rhino noir vivant, ça vaut un peu +. Lions, léopards, hyènes, servals, aigles, blablabla... : que des animaux nés ou secourus ici. Et visite guidée gratuite que pour moi par ce grand Monsieur. Les discussions avec lui me transportent un peu. Et bien sûr, répondant a mes questions, il connait très bien ces vieilles fripouilles de Clive Stokil et surtout Andrew Connolly dont le Lion breeding program, c'est bullshit. Même avis que Mr Monks.
Après la visite, entre son fils Kevin et lui, les discussions tourneront plutôt autour du prix au black du gasoil au Botswana proche dont il faut importer 20 000 litres rapidement. Parce qu'il paraît que je rentre en France dans 16 jours, un méga plan "Mr Wilson m'emmène au Kazuma Pan NP, au nord de Hwange -donc assez loin" échoue à une semaine près. Tant pis, next time.
L'après-midi, j'achète une édition-collector du Herald dont la Une est : "La France invite le President Mugabe au Sommet franco-africain, à la grande colère de l'Union Européenne." Chirac soutient Mugabe, seul contre tous. Bizarre. Sans y comprendre quoi que ce soit, je ne me prive pas d'exhiber le soir la feuille de chou à Brian, Obey, et consort, mes amis étudiants du jour, histoire de resserrer les liens, quoiqu'inutile.
J'ai testé aussi et enfin mon 1er ciné. "The Sentinel" avec Michael Douglas, sûrement sorti en France l'année dernière. Je pète un câble au 10ème insup-portable qui sonne dans la salle. Le coupable, surpris, obtempère illico. Les cellphones ici, c'est de la folie. Même si ça marche pas et qu'ils passent + de temps à recomposer le numéro qu'à effectivement parler, c'est pas grave.
|
Publié à 11:03, le 27/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Vers 10h, un minibus m'amène dans la banlieue de Bulawayo, chez Mr Vivian Wilson.
J'avais aperçu sans le vouloir, 2 jours + tôt, un poster dans le bureau local des Parks and Wildlife parlant d'une étude sur la population de léopards et guépards au Zimbabwe, supervisée par ce Mr Wilson qui, sur un coup de fil 2 heures + tard, avait accepté le rendez-vous de ce matin.

Pendant 1h30, les bras n'arrêteront pas de m'en tomber. Je crois que Mr Wilson est la personne que je cherche depuis 3 mois et demi. Zim blanc, 74 ans dont 50 dans la conservation. Spécialiste de tous les animaux, partout. Il me balade dans sa propriété, du vivarium rempli de pythons, boas, vipères du Gabon (ah bon ?), à la bibliothèque ou trônent des dizaines de livres et revues scientifiques, tous signés : V. Wilson. Une sommité, un gourou. Comment n'en ai-je pas entendu parler avant ? En vérité, j'avais serré la main de Mr Wilson, il y a 4 mois à Hwange. Il était passé saluer Jane à Umtshibi, juste quelques minutes. Ce n'est qu'après le coup de fil d'il y a 2 jours que mes 3 neurones ont fait la connexion. Et Mr Wilson me dit aujourd'hui qu'il accueillerait volontiers quelques volontaires pour étudier les léopards ... à Matopo NP, justement. Dire qu'il y a 5 jours, je ne pensais même pas m'arrêter à Bulawayo.
L'après-midi je retrouve Doreen et son ami Godwin pour un tour en ville. Où je suis très heureux de ne rencontrer aucune connaissance car (rires dans la salle) Godwin ne tient pas Doreen par la main. Non non, il ME tient la main pendant 2 heures, comme c'est la coutume ici, y compris hétérosexuelle... Et le soir, dans les allées de l'Université, rencontre avec des étudiants aux prénoms sympathiques : "Welcome", "Hardwork", "George" et son pote "Washington" (!), avec qui des poignées de main suffiront.
|
Publié à 10:21, le 27/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
La Jeep 12 places emmenée par Lovemore, guide professionnel, décolle de Bulawayo à 10h avec à son bord Melody et moi, pour qui l'appréciation du taux de remplissage de la Jeep est inversement proportionnelle à celle du Safari operator, bien sûr. Il me reste 500 US$ pour vivre jusqu'au 20 février, alors 90 US$ pour cette seule journée, il s'agit de ne pas se tromper.
Melody, Californienne de 50 ans, est une volunteer (encore) anti-sida depuis 2 ans dans un trou perdu du Botswana, au sein de la Peace Corps américaine, tout comme Shin Shin au Malawi. Entrée dans le Matopo National Park vers 11h, et Melody, à 12h, en est à sa 2ème bière sur les 4 qu'elle a achetées sur la route. Ah Melody ! Sympa, mais un peu exhubérante, bruyante, bref, américaine... Un peu beaucoup pour Lovemore, légèrement déstabilisé.

Matopo National Park. Immense, sauvage, magnifique. Ses formations de rocs incroyables, ses savanes, forêts, lacs, peintures rupestres des Bushmen San datant de 20 000 ans, et son tombeau de Cecil John Rhodes, fondateur de la Rhodésie. L'occasion d'apprendre par Lovemore que Rhodes en 1895 avait escroqué le roi Ndebele de l'époque, analphabète bien sûr, en lui faisant signer d'une croix un contrat "donnant" a Rhodes et la Couronne Britannique l'ex-Rhodésie, actuel Zim. Rhodes voulait se tailler un empire comparable à celui des Indes, qu'il baptisa donc "Rhodes' Asia" ...

Autre détail, nous sommes absolument seuls. A part 2 Rangers anti "rhino poachers" que nous croiserons patrouillant à pied leurs 25 kms quotidiens avec leur AK-47 semi-automatique datant de 1954 (!), à qui Lovemore offrira un lift pour une belle discussion croisée. Tout comme celle sur la famille entre Melody, Lovemore -30 ans- et moi, tous célibataires sans enfants.
Ah, c'est l'heure de se faire mousser : sur la vie des bêtes, à 3 reprises, Lovemore me demandera "mais comment tu sais tout ça ?" Hé hé ...
Mais l'heure juste, c'est juste avant que Melody me lance un élégant "putain, t'as des couilles !". Dans l'un des 2 Parks africains -l'autre en Namibie- où c'est possible, Lovemore m'amène sur la pointe des pieds à 15 mètres de 3 rhinos, laissant la Jeep avec Melody dedans 300 mètres derrière. "Putain", là c'est moi qui le dis. Enfin, qui le pense. Je n'entends que mon coeur, mes mains tremblent pour la photo. En gros, j'ai les boules. Confirmé donc par Melody. Approche sous le vent, en silence et courbé. Vue lamentable, mais ouïe et odorat hyper développés. S'ils nous captent, c'est la fuite ou la charge, selon la distance. Et donc jusqu'à 15 mètres, derrière un bosquet, ça a tenu. Putain...
Pour bien finir cette méga-journée, le radiateur de la Jeep se met à fuir à 15 kms de Bulawayo, ça surchauffe et y'a plus d'eau à bord. Une voiture s'arrête ( il fait noir), nous en file un bidon et, à la stupéfaction bouleversée de Lovemore, le rat Melody quitte le navire et s'engouffre dans la dite-bagnole pour Bulawayo. J'aurai du mal à le garder concentré sur le lent trajet restant, lui suggérant de s'arrêter aux feux rouges, notamment. Très forte sa réaction. Peur pour elle dans cette voiture inconnue, mêlée d'une énorme vexation quant à sa capacité affichée de nous ramener à bon port. Du coup, je passe pour le mec "bien" et "très cool". Une belle journée.
|
Publié à 12:22, le 18/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Peter, le chauffeur du minibus Harare-Bulawayo de la veille et son acolyte sont au rendez-vous à 9h, à l'angle de Main Street et 5th Avenue. L'idée était au départ, histoire d'étrenner mon permis de conduire international, que je loue la voiture d'un de leurs potes pour aller à Matopo NP, 50 kms au Sud. En fait, ils proposent de m'emmener dans leur minibus ( 1 minibus pour moi tout seul, le fantasme ! ), et commencent les enchères a 500 000 Zim$ que je ramène à 200 000, jusqu'à comprendre qu'ils peuvent m'emmener aujourd'hui et non demain comme j'avais dit.
Tout en roulant dans Bulawayo, Peter m'avise une Blanche traversant la rue : "Ah, encore une qui voyage comme toi". Ouais, sauf que la Blanche, c'est Khrystian, aux cheveux un poil + longs que moi, le Polonais rencontré il y a 3 semaines à Lusaka. Scène de film : arrêt en plein carrefour, Khrystian courant vers le minibus au milieu de la circulation...
Le plan location avorté et calculs faits, ce sera finalement un safari pour touristes à 90 US$ la journée, + intelligent et + rentable.

Khrystian, arrivé 1 jour avant moi en provenance de VicFalls, très démerdard et fier de l'être, me présente Jacob le Zim et Matthew l'Australien, volunteers à la Salvation Army. Rendez-vous tout le monde à dimanche pour un autre plan avortable, le Chipangali Wildlife Orphanage, comme son nom l'indique, à 20 kms de Bulawayo. Bulawayo qui, avec ses avenues assez larges pour qu'un train y fasse demi-tour, et son look encore + america 50's qu'Harare, se visite très bien. L'Université aussi, avec son équipe de volley et sa chorale.
|
Publié à 11:46, le 18/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Au revoir à Peter et Edison, qui me remettaient mes reçus quotidiens moyennant la coquette somme d'équivalent-3 US$. Je ne comprends toujours pas pourquoi le Palm Rock Villa échappe à la sacro-sainte loi "toi l'étranger, tu paieras en devises". C'est très bien comme ça.
Une dernière traversée de la ville d'est en ouest, jusqu'au même bout de trottoir qui m'avait vu arriver il y a 3 mois au crépuscule, jusqu'à ce qu'un Saint-Bernie vienne me secourir.
Le minibus parcourera les 440 kms Sud-ouest jusque Bulawayo en 6 heures 30, même pas entassés ( une personne par siège ), un bonheur. Doreen montera à bord à Kwekwe mais c'est 2 heures + tard que, par le jeu des montées-descentes de passagers, nous serons voisins. Entre temps, un sévère barrage de Police où tout le monde descend pour fouille corporelle. Sauf moi. Je ne dois pas avoir la tête d'un trafiquant d'or ou de diamants, car c'est ce qu'ils cherchent, des smugglers. Déjà 28000 smugglers arrêtés en 1 mois, dixit le Herald : ze operation de très grosse envergure.
Doreen a 28 ans, elle est étudiante en hôtellerie à l'Université Bulawayo Polytechnics et c'est là qu'elle m'emmène car -ah bon ?- il y a là des piaules bien et bon marché. Doreen me fait la visite du campus, séparé du centre-ville par un grand parc, mais pas du tout national. J'ai donc bien failli m'installer au coeur de l'Université de Bulawayo, si je n'avais pas bêtement confessé ma nationalité à la réception de la youth hostel intégrée car on me répond : 75 US$ la nuit. Un prix tellement indécent que ça en reflète la misère environnante. Doreen me conseille alors la mise en veille, et au Municipal Camping and Caravan Park, elle prend sous son nom pour 4 nuits un cottage (avec salle de bains !) qui m'aurait coûté 44 US$ en tant que foreigner. Mais qui du coup me revient à 5 US$. Très Motel américain, c'est pas Jéjé qui me démentirait...
Il n'y a qu'un chemin à traverser du cottage au campus où je vais prendre un verre au bar des étudiants en regardant de drôlissimes clips zims a la télé. Là encore, couvre-feu ; après 19h, le parc qui mène au centre-ville est un no go, le coupe-gorge assuré, d'apres Doreen, le gardien du Camp, et le Lonely.
Mais il y a dans cette fac un bar, un resto, des étudiants djeuns et sympas, comme Nigel et Malcolm qui me diront : "Ah tu viens de France ? Mais alors ça veut dire que ... euh ... tu parles français ? "
|
Publié à 11:07, le 18/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
En fait, on peut sûrement dire mieux, car après Lusaka-quand-j'y-étais et Kariba-quand-j'y-étais, c'est au tour de Harare-quand-j'y-suis d'annoncer la 1ère vague d'une épidémie de choléra. Je revois le médecin de l'Institut Pasteur à Lille en septembre dernier, répondant à ma question "et le choléra ?" : "non non, c'est bon..."

Ça fait un moment maintenant, entre les moustiques, les araignées, les champignons et tout ce dont je ne veux même pas entendre parler, que j'essaie d'être fataliste. Ce n'est donc sûrement pas à cause de ça que je pars demain pour Bulawayo, c'était prévu. Depuis hier soir. 10 nuits au Palm Rock Villa d'Harare, quel encroûté. Record de sédentarisation battu. Et de rencontres officielles aussi, ça sert à ça une capitale.
A part le couvre-feu de 19h, l'autre truc qui ne me manquera pas, c'est traverser la rue. Bien + stressantes que les buffles de Mana Pools, les bagnoles déboulant à toute barzingue et bien sûr à l'anglaise, conduite à gauche oblige, ce qui demande au Français de base une analyse poussée avant chaque traversée de rue. Je n'arrive pas à m'y faire, c'est trèèèès pénible. Cela dit, à Bulawayo, ils doivent aussi conduire à gauche. Mais j'y vais + pour essayer d'observer la conduite des rhinos du Matopo National Park.
|
Publié à 12:48, le 17/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Mr Lovemore Chihota, 67 ans, Chairman de plein de grosses boîtes, accepte de me recevoir dans son bureau ce matin à 10h. Une petite demi-heure, il a quand même pas que ça à faire, c'est sûr, pour peu d'infos mais 1 ou 2 conseils bien sentis.
Je retourne ensuite voir Dorcas à l'IUCN avec 100 US$ en poche, pour constater que 4300 Zim$ la semaine dernière, ça vaut 4700 Zim$ aujourd'hui. 10% en 6 jours, eh bien moi je dis que ça ne couvre pas l'inflation réelle. Mais je suis là, avec 500 000 ...$ au soleil, qui dit mieux ?
|
Publié à 12:46, le 17/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Un dimanche à Harare, forcément, ça se prépare, et mon programme est béton.
Un minibus m'amène vers 10h aux Chiremba Balancing Rocks à Epworth, 13 kms au Sud-est de la capitale. Des formations de roc qui balancent bien, ça va être un festival, que je me dis. Concrètement, il s'agit de roches granitiques en équilibre les unes sur les autres, résultat d'une lente érosion et surnommées bank notes depuis que leur silhouette est apparue sur chaque Zim$ billet. Mais j'ai tellement bien préparé mon coup que les + beaux spécimens, devenus récemment monuments nationaux, resteront cachés derrière -quelle ironie- un billet de 10 US$ que je n'ai pas sur moi. J'avais oublié que j'étais un foreigner obligé de payer en foreign currency, dite "forex". Je n'ai pas tout perdu en discutant un moment avec Moses, le guichetier mais surtout bassiste-auteur-compositeur-interprète-arrangeur-fan de jazz. Il n'a pas les moyens de se payer une basse, il la loue au studio quand il veut répèter avec son groupe. Fonctionnaire, Moses a 2 métiers annexes non déclarés pour pouvoir nourrir sa femme et ses 2 enfants : musicien et technicien en électronique.
Et puis il y a cet homme qui m'offre le lift retour en ville, et qui se propose d'être mon chauffeur pendant 3 semaines jusque VicFalls, via le Matusadona NP dont il ignorait l'existence. Un peu comme si un Parisien n'avait jamais entendu le mot "Camargue".
Après donc un 1er semi-échec, j'ai l'excellente initiative d'aller assister a la fin de l'office dominical de la Universal Church of the Kingdom of God au centre-ville. Un autre vrai grand moment : l'organiste joue ce qui aurait pu être du Céline Dion période américaine pendant que le prêcheur, en transe, trouve les langages et chante les louanges, et ça fonctionne. Ça fonctionne pour ces dizaines de croyants qui chantent en choeur, bras tendus, yeux fermés -certains pleurent- et pour moi qui ... je sais pas trop comment dire.
Et le pompon, 2 adorables religieuses viennent me remercier à la fin de l'office de ma présence -je suis le seul Blanc- et m'inviter à rencontrer le pasteur-prêcheur-prédicateur-tout-c'qu'on-veut, là, maintenant, tout de suite. Sans bonne raison, je décline l'offre, un peu impressionné peut-être. Et sous la surprise du discours étonnament moderne et sensé de ce pasteur qui, alors qu'il baptise 2 nourrissons dans les bras de leur mère sur l'autel, rappelle et martèle à l'auditoire de ne faire des enfants que si on a les moyens de les élever, et non pour faire plaisir au grand-père qui veut de la descendance.
Je passe ensuite 2 heures captivantes à la National Gallery of Zimbabwe : peintures, sculptures en serpentine, springstone ou cobalt, et je replonge dans la "Chitungwiza attitude" d'avec Tim et Emma. A part 4 fonctionnaires en service, je suis seul dans le + grand musée du Zimbabwe, un dimanche après-midi, pour une entrée équivalente à 0,20 US$.
A tous les niveaux encore aujourd'hui, des appels au secours. J'assiste en direct au spectacle d'un pays magnifique et riche sur le papier, sombrant à vue d'oeil dans une misère sans précèdent. Un récent rapport du FMI disait que jamais auparavant un pays en état de non-guerre civile n'avait plongé si profond dans la crise.
La "Héralderie" du jour : " Des violeurs absents de leur procès car il n'y avait pas d'essence pour les emmener de la prison au tribunal. "
|
Publié à 12:45, le 17/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Comme chaque matin, c'est la revue de presse ( n'est-ce pas Sylvie ? ). Le Herald déplore les 100 000 Zimbabwéens refoulés clandestins en 2006, ayant pour la plupart tenté de traverser à la nage la Limpopo River, infestée de crocos, qui sépare le Zim de l'Afrique du Sud. Certains n'ont donc pas eu à être refoulés. Et tous ces autres morts par ingurgitation malencontreuse de champignons vénéneux me rappellent mon seul achat de champignons. C'était sur un trottoir de Lusaka, la veille du début de quand-j'étais-pas-trop-bien ...
Puis j'ai droit en ville à l'illustration d'un précèdent article : 100 mètres de queue sur le trottoir - jusque là, ok - mais devant un supermarket "OK", plus étonnant. Le sucre, 117% + cher, revient lentement dans les magasins après des semaines d'abstinence, les producteurs ayant bloqué les livraisons jusqu'à ce que le ministre, parti 2 mois en vacances, ratifie à son retour la dite-augmentation. J'arrête car le Herald est un blog à lui tout seul.
Les hair saloons comme les phone shops sont légion, mais le Ebony Hair Saloon sur Takawira Avenue valait aussi son impossible pesant de pixels : grand comme un hall de gare, 500 femmes au bas mot, 1/3 coiffeuses, 2/3 clientes. In-croyable.
Un orage diluvien -1ère pluie en 6 jours- ramènera instantanément le débit internet à son niveau le + bas depuis la crise de 1929 ou la sécheresse de 1976, au choix.
|
Publié à 12:30, le 17/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
C'est toujours sur un conseil de Sally que je me pointe dans les bureaux de la société Conservation Cooperation pour rencontrer le grand patron qui possède les top-of-the-range Matetsi Game Lodges, à 350 US$ la nuit, quelque part dans la Matetsi Safari Area. Maina, la secrétaire, me fait revenir lundi matin, le grand chef, visiblement une très grosse légume, étant en déplacement. Je passerai donc le week-end à Harare en espèrant que ce Monsieur aura quelques instants à m'accorder. De toute façon, j'ai une situation a débloguer et je n'aurai sûrement plus mieux qu'Harare pour ça.
Après mes petites courses quotidiennes au Spar et au OK, je trouve vers 19h dans le jardin du Palm Rock Villa une drôle de paire. Lazarus, le musicien zim joueur de mbira, l'instrument de musique nationalement traditionnel qu'il est tant d'évoquer. Un morceau de bois qui tient sur les genoux, avec des spatules en métal qu'il faut donc savoir pincer. A côté de Lazarus, il y a Meg, jeune Japonaise en train justement de jouer du mbira tout en chantant en shona. Bigre. Une zimfan qui passe 2 mois par an ici depuis 6 ans. Respect.
Puis Lazarus m'entraîne au Books Cafe à 500 mètres où un groupe de copains joueurs de ngoma (tambour) et mbira se produit ce soir. Et on commence par aller voir "the band, backstage", pendant le soundcheck. Leur "backstage" est un cagibi sur le toit de l'immeuble, mais en dreadlocks et peaux de léopard, les types en jettent ! Et visiblement, rien de tel avant d'entrer en scène que quelques cigarettes maison et une etrange poudre brunâtre à sniffer, "rien voir avec la coke" m'assurent-ils, Non merci quand même. Et ils assureront aussi la prestation, mesurée par l'ambiance qui survolte graduellement.
L'autre Blanc dans le public, c'est une Blanche, Rosa, Allemande et mère célibataire échouée au Zimbabwe depuis ... disons trop longtemps. Le patron de la boîte, un jeune Black, m'époustouflifiera en m'expliquant avec force détails les particularités morphologiques des Chinois et des Japonais permettant de les différencier, Les Coréens, c'est + dur, admet-il. Utile, quand tous ces Extrême-orientaux sont de + en + omniprésents économiquement au Zimbabwe, engouffrés par la porte laissée béante en 2000 par les Anglais et les Américains.
Pour les 500 mètres du retour jusque Selous Avenue, Lazarus m'oblige à prendre un taxi qui m'affirmera que Harare est la ville la + sûre au monde. Du coup, petit coup d'oeil au Lonely : "Soyez vigilant en passant dans Selous Avenue après le Palm Rock Villa, où les agressions ne sont pas rares et où la nuit, tout change : ne vous promenez jamais seul." Me voilà rassuré.
|
Publié à 11:54, le 17/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Quand un plat de satza with-n'importe-quoi coûte entre 4 et 5000 Zim$, et qu'un ouvrier agricole touche 8000 Zim$ par mois, on comprend pourquoi le ministre de l'agriculture exprime dans la presse ses craintes que les dits-ouvriers se livrent à des activités parallèles pour "arrondir" leurs fins de mois qui doivent commencer le matin du 1er.
C'est quand même un pays ou les promos des supermarchés peuvent annoncer : "seulement 50% + cher demain au lieu des 100% prévus." !
Je traverse la ville que je commence à bien maîtriser pour arriver au Rainbow Tower Hotel, un ex-Sheraton déclassé mais toujours 5 étoiles. Au 2ème étage, il y a "La chandelle", un resto tenu par Charles et Jo, des Français installés depuis 1 an. En provenance directe de Lille où ils géraient "La Part des Anges" rue Solférino... C'est le Consul qui me les avait évoqués et j'ai fini par accepter de les rencontrer. Dans leur restaurant de luxe avec terrasse et vue imprenable sur Harare. Pour quelques conseils glanés, toujours bons à prendre. Bizarrement, + tu as d'argent et de contacts, + c'est facile de s'installer. Il me reste un peu de chemin.
De mes rencontres ces 3 derniers jours, il n'y a eu que la moins attendue, Sally, pour me conseiller d'aller à la Environmental Management Agency, encore une perpette-à-pied aventure. Là-bas, j'apprends que leur accord pour tout projet économique en zone "protégée", qui prend 2 mois et coûte 4000 US$, est totalement indispensable.
Ensuite je fais la queue 20 minutes sur le trottoir pour téléphoner depuis un phone shop ( les Zimbabwéens adorent téléphoner....), et puis je dois gérer, pour la 15ème fois de la journée et comme tous les jours, une personne me demandant de l'aide.
|
Publié à 11:03, le 17/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Le Monde serait plus sexy -et mon papa, actuellement au Nigéria, doit faire un constat semblable- si sa Une ressemblait à celle du Herald d'aujourd'hui et ses 3 gros titres :
-
+ 117% pour le prix du sucre à partir d'hier
-
ZESA ( EDF local ) en faillite
-
une femme piétinée par un éléphant à Kariba la semaine dernière
A Kariba, justement, j'y étais, et même si le coin est effectivement blindé d'éléphants, la Police n'explique pas la réaction épidermique du pachyderme. Circulez, ya plus rien ivoire ( super drôle ! )
Je rencontre donc Costa au ZTA Office à 8h pour notamment confirmation que la Matetsi Safari Area, entre Vicfalls et la frontière du Botswana, sur la rive du Zambèze, est bien classée "TDZ" : Tourist Development Zone. Costa vérifie quand même sur la carte qu'il n'y a pas 2 Matetsi Rivers au Zimbabwe.
Comme hier, j'enchaîne sur l'IUCN, mais pour cette fois changer 100 US$ avec Dorcas, la secrétaire. Au pays champion du monde de la valse des étiquettes, c'est dur de suivre car le taux monte tous les jours et je me fais marché-parallèlement un peu moins avoir : contre 1 US$, j'ai eu 2100 Zim$ il y a 2 semaines, 3100 Zim$ la semaine dernière et 4300 Zim$ ce matin. Ça ne m'enrichit pas pour autant, lex prix dans les magasins ayant doublé la semaine dernière.
Toujours chez l'Union Internationale de Change au Noir (blaague), je rencontre Wilson, le "Zambezi Basin Project Manager" qui me refait expliquer le volontariat-selon-"Planète". Je suis sûr que lui au moins maintenant a bien compris.
Un pick-up arrêté au feu rouge n'a pas d'argument pour me refuser un lift vers le centre-ville d'ou je galèrerai avant d'enfin trouver un minibus allant du côté des Mukuvisi Woodlands, zone écologique à l'Est d'Harare et siège de quelques ONGs locales, dont la Zambezi Society où m'attend Sally, Zim blanche, qui m'explique ses travaux de recherche et de diffusion d'infos sur tout ce qui touche à la conservation de la Zambezi Valley. Sa petite équipe donne aussi dans le soutien anti-poaching aux NP Rangers et la réintroduction de rhinos et guépards à Matusadona NP. Et Sally, sympa, me ramène au Palm Rock Villa parce qu'il fait noir et maman, j'ai peur.
|
Publié à 10:39, le 17/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
C'est d'abord le Consul de France au Zimbabwe qui me reçoit dans les bureaux de l'Ambassade, au 11ème étage de l'une des 5 tours qui peuvent y prétendre à Harare. Prise du pouls économique local si jamais on voulait s'installer, même si j'achète tous les jours depuis hier le respectable quotidien The Herald et que je suis donc très au courant de tout. Lire un journal local apporte beaucoup, c'est dingue. Ne serait-ce que les faits divers : " 3 femmes condamnées à 10000 Zim$ -3 U$- pour avoir enterré un bébé en cachette "...
Je retrouve le chemin de l'IUCN, mais sans Irene qui m'expliquait hier au téléphone qu'elle s'est foulée la cheville en glissant sur le trottoir. N'empêche, elle passera le message à Dorcas, la secrétaire parfaite, qui me trouve une audience pour midi auprès de Mr Chimuti, le boss de Norman Monks en tant que Conservation Director de la National Parks and Wildlife Management Authority. Où j'arrive en retard et en sueur, tellement c'était + loin que je pensais. La 1ère personne que je croise très brièvement, avec surprise et plaisir, c'est Norman Monks, responsable à 50% de mon dé-retour a Harare.
Entretien avec Mr Chimuti pour une proposition transparko-zimbabwéenne de volontariat, de Mana Pools à Matusadona en passant par Gonarezhou et Matopo : les National Parks qui vont bien. Accueil du projet plutôt positif, donc à confirmer, et je m'incruste juste à temps en sortant dans la voiture d'Allan pour retour au City Centre, 45 minutes de marche évitée à 13h-sous-cagnard, merci.
Allan a 20 ans, sa famille, émigrée d'Angleterre, est installée au Zimbabwe depuis 1820. Et après son frère et sa soeur, respectivement partis vivre à Londres et au Botswana, Allan, fils de fermiers expropriés, quittera définitivement le Zimbabwe pour rejoindre son frère dans 2 mois. Un exemple typiquement triste à pleurer du gachis zimbabwéen. "If Mugabe -le president élu à vie tous les 5 ans- doesn't die this year, there will be a civil war." Personnellement ça m'arrangerait pas trop mais bon.
Allan s'arrête quelque part et je réalise, grace à mon 6ème sens croisé GPS, que je dois être tout près du Zimbabwe Investment Centre, le célèbre "ZIC" : mon rendez-vous non pris suivant. Entretien avec une fonctionnaire anémiée mais sympathique qui me donne 10 pages de dossier à remplir et m'envoie ensuite au Zimbabwe Tourism Authority, le non moins célèbre "ZTA" où Percy me renseigne sur les procédures d'immigration mais m'invite à revenir demain rencontrer son expert de collègue, Costa.
Le soir, dans une gargotte de Selous Avenue, après une satza du demon plutôt relevée, au type bien attaqué, bouteille de gin a la main, bégayant, vacillant et qui me colle un peu trop, je demande de garder ses distances. Il sera tout fier de me montrer sa carte de policier.
|
Publié à 10:04, le 17/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Je redécouvre les trottoirs d'Harare, cette mégapole peu fréquentable mais agréable, où les bus font parfois la gueule et où David avait pris le temps en 48 heures de se faire braquer au couteau en plein jour.

1ère étape, le biennommé "Zimbabwe Internet Cafe" où j'allais tous les jours il y a 3 mois. Et j'y vais pour saluer Culdees, la jeune hôtesse d'accueil qui n'avait pas arrêté de m'envoyer des mails depuis. Le reste de la journée fut beaucoup d'arpentage et quelques coups de fil bien placés pour la suite.
|
Publié à 09:48, le 17/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
La pluie tombe sans concessions depuis hier soir, et je passe la matinée à éponger mes affaires restées trop près de l'ouverture de mon A-frame surélevé, mini-hutte en chaume de 3 m² meublée d'un matelas + moustiquaire. Après beaucoup d'attente et de coups de fils avortés à C.J. et Sandra, c'est finalement Ian qui m'emmène à 14h à la station-service où j'ai rendez-vous avec C.J. Mais c'est Charles, le mari de Sandra, qui arrivera le 1er. "1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras" est une règle sage ici, alors je monte dans la BM. Et tout ce qui va suivre, c'est la différence entre un "lift black" et un "lift blanc", de Kariba à Harare.
Charles s'arrête, discute, embarque, dépose, et repasse chez lui où je suis content de revoir sa petite famille une dernière fois.
Tout va donc bien jusqu'à ce que la soeur me prenne en aparthée(d) et m'explique qu'elle a besoin de 150 US$ pour ses études en Afrique du Sud. Je suis un peu estomaqué, habitué à des requêtes + modestes. Moment difficile, qui laisse des traces. Même Charles me lance : "Did she tell you about her problem ?". Il faut quand même pas déconner les gars !!
Départ quand même pour Charles et moi dans la BM vers 17h. A la sortie de Kariba, 40 personnes attendent un lift pour Harare, Charles embarque à l'arrière les 4 + rapides à s'entasser.
Je rêvais gloire posthume en tombant sous les griffes d'un lion, mais c'est dans une BM 316 que j'aurais dû mourir aujourd'hui. Charles double un camion en côte. Arrive alors en face un autre gros cul. Charles pile net. Mais confond 3 fois de suite marche arrière et première vitesse, toujours sur la voie opposée. Pendant peut-être 10 secondes, mes yeux vont du levier de vitesse au camion qui arrive à fond les ballons juste en face. 2 secondes avant l'impact ( le camion appelle de phares et sirène comme un malade ), Charles, enfin, déboîte de vitesse jusqu'au fossé, sauvant au moins 6 vies par la même occasion. J'avais vu ça qu'au cinéma, mais visiblement, en vrai, ça arrive. Charles parcourera en 4 heures une route qui en prend normalement 6. Limite autorisée 120 km/h -qui serait 90 en France- mais la BM file à 150. Ma trouille les fait tous bien marrer ( je suis à la place du mort ) : "Do you know you have to die one day ?" "It's all in God's hands" etc.... Et pour le coup du camion, Charles, le père de famille responsable, me dit : "You see, this should have been an accident. But God decided the time hasn't come." Et tous de re-rigoler. C'est ca, un lift black !
A 21h, je suis vivant et déposé au Palm Rock Villa au centre d'Harare d'où je m'écris seul dans une chambre à 3 lits et à 3 US$. Je parcours le registre à remplir et y trouve mes glorieux prédécesseurs : mon Jap' ce Hiro, normal c'est lui qui m'avait filé l'adresse, Shin Shin de Livingstonia, et un certain David, mon ami québécois, à qui en cette occasion, je (re)tire son chapeau...
|
Publié à 02:48, le 16/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Journée sans violence. Le Warthogs Bush Camp est un peu dans le bush, alors Ian m'épargne les 3-4 kms de piste dans sa Jeep , jusqu'au..."centre commercial" de Kariba. La petite fille de Sandra me repère et me court après pour m'emmener chez sa maman où ça papotera pendant 2 heures. J'ai alors la bonne idée d'entamer la piste retour en même temps que Ian dans sa Jeep chargée de bois, qui me re-épargnera la bonne marche.

A partir de 17h, arrive progressivement au Camp la communauté blanche de Kariba venue se payer quelques bières et un braai. J'irai préparer le mien, de braai, un peu + loin avec Justin, le gardien de nuit, chacun ayant apporté son grain de sel : moi, saucisses et poulet, lui, satza et brèmes. Copieux.
Sinon il y a une télé au bar, la 1ère depuis longtemps, branchée sur Skynews. Je me dis que je vais prendre quelques nouvelles de la planète mais la seule info développée, c'est l'éviction d'une grosse pouf' de "Big Brother" en Angleterre...
|
Publié à 02:34, le 16/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Aujourd'hui fut la journée-témoin, qui justifie à elle seule pourquoi le Zimbabwe. Le plan, avant l'entrevue avec Mr Monks, c'était d'enchaîner Mana Pools avec, 170 kms Sud-ouest, Kariba et son Lac, résultat d'un barrage respectable sur le Zambèze construit il y a 50 ans, qui alimente aujourd'hui rien moins que l'ensemble de la Zambie et du Zimbabwe en électricité. Le Lac se trouve dans la même énorme wilderness area que Mana Pools sauf qu'il y a des bateaux de plaisance, des lodges et un township, en + des animaux. Et Kariba, pour moi, c'est, au départ, la porte d'entrée du Matusadona NP sur l'autre rive du Lac, le suivant sur la liste. Mr Monks m'a d'ailleurs fortement conseillé d'anticiper mon arrivée là-bas, à quoi pouvait-il bien faire allusion ?
Mais maintenant, Harare, son Wildlife Conservation Director et ses 400 kms de détour, en vertu de mon non-contrat de travail, faut que j'y retourne. Mon lift providentiel va jusque Harare, une aubaine. Mais après 90 kms jusque Makuti, à la jonction Harare-Kariba, je vire makutille, opte pour "l'aventure" et descends de voiture, en espèrant voir prochainement passer un sympathique véhicule pour Kariba. La transition Mana Pools - Harare, c'était un peu raide.
But not on an empty stomach, et au désormais célèbre Makuti Travel Lodge, où je me suis promis un ptidéj de malade, il y a un client, un Zim blanc en shorts et casquette qui prend son thé à "ma place habituelle". Et qui m'interpelle dès qu'il me voit : "Hi, you're going to Kariba ? I can take you there". C'est une blague ? Le ptidéj sera expédié, et c'est parti à travers le superbe Zambezi Escarpment, pour 80 kms dans le pick-up de C.J., un vétéran de la Rhodesian Army et ex-fermier ex-proprié.
Arrivée à 13h à Anchorage Marina, sur le Lac Kariba, ou C.J. a un bateau à prendre. En embarquant, il me donne rendez-vous dimanche vers 14h pour m'emmener cette fois à Harare, ce qui s'inscrit très bien dans mon agenda. Maintenant, je dois m'extirper de cette marina, car les camps et les lodges, c'est pas là. Et, comme à Makuti, il me faudra une minute pour rencontrer Jenny, Zim blanche qui gère -depuis ses bureaux d'Harare- le Rhino Lodge dans Matusadona NP, à 50 kms, sur l'autre rive. Elle me propose aussi un lift pour Harare pour tout de suite, mais je me contenterai d'une razzia au supermarché du coin.
A Kariba, Cagnard n'usurpe pas sa réputation, impossible de rester au soleil. Jenny est super-sympa, et se dit ravie de me mettre en contact avec le petit monde de la Conservation de Matusadona, voire comment y aller. En attendant, il va me falloir d'autres Zim$ et à Kariba, je connais une personne : Sandra. Alors Jenny sort son portable, j'appelle Sandra, qui mettra 5 minutes à débarquer en BMW et qu'on suivra jusque chez elle où, en 5 autres minutes car Jenny m'attend dehors, je négocierai avec son Charles de mari un taux que je crois raisonnable à 3100 Zim$. Charles propose aussi de m'emmener dimanche à Harare donc en résumé, j'avais 2 lifts pour aujourd'hui, et j'en ai 2 autres pour dimanche. Mais ce sera encore Jenny qui me conduira dans son 4x4 jusqu'au Warthogs Bush Camp, un bush camp très sympa et isolé, au bord du Lac, où l'accueil est assuré par 2 éléphants passant par là. Bon début. Je donne rendez-vous à Jenny dans quelques jours à Harare.

Voilà Ian, le Camp Manager anglais qui, à 30 ans, a dû se dire qu'il était temps de se mouiller après s'être tant miossec, que c'était peut-être le moment de s'enfuir et de ne plus laisser le canapé l'engloutir. Ça fait 15 ans maintenant, la vie est pas facile sans touristes, mais "je vois des éléphants tous les jours" qu'il me dit. Tu m'étonnes. Ian a passé 4 jours dans une cellule préhistorique avec 20 détenus pour n'avoir pas déclaré 30 US$ au Fisc zim, ça forge le caractère et renseigne sur les moeurs juridiques locales.
Puis c'est l'heure d'un apéro bien mérité, bien sûr en regardant passer les éléphants et les hippos. Ceux qu'on sent bien passer aussi, ce sont mes potes les moustiques qui m'obligent à me bombarder de répulsif jusqu'à la nausée.
|
Publié à 01:40, le 16/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Dès 6h, ce sont ces fripons de petits singes vervets qui font un boucan d'enfer sur le toit de ma case en métal ( "Out of Africa" version "X-men" ). Je demande mon chemin à une Ranger jusqu'au plan d'eau dit "long pool" à environ 2 kms. Elle me répond " That way, but I think there's lion there". Je choisis donc une autre option et apprendrai plus tard que m'attendaient là-bas 2 lions et 3 lionnes. A la place, j'aurai quand même les boules de ma vie avec 2 hippos broutant interminablement autour de la ridicule petite plate-forme où je m'étais "réfugié" complètement recroquevillé et silencieux, me donnant en même temps à voir 2 babouins forniquer ce qui me les a rendus fort sympathiques.

Une dernière marche stressante en diable m'amène un majestueux mâle waterbuck, la vision fulgurante d'un croco retombant sur le dos dans le fleuve, un gros machin dans la gueule, et puis, et surtout, cet éléphant traversant le Mighty Zambezi sous mes fenêtres. Je crois que je tiens LA photo.

Pour fêter ça, c'est toujours une satza mais "with fresh impala", abattu ce matin-même par les Rangers, selon une méthode des quotas qui n'intéresse personne, à laquelle mes 2 voisins de pallier me convient.
|
Publié à 12:11, le 15/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
A 5h45 je ne suis pas sûr d'être bien réveillé en voyant le Senior Warden de Mana Pools NP m'apporter mon café-plateau au lit !!
Par contre, je suis sûr qu'il a plu toute la nuit, après plusieurs jours bien au sec. Dans quel état j'errerai dans le Park avec toute cette flotte ? Un peu dégoûté mais bon. En sortant de la maison, un sympathique serpent de 80 cms, gris foncé et tout en écailles m'accueille, c'est l'écueil, j'me taille.
Vers 7h, nous sommes dans les bureaux du Park et commence enfin mon entretien avec Mr Monks, après des débuts pas très prometteurs. Il y avait hier soir un peu de "théâtre" dans son accueil à cause des Rangers présents. La situation pour tout le monde au Zimbabwe est telle que les Rangers auraient tôt fait de penser que leur Warden m'héberge moyennant finances, histoire de boucler ses fins de mois. Je comprends un peu mieux notre entrée en matière. Puis, sur la transhumance des volontaires, Mr Monks témoigne son intérêt mais me renvoie direct vers son supérieur, le "Conservation Director" des "Parks and Wildlife.." à Harare. J'ai devant moi un homme de bonne volonté mais brimé par une consternante bureaucratie.
Enfin nous réglons mon "cas personnel" d'incrusteur-squatteur : Lovemore, un Ranger doux géant, remet à la grosse en état une étrange case en aluminium, servant rarement, aux vitres brisées par les singes qui sont bien sûr partout.

Mr Monk me prête, en insistant devant ses subordonnés : "For free, I lend it to you for free !", le matelas et la moutiquaire de la veille. Il rajoute que les hitch hikers ne sont pas les bienvenus à Mana Pools en basse saison -la haute, c'est mai à octobre- et qu'il ne comprend même pas que je n'ai pas été refoulé à l'entrée du Park. Le Warden, un Black pas rigolo à l'échelon juste en dessous, me resservira un discours tout aussi aimable le lendemain : "I don't know why you are here."
Enfin régularisé, mais il me faut trouver dès aujourd'hui une voiture pour quitter le Park dans 2 ou 3 jours, sinon c'est Mr Monks qui m'offrira dès demain matin 5h30 le voyage retour jusqu'à la guérite sur la Grand-route, ce qui ferait un peu court comme séjour. Ce n'est qu'à 16h qu'un touriste tombé du ciel s'engagera à m'emmener vendredi.
Sinon, Norman Monks connait Jane Hunt, et quand je lui parle d'A.Connoly, le gourou du lion breeding, c'est pour apprendre qu'il -Norman- a été consultant sur ce projet, et aussi pour l'entendre me lire une série d'articles publiés sur le Net qui ont tous tendance à traiter la réintroduction de lions dans la Nature comme pur rubbish ou bullshit. Un peu seul au monde, Mr Connoly !

Dans le Park, la gadoue est bien moins gênante que si ça avait été pire et progressivement un énorme soleil apparaît, et Cagnard suit derrière.
Les rives du Zambèze, côté Zim. En face, la Zambie et son Lower Zambezi NP qui sera donc pour une prochaine fois. En arrière-plan, les montagnes, tandis que buffles et hippos hantent le fleuve et ses berges. Images "vues à la télé".

C'est l'heure de la fameuse marche seul-dans-le-bush. Epuisante. A force de scruter chaque buisson pour ne pas se retrouver trop tard "nez à gueule". Les buffles sont partout, je fais des détours énormes pour les éviter mais c'est presque impossible. Intense. Je ramasse un baton avant de réaliser qu'en cas de rencontre inopinée, c'est l'arbre tout entier qu'il me faudra. Je passe donc aussi un certain temps à identifier les arbres grimpables. Et ça fait quelques jours que je n'ai plus du tout la même envie de voir un lion qu'auparavant. Le lion, de loin. Parce que même l'arbre, là, ça ne sert à rien.
Retour à la case pour des pâtes au barbecue avec du bois mouillé.. Le soir j'aurai moins de boulot, car 2 voisins-surprise m'invitent à partager leur .... satza with impala biltong, très tendance visiblement.

Puis vient l'heure de se barricader avec pâtes, riz et biscuits, les hyènes et les babouins étant assez entreprenants ici aussi.
|
Publié à 11:24, le 15/2/2007 |
Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Aucun véhicule n'est venu accoster mon île déserte ce matin. Ma réserve de provisions se résume à une boite de pilchards à la tomate. A Vendredi, qui s'appelle en réalité Abia, je propose d'unir nos forces : nous partagerons donc une satza with pilchards au barbecue. Nous retournons vers 14h à la Gate où Knowledge, le sympathique Ranger, monte toujours la garde. Le véhicule des National Parks est donc parti ce matin à Karoi, la ville à 70 kms de là, pour le resupply du Park. Il repassera ce soir et je sauterai dedans.
Je me retape un a/r en stop à Makuti pour mon resupply à moi, tu parles : obligé d'acheter du riz et des pâtes à Iona, y'a rien dans ce bled paumé ! Je retourne attendre mon transport à la guérite de Knowledge. A lui, le pisteur et chasseur de lions, buffles, éléphants, j'explique que "c'est pas bien" de tuer les lions ! Il se marre et il a raison. "Plenty lions in this area" qu'il me dit. Puis il m'invite à partager sa satza with impala biltong.
Vers 19h, je grimpe ENFIN dans la Jeep des National Parks avec déjà 5 Rangers à l'arrière, pour 80 kms de piste. En fait, 75. Jusqu'à la panne d'essence. La Jeep est abandonnée et à la lumière de ma frontale, nous tapons une heure de marche sur la piste en croisant une hyène, puis un éléphant.
Le vieux Blanc distingué à la dégaine coloniale qui nous "accueille" au Nyamepi Camp, c'est Norman Monks, le Senior Warden du Mana Pools NP, c'est-à-dire le Big Boss. Et là, surprise : je me fais complètement détruire !
"Where do you sleep tonight ?" ( il est quasi 22h )
"Euh... I don't know"
"Who do you think you are ? You think you can come to a National Park without booking, without transport and without camping equipment ?"
"Euh... "
"And now you're making me responsible of your safety because I can't let you out there because of lions. I'll have to take you to my house. I don't even know you !!" ( la dernière phrase, tout le Camp a dû l'entendre ). Une bonne engueulade, ça faisait longtemps ! Bien sûr, il a raison. Je dormirai ce soir sur un matelas avec moustiquaire dans la véranda de Mr Monks qui, un peu moins colère, fait belle preuve d'hospitalité.
|
Publié à 10:46, le 15/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Le Véto, je suis déterminé à activer le mouvement. Je découvre un nouvel arrivé : le jeune scout qui garde le camp, visiblement à mi-temps. Il ne parle pas anglais, ce qui est rare et pas pratique. J'hésite à l'enrôler, puis décide de partir seul jusqu'au Poste de contrôle des Parks and Wildlife.., situé à la jonction de la grand-route, soit à environ 4 kms de piste du lodge. J'avais bien tenté hier une ou deux incursions dans le bush mais avais renoncé avant 500 mètres, trop les boules de croiser un lion. Et je ne pourrai pas dire qu'on ne m'a pas prévenu. Donc là, c'est très chaud, je sais que les Rangers voient assez souvent des lions sur cette piste. Mais plutôt quand il fait pas trop chaud justement, avant 8h et après 17h. Bon, là, il est 9h30, alors je ramasse un gros baton et j'y vais.
Je marche depuis 20 minutes. Il fait vraiment très très chaud, trop pour un lion, j'essaie de me rassurer avec ça. C'est alors que j'entends un vague bruit derrière moi. Je me retourne sans conviction, mais il est là quand même. A 5 mètres, à demi-émergé des fourrés, qui me regarde, inexpressif. Un lion, énorme jusqu'au bout de la crinière. Alors il se lève, ouvre sa putain de grande gueule pleine de putain de grandes dents pointues en rugissant, et avance vers moi. Ne pas courir, reculer en faisant face. Intérieurement, je n'ai jamais ressenti ça. Je ne peux pas croire ce qui m'arrive. Je recule quand même, doucement, mon dérisoire baton en avant. Le lion continue d'avancer tranquillement, a moins de 4 mètres je pense, et d'un coup prend son élan et bondit sur moi !!
Je me suis baissé ou effondré, je ne sais plus, en tout cas, il a dû passer par-dessus. Je me relève juste à temps pour le voir disparaître dans le bush. L'explication est -encore- derrière moi : un énorme éléphant s'avance vers moi, trompe en l'air, à même pas 10 mètres !
Bon, et là, je me suis réveillé, ça commencait à faire beaucoup...
Du coup je vais bien jusque la jonction, mais sûrement pas sans le scout avec qui on croisera quand même un éléphant. A la gate, j'apprends que Mr Monks est bien passé hier soir mais n'a pas souhaité me prendre, car trop "dangereux" la nuit...
Bref, encore un lift a/r à Makuti pour un ravitaillement minimum, un coucou à Iona et une satza bienvenue au resto du lodge, et je retrouve le soir mon Safari lodge à moi.
Le nouveau plan, c'est : Mr Monks envoie un véhicule me chercher demain, s'il y a du gasoil. Les 12 à 24 heures du début sont passées à 4 jours. C'est ça l'inflation au Zimbabwe.
Il n'y a ni eau ni électricité dans le camp. Mais dans la rivière asséchée en contrebas, il reste quelques flaques. Avec un seau, un savon, et les yeux braqués sur les alentours, j'irai donc y prendre une "douche" immédiatement exigible après 4 jours de transpiration. C'est la bush dush.
Un peu de lessive aussi, tant qu'à faire. Le scout n'est donc pas très bavard mais il est très gentil. Il m'apporte draps et oreiller pour décorer mon matelas, me ramène des seaux d'eau de la rivière, ramasse du bois ...
Il y a cette scène où j'installe une corde entre 2 arbres tandis que le jeune gars frotte ma chemise dans un seau. Il ne parle que shona, je suis l'étranger au poil hirsute, et nous sommes seuls dans la brousse. Il y a un air de "Vendredi ou la vie sauvage à 2 balles" qui n'est pas sans bien me faire rire !
|
Publié à 03:06, le 14/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Les moustiques m'ayant tenu en alerte une partie de la nuit, j'ai pu profiter du spectacle sonore des éléphants, des lions et des hyènes dans le lointain.

Le Rumza Safari lodge, légèrement en hauteur, donne en contrebas sur le lac, à 300 mètres. Entre les 2, un lit de rivière asséchée qui dégage bien la vue. Tout autour, des collines boisées. Pour moi tout seul. Pour moi tellement seul que Mr Monks ne viendra pas aujourd'hui mais ça je ne le sais pas encore et pour l'instant je savoure ma situation unique.
Vers midi, j'aperçois un pêcheur au bord du lac que je rejoins, non sans voir des lions dans chaque fourré. Après une heure de discussion pendant laquelle il accroche une dizaine de brêmes, je lui propose de lui en acheter une qu'il m'offrira avec insistance. Evidemment non loin, quelques hippos batifolent avec grâce. Encore un Hippo Camp. Sur le chemin du retour, un poisson frétillant sous le bras, je contourne soigneusement l'éléphant arrivé entre temps.

Je franchis la 1ère épreuve de "Koh Lanta pour les nuls" : ramasser du bois, faire un feu, "achever" le poisson, le vider, l'écailler et, ce qui prend le moins de temps, le manger.
Je ne verrai plus d'être humain aujourd'hui, ni de bestiole, le lac n'étant plus aussi attirant qu'en saison sèche. Cela dit, "je te donnerai.... tous les oiseaux, tous les hippos et du soleil....". Car depuis 3 jours au Zim, j'ai eu 10 minutes de pluie, c'était hier. Ça me permet, en passant mon temps à décortiquer des branchages, d'entretenir la flamme du Mana Pools NP inconnu jusqu'au soir, où là, c'est moi qui ne ferai pas long feu.

|
Publié à 03:54, le 13/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
C'est déjà presque 8h quand une Nissan passe enfin. Dominique, Congolais de son état, vient de l'acheter à Durban, Sudaf, et remonte la revendre chez lui, à Lumumbashi. Exactement le même trafic que Charles, le mari de Sandra. Quand il me dépose au bureau de Marongora, je ne sais alors pas encore que j'ai raté de peu les seuls touristes qui viendront prendre leur entry permit aujourd'hui. J'attends là pendant 6 heures. Le retour du "Chimanimani syndrom".
Et puis se pointe Philip, des Parks and Wildlife Management Authority, "envoyé" par Iona. J'avais appelé celle-ci vers midi pour lui dire que j'avais pas trop progressé. Et voici l'arrangement pris par Iona, que m'explique Philip : il va m'emmener cette après-midi au Rumza Safari lodge, près du Lac Chimudzi, quelque part dans le bush, mais sur la piste de Mana pools.
Et demain, Mr Monks, sur sa route retour d'Harare, passera me prendre pour m'emmener à Mana Pools. Honnête comme arrangement. Surtout que je ne sais pas comment je serai logé là-bas, mais il apparaît clairement que ce sera complimentary encore une fois.
Philip est le Warden adjoint de la Hurungwe Safari Area, immense réserve de faune et zone de chasse, qui jouxte Mana pools. Et de questions en réponses, je réalise qu'il est le fils du Warden du Gonarezhou NP que j'avais rencontré en novembre.
A l'arrivée au Rumza lodge, il va aussi falloir que je réalise ce qui m'arrive. Si je suis là, c'est parce que Iona est une amie de la proprio. Celle-ci n'est pas là, pas plus que le staff, en fait le camp est totalement désert, Une dizaine de maisons en chaume avec 3 lits dans chaque, et toutes ouvertes. Les Rangers qui me laissent là laissent aussi les consignes : du crépuscule à l'aube, je m'enferme dans la "maison" que j'aurai choisie, car trop d'éléphants et de lions dans les parages. Pour la 1ère fois, me voilà complètement seul dans le bush pour 12 à 24 heures. C'est hé-naurme.
 
J'ai tenu dehors jusque 21h, à 20 mètres de ma paillotte, puis les films dans ma tête ont fini par prendre le dessus et je suis courageusement allé me coucher.
|
Publié à 04:25, le 9/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Gordon et moi faisons notre partie de Monopoly ; comme attendu, le Zim$ vaut moins que la dernière fois, la barre des 2000 contre 1 U$ est allègrement franchie. Gordon m'accompagne à pied jusqu'au milieu du pont, où j'ai pris des photos hier sans savoir que c'était formellement interdit. En fait, je pensais que ma dérogation incluait les photos, mais pas du tout ! 2 Zams blancs dans 1 pick-up s'arrêtent alors pour me proposer un lift pour le kilomètre restant jusqu'au poste-frontière zim, proposition que je décline poliment. Gordon ne comprend pas pourquoi. Je lui explique que rien au monde ne m'empêcherait de traverser à pied ce pont sur le Mighty Zambezi. On a les symboles qu'on peut.
Et ça y est, je suis enfin capable de passer une frontière tout seul comme un grand.

Il est 10h, et je découvre que je ne suis pas forcément + cérébral qu'une oie sortant de l'oeuf. Seul sur ce pont où je croise 3 véhicules en 15 minutes, chaque pas qui me rapproche du Zimbabwe est une bouffée de plaisir graduel. En septembre, quand j'ai ouvert les yeux la 1ère fois sur l'Afrique australe, c'était ici. Depuis, y'a rien à faire, c'est le Zimbabwe, avec ses énormes problèmes, son tourisme en lambeaux, et ses 2 tristes records mondiaux : la + forte inflation ( + 1300 % en 2006 ) et la + faible espérance de vie : 38 ans. Il m'en reste donc 3.
Entre l'ex-Rhodésie du Sud -le Zim- et l'ex-Rhodésie du Nord -la Zam-, la différence se voit dès le bureau d'immigration où je m'aquitte de mon visa. Côté Zim, c'est ultra-moderne et vide, puisque personne ne va au Zimbabwe, et côté Zam, c'est donc l'inverse.
Au milieu de babouins qui eux traversent le pont tous les jours sans visa, une cabane en bois avec manuscrit "phone shop" dessus marque mon 1er Zim-naufrage : entre le téléphone HS, pas de réponse ou "on a fermé", aucun safari operator ne m'emmènera pagayer en canoë sur le Zambèze pendant 4 jours et 3 nuits ( la nuit, ils s'arrêtent quand même de pagayer, je crois ) depuis Chirundu - le motel, la fuel station et les 3 baraquements s'appellent aussi Chirundu côté Zim - jusque Mana Pools National Park, une centaine de kms à l'Est.
Le plan B qui consistait à prendre un minibus jusque Marongora m'amène droit sur les récifs puisqu'il n'y a pas de minibus ici, il n'y a que des gros camions en transit le long de la route. Alors, pour le plan B', je tape au pneu de Thomas, chauffeur zim assis au volant de son -vraiment- énorme tanker bourré de gasoil en partance pour l'Afrique du Sud. C'est lui qui va m'offrir mon baptême de gros-cul sur 50 kms à travers la Hurungwe Safari Area couverte de forêts, et en attaquant de front avec un je-sais-pas-combien de tonnes et à 20 kms/h en pointe, le Zambezi Escarpment, une dépression géologique tres dépressionnante. Juste avant la montée, courte halte pour qu'un papi en treillis, en sa qualité de Tse Tse Fly Control Officer, désinfecte la cabine.

J'avais pas bien lu parce que à Marongora, siège des bureaux du Mana Pools NP, il n'y a que le siège des bureaux du Mana Pools NP. Déjà, faire les provisions pour 3 jours dans le Park, c'est mal barré. La sympathique Scout qui écoute mon histoire fera son possible pour m'aider mais je lui demande la lune. Pour commencer, elle me délivre un entry permit pour le Park, sésame à présenter à l'entrée et seule raison justifiant cette rallonge de 7 kms après la jonction pour Mana Pools, qui se trouve toujours à 90 kms dont 80 de piste. La Scout aussi a des pistes, mais pas vraiment de solution, Je lui confie mon baluchon, retourne sur la route et après 15 minutes, c'est Makha qui m'embarque dans son camion pour me déposer à Makuti, 15 kms + loin.
Makuti, c'est une petite épicerie, une fuel station et un lodge, et c'est l'épicerie qui m'intéresse, pour quelques biscuits et conserves ( les fruits sont interdits à Mana Pools, à cause des animaux, fait chier ! ). Avant de repartir en stop pour Marongora et y attendre d'improbables touristes motorisés se rendant à Mana Pools, je fais un crochet par le Makuti travel lodge, des fois que. Bonne idée. La Manager, c'est Iona, Zim blanche, qui elle aussi écoute ma complainte que j'affine avec le temps. Ainsi, mon équipement de camping a en fait été volé dans un minibus, me mettant ainsi dans une panade noire. Le lodge, en retrait de la route, est très classe, avec un panorama fort aimable sur la Zambezi Valley. Iona passe 2-3 coups de fil en vain pour me trouver un lift, puis me conseille de retourner demain dès 7h à Marongora. En attendant, je devrai dormir au lodge. Oui mais 60 US$ la nuit, ça ne rentre pas dans mon budget. Oui mais en fait c'est gratuit pour moi cette nuit. Le coup de la tente volée, ça a l'air de marcher. Et je me retrouve dans un super cottage avec la même vue mortelle sur la vallée. Pour ma 1ère nuit au Zimbabwe, ça commence plutôt bien.
Je découvre aussi qu'il y a un Lion Project à Mana Pools, comme à Hwange, et Iona en connaît très bien le responsable, Monsieur Norman Monks, à qui il faudra donc que je touche 2 mots.
Redescendu en bord de route acheter 3 bananes, je remonte 3h30 + tard au lodge. Il y avait là cette BMW garée, avec dedans Sandra, Zim black trentenaire, sa soeur et ses 2 boudchoux. Sandra habite Kariba, petite station sur l'immense lac du même nom, 80 kms au Sud-Ouest. Elle attend son mari, parti vendre une voiture à Harare et remontant, du coup, en stop. Discussion-fleuve -3h30 donc- sur nos vies respectives et la situation au Zimbabwe. Je finis par être invité à Kariba quand je veux. Sinon Sandra tient un hairsaloon et change des dollars aussi. Le taux qu'elle pratique me fait alors douter de l'intégrité totale de Gordon à mon égard, mais c'est pas très grave, je raconte aussi des bobards parfois...
En revanche, ce qui semble vrai, car entendu de Gordon à Sandra en passant par Thomas, Makha et Iona, c'est que cette Safari Area où je me trouve est blindée de wildlife, notamment de lions. Dans tout le secteur, l'espérance de vie pour un piéton apres 18h n'excède pas, elle, 38 minutes. Il y a quelques années, un couple de touristes a été dévoré par des lions, Thomas, depuis le camion, m'en avait montré le site (killsite !) ce matin : une aire de pique-nique en bord de route !
|
Publié à 02:53, le 9/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Un taxi nous dépose, Roman et moi, à nos gares de bus respectives. Dans le minibus pour Chirundu, nous sommes 15 dont 5 Congolais, parachutés de Kinshasa, et qui m'engagent sympathiquement en conversation, Il y a Popaul, Dadi, Achille, Huguette et je-sais-plus, tous pour un mois en goguette jusque Capetown. J'apprends que la R.D.C est le 2ème pays francophone après la France (si si, la France), et aussi que Popaul, qui parle français au moins aussi bien que toi, est médecin. J'ai pas osé l'appeler "Docteur Popaul", mais ça m'a bien détendu.
Arrivée à Chirundu après 2 heures de roulage tranquille. Le grand fleuve est bien là, sous l'immense pont qui l'enjambe. Autour de la zone de douane, des dizaines de trucks sont stationnés. A la descente du bus, j'ai droit pour la 4ème fois à l'habituellement stressant ballet des changeurs de black money, à quelques mètres des douaniers et gardes-frontière. Mais là, zéro de tension car je ne fais "zam-zim" que demain matin. C'est parce que personne n'a remarqué que je ne franchissais les frontières que le vendredi, question de principe. Seulement 2 semaines en Zambie, mais ça, c'est la faute à la pluie et au Malawi.
Gordon se détache du lot et je lui dis tout : oui, nous échangerons 300 000 kwatchas contre 120 000 zim$, mais + tard. D'abord, il me faut une chambre. Ensuite je veux aller voir les rives du Zambèze d'un peu très près. Gordon m'organise tout ça sans problème. Après un 1er tronçon de berge sous escorte, un autre en solitaire me tente, mais au-delà des barrières douanières et policières. J'irai voir l'Immigration Officer zambien qui me délivrera un laisser-passer tamponné, au cas où je tombe sur un hippopotame procédurier. Encore une dérogation officielle, je vais commencer une collection.
Une dernière personne rencontrée avant les 500 mètres de forêt bien dense qui débouche sur la berge me mettra en garde contre les crocos. Plus tard, j'emprunte un escalier en boue naturelle tres pratique, avant de me rendre compte que les marches sont faites en empreintes d'hippos. De mini-criques désertes en villageois lavant leurs corps ou leurs vêtements, les images sont belles.
Il fait super chaud et humide donc je sue comme un buffle. Grand soleil, 3 jours sans pluie, je garde une lueur d'espoir pour les ZimParks car il semble qu'il ait nettement moins plu au Sud qu'au Nord de Lusaka.
Le soir, Gordon est mon ami ( il y a beaucoup de zens bien en Zambie ), il m'amène chez lui dans le village.
Puis nous irons faire un billard dans un saloon dépravé, malgré la crise de palu -avérée- qui lui pourrit la vie depuis une semaine. Le guest house où il m'a emmené est très local, c'est le moins cher mais très cher quand même (10 US$) pour ce que c'est. Il n'y a pas d'eau courante car "à quoi bon, la ville coupe l'eau tous les jours". De l'eau, j'en ai pourtant vu beaucoup et pas loin aujourd'hui...
|
Publié à 02:44, le 9/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Encore bien dans le gaz ce matin, mais je renonce à accuser les moustiques, il n'y en avait pas dans la bière d'hier soir... Au point que j'abandonne l'idée de partir aujourd'hui pour Chirundu, 130 kms au Sud, à la frontière avec le Zimbabwe, c'est-à-dire sur le Mighty Zambezi. Bien sûr, tout le monde se souvient que Chirundu, c'est le fishing spot d'Emma et Tim, les marchands d'art.
Sale journée pour internet, à cause d'un network shutdown généralisé à Lusaka. Mes pas me mènent alors au City Market, immensissime marché couvert, coloré, bruyant, odorant, bref, typiquement typique. Qui mérite des dizaines de films et photos, mais il n'y en aura qu'une, nulle, et chèrement obtenue. Un policier m'interdit d'entrée toute photo sans autorisation. Je me rends alors au City Market manager's office, explique pendant un quart d'heure mon cas basique de touriste-preneur-de-clichés (j'ai quand même droit à quelques questions de contre-espionnage) et ressors avec un magnifique document m'autorisant à photographier ce que je veux. Mais ça a l'air de tellement emmerder les gens que je n'en prends donc qu'une.
Pour éviter les palabres, qui sapent un peu le côté spontané, il m'arrive de "voler" quelques photos. En général dans la rue, de loin et mal cadrées. Mais là, c'est pas la peine.
Le soir, je résiste sans peine à l'appel du bar que me lancent Khrystian et Roman. Demain, c'est le retour du grand bond en avant, un monde où la réussite passe par un 4x4 et une tente au minimum...
|
Publié à 10:25, le 8/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Après une bonne trotte + transpirante que vivifiante, j'arrive à 11h au pied de ce bâtiment abritant entre autres diverses Ambassades, dont celle de France, et les bureaux de la Banque Mondiale. Jean-Michel Pavy me reçoit dans le sien pendant 1h30 et je ressors de là avec cette fois un compte-rendu digne de ce nom à faire à Claire de chez "Planète", ce que je fais dans la foulée, ou plutôt les foulées, car mon cybercafé n'est pas à côté. Du volontariat, ça se fait en Zambie, mais à moins d'un jet privé, je n'irai pas le vérifier sur place tout de suite, vu l'état des routes et des pistes.
Maintenant, je peux enfin prétendre avoir une idée de Lusaka.

J'ai bien aimé ce marché installé sur la voie ferrée qui ne doit plus relier grand-chose à nulle part. J'ai beaucoup aimé la gargotte black et sa nshima with beef. Subtile nuance avec la nsima mozambico-malawienne, ils ont pensé ici a rajouter du "h".
Richard, le gérant du internet café, se perd dans les réductions à m'accorder, tellement je suis le customer of the month, ce qui mériterait mon portrait accroché façon Macdo.
Liliane, dans son Sounds Record Shop du City Market, me déniche le dernier CD de TY2, découvert ce matin à la radio au Chachacha. 1er achat musical, pour moi qui suis venu avec mes 5700 chansons MP3.
Le soir au lodge, c'est la rencontre avec un Polonais, Khrystian, et un Suisse, Roman, qui doit avoir des parents farceurs. Rencontre qui va finir en taxi-virée au Alpha Bar où, si on le souhaite, on peut payer des bières toute la nuit à de jolies filles qui ne sont là que pour nos beaux yeux. Le DJ passe TY2 à ma demande. Mais avant de pouvoir esquisser 2 pathétiques pas de danse, il faut d'abord se désincarcérer de bras inconnus.
De retour au bercail vers minuit, j'entame avec Khrystian une improbable discussion jusque 2h sur les loups en Pologne. Mon baptême "volontaire" c'était en 2003, dans le Biecztady N.Park, à la frontière polono-ukrainienne, un projet sur les loups, les lynxs et les ours. Et Khrystian, wolf-addict, connaît le Park et même le chercheur avec qui je bossais...
|
Publié à 10:23, le 8/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Livingstonia, nord Malawi, fut la 1ère étape avec moi. Livingstone, sud Zambie, sera la 1ère sans moi. Après 16 jours de route commune, René et Brend ont pris un bus ce matin pour la ville-frontière avec le Zim. "Cheers, guys, we had a fuckin' great time together" ( "fuck" ou "fucking" ponctuait chaque phrase en général, ça doit avoir un côté convivial ou universel ).
Je me décide à sortir pour encore échouer à l'internet café, dans l'espoir d'un second mug peut-être. Enfin un frémissement dans l'inaction : sur coup de fil, j'ai rendez-vous demain avec le Français de la Banque Mondiale, toujours pour le volontariat mais toujours sans illusions. "Planète" commence à me demander des comptes ( rendus) sur ma prospection et pfff...le moins qu'on puisse dire, c'est que ça ne se bouscule pas au portillon. Pas non plus un carton, l'exploration de Lusaka, comparé à Harare, Beira ou même Lilongwe. Mais bon, pleut au ciel qu'il en soit ainsi. Je remarque quand même qu'ici comme ailleurs, je ne croise jamais de couples dans la rue.
J'ai renoncé à toutes les noter, mais je continue à faire un max de rencontres éphémères, notamment au Chachacha. Notamment un Max, jeune Allemand Volontaire 1 an en Ouganda qui enseigne à des enfants sourds-muets. Ça doit pas être évident tous les jours...
|
Publié à 09:56, le 8/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Le dimanche à ... OK, c'est bon. Pas traque mais presque, je chachache toute la journée avec mon équipe anglo-danoise, jusqu'au soir où se cuisine le dîner qui va bien, dans la cabane au fond du jardin où on est bien aussi et où le fumet ne dérange personne...
Débarquera à notre tablée une illuminée pendant quelques minutes, vidéo-immortalisée. A priori, pour moi, c'est pas le palu, alors quoi ?
|
Publié à 09:36, le 8/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
C'est reparti pour une e-journée. De toute façon, il pleuvra toute l'après-midi. René, avec Brend, continue de chercher un 4x4 d'occase qui l'emmènerait les prochains mois en Namibie, Sudaf, Botswana. 15 jours qu'on voyage ensemble mais Lusaka, c'est le terminus.
Au fil de la journée, je sens bien que je ne me sens pas bien. Frissons, nausées, migraines ... évoquent le palu, justement le jour où je prends ma 1ère tablette de Lariam local, dénichée à Mzuzu au Malawi.
Sinon je suis tombé sur un site internet super intéressant, vachement bien écrit et avec des photos de la mort. " http://zambezi.uniterre.com" ça s'appelle.
E-mails à mes contacts basés à Lusaka : Dale Lewis, Américain de la Wildlife Conservation Society, JM Pavy, Français de la Banque Mondiale et un Zambien de la Zambian Wildlife Authority. Pour me répondre qu'il est aux States jusqu'en février, il n'y a que Dale pour l'instant. J'attends aussi une réponse de mon organisme sur mon diagnostic vital. Brend et René me rassurent en me promettant de m'emmener à l'hôpital cette nuit si nécessaire ...
|
Publié à 08:45, le 8/2/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Dans Lusaka, des panneaux martèlent partout l'implication du Japon dans divers projets/travaux d'infrastructure routière et autres. Lusaka... ça sonne un peu comme Osaka... C'était la remarque hypertinente du jour.
D'autres panneaux, encore + nombreux, parlent du sida. Déjà au Malawi, les mêmes slogans improbables "abstinence, abstinence..." C'est maintenant que j'en parle, mais c'est pas un scoop. Dans toute l'Afrique centralo-australo-orientale, environ 30% des 15-45 ans sont HIVpositifs, avec une triste pointe à 35% pour le petit Swaziland. En Zambie, un millier d'instituteurs sont morts du sida en 10 ans. Cela dit, le nombre d'hôpitaux et dispensaires dédiés aux séropositifs est impressionnant.
Bref, comme annoncé, je passe une cyber-journée ponctuée par un spectaculaire retrait en US$ à la Barclays Bank, en vue d'une prochaine ré-invasion du Zimbabwe qui nécessitera les forces conjuguées du lion, du tigre, et du jaguar. Au moins.
|
Publié à 02:57, le 30/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
"Long is the road, Hard is the way
Heavy's my load, Deep is my faith"
9 heures dans un graaand bus type greyhound donc relativement confortable, mais 9 heures quand même pour faire les 600 kms Sud-ouest jusque Lusaka. J'achète le Daily Post qui parle de la désertification annoncée de la Zambie si les villageois continuent à brûler les arbres pour faire du charbon et le vendre sur le bord des routes. Depuis le bus, la forêt à perte de vue pendant tout le trajet n'en donne pourtant pas l'impression.
Un taxi nous emmène au Chachacha Backpackers, un autre lodge culte où tous les routards autoproclamés se retrouvent. Ce qui m'intéressait surtout, c'est que ce lodge est réputé pour ses safaris 3 à 5 jours, notamment dans le Lower Zambezi National Park, à une centaine de kms au Sud-est de Lusaka, le 2ème Park de Zambie digne d'intérêt après South Luangwa.
Comme son nom le suggère, il a la bonne idée d'avoir le Zambèze comme limite naturelle au Sud, qui est aussi la frontière avec le Zimbabwe. Et sur la rive côté Zim, c'est le Mana Pools NP qui le prolonge et qui, a priori, vaut aussi le detour. Déjà parce que c'est le seul National Park dans toute l'Afrique avec du Big 5 dedans et où on peut se balader seul, à pied, et à ses risques et puérils. Vous me voyez venir ? Moi aussi j'aimerais bien m'y voir venir mais ça alors, incroyable, c'est la rainy season -ah bon ?- et les safaris pour le Lower Zambezi, c'est fini depuis la semaine dernière, et en Mars, ça repart. L'adversité reprend du poil de la bête. Je commence à craindre vraiment que les visites de Parks, ce soit terminé pour moi. Demain, j'irai noyer mon chagrin sur Internet.
|
Publié à 02:38, le 30/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
En dédommagement du préjudice subi par l'absence de léopard, je propose au Camp Manager une formule "3 game drives achetés ( à 35 U$ l'unité ), 1 game drive gratuit". Il répondra "- 50% sur la literie". Ça fait moins, mais c'est toujours 20 U$. Le vrai cadeau bonus, c'est l'éléphant qui traversera tranquillement le camp en plein jour, passant juste devant notre hutte.

La Flatdog's Jeep nous ramène à Mfue pour le bus de 17h qui nous reconduira à Chipata, d'où l'on vient, 130 kms à l'Est, car de là partent les bus pour Lusaka, la capitale zambienne et prochaine étape. Les même 5 heures qu'à l'aller, mais sous la pleine lune. On était sensé enchaîner sur un bus de nuit qui en fait n'existe pas, donc on retrouve notre Katapa guest house qui n'a pas changé depuis l'année dernière, il y a 5 jours. Une bagarre dans le bar d'en face écourtera la dernière bière avant le bus de demain matin.
|
Publié à 02:05, le 30/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Il va falloir ne plus me parler de léopard avant un bon moment. Beresina en Zambie. 8 heures en 2 drives dont 6 sous la flotte, avec une Jeep, donc sans toit, c'est + sympa... Le problème vient surtout des pluies carabinées de ces 2 dernières nuits.

Le Park, 2 jours après, est méconnaissable, transformé en un vaste marécage. Les rares pistes encore praticables sont traversées de partout par des mini-torrents et cours d'eau. Ambiance diluvienne. Il y a des crocos dans les flaques sur la piste ! Malgré quelques buffles, éléphants, poukous, zèbres, rien d'un tant soit peu exceptionnel, comme si Noe avait déjé tout raflé. On ravale notre déception prévisible mais déception quand même.

Entre les 2 drives de la journée, une Jeep du Flatdog's Camp m'emmènera gracieusement à Mfue pour une brève entrevue qui en valait la peine avec Karen, responsable de l'ONG South Luangwa Conservation Society. Toujours l'idée d'expédier des charettes de volontaires dans les Parcs nationaux pour la bonne cause, et l'idée qui en + semble plaire, donc je passerai le relais à "Planète" pour la suite des négociations.
|
Publié à 01:31, le 30/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
C'est bon, je ne suis pas mort durant la nuit, donc ça y est, je l'ai eu mon passage en 2007 à South Luangwa. Après Noël au Malawi sur les rives du lac. Ça va, j'aurais pu faire pire. Alors la priorité aujourd'hui est de se remettre de tout ça, des game drives et aussi un peu du Réveillon. On donne de la chaise longue face à la rivière d'où je compte hippos et babouins. Je planque une mangue en haut d'une belle termitière pour voir ce qui se passe : j'ai pas le temps de mettre mon Canon sur on, dis donc ! Le coup du babouin, ça s'appelle.

Puis je prends ma 1ère résolution de l'année : j'arrête les game drives sans gros chat.
|
Publié à 01:01, le 30/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Je retrouve une bonne vieille habitude : grimper à 6h du matin dans un 4x4 pour aller chercher des bestioles. Avec nous, 3 Australiennes et Alec, le guide, pour un game drive de 4 heures dans South Luangwa NP.

En découvrant les paysages vert exubérant et gorgés d'eau, j'imagine que Hwange doit aussi ressembler à ça maintenant. Et à Hwange non plus, on ne verrait sûrement pas beaucoup d'animaux, dispersés par les pluies. Car par rapport au potentiel du Park, la récolte n'est pas énorme ce matin. En plus, il pleut, merci.

Avec Nyika NP, S.Luangwa NP est réputé l'un des meilleurs spots à léopards de toute l'Afrique. Et depuis Nyika, je bloque un peu sur l'idée de re-rencontrer la bête si brièvement aperçue. Alors on reporte nos espoirs sur le night game drive de 16h à 20h, toujours avec nos Australiennes, cette fois sous un grand soleil, en tout cas jusqu'à ce qu'il se couche vers 18h30. Alors évidemment, un Park prestigieux bordé de lodges luxueux (pas le nôtre !) un soir de Réveillon : on n'est pas les seuls. Et au final, on croisera + de touristes assis dans des véhicules identiques au nôtre que de grosses bébètes. Mais c'est plutôt dans l'ordre des choses et je m'accroche fermement à la queue de mon léopard en cette dernière heure nocturne du game drive. Mais de fourrure ocellée, point. Alors nous écouterons à la porte d'un fourré ou, audiblement, il y a là un lion et une lionne fuckin' in the bushes, à 5 ou 6 mètres. 2 hyènes viendront ensuite poser pour nos appareils sous les feux du spotlight. Et puis il y a des genettes partout, c'est hallucinant. J'en compte au moins 15, c'est sympa, mais y'a une embrouille : pour 2007, c'est une jeunette que j'avais demandé au Père Noël.
La décision collégiale de différer le leopard viewing, en restant 2 jours de + et en retestant 2 game drives après-demain, ayant été prise durant la balade, c'est légers et contents que nos zamis anglais, danois et français rentrent au camp préparer leur Réveillon, avec leur jeune ami Edwyn, l'intendant. Barbecue sur les berges de la Luangwa avec les hippos, no comment.
Un peu avant les 12 coups, les 3 Australiennes nous rejoignent -un peu parce qu'on s'est installé devant leur tente- et 2006, emballé, pesé, terminé.
Ça fait aussi 100 jours aujourd'hui que je joue à l'Africain à 2 balles...
|
Publié à 12:55, le 29/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Passage obligé par la banque pour tout le monde, car South Luangwa, ça va casquer. Histoire de bien s'embrouiller, la monnaie en Zambie, c'est le kwatcha, comme au Malawi, sauf qu'il vaut environ 30 fois moins. Pour la 1ère fois de ma vie, ma carte me permet de retirer 1 million..., soit 250 U$. De la banque au bus depot, on se ridiculise chacun sur le porte-bagages d'un velo-taxi, trop marrant.
Puis 5 heures de bus bien tassé jusque Mfue, dont 4 de piste défoncée et détrempée, ça non plus, ça ne change pas. 10 fois, je suis sûr que le bus va verser. Mais l'action viendra de Brend qui, au milieu du trajet, devient subitement jaune et transpire de partout. J'ai juste le temps de sauter par la fenêtre, la porte étant innacessible, pour le laisser aller repeindre les fourrés alentours. Ça passera comme c'est venu, on n'a pas trop compris.
Mon voisin de strapontin est comptable à la Wildlife Conservation Society, une ONG avec qui j'ai justement un contact à Lusaka, la capitale. Le jeune gars réfrènera son envie manifeste de me demander mon adresse, requête qui m'est faite quasi-quotidiennement. Pour ces gens, une adresse en France est leur espoir qu'un jour ils y viendront. Et ils sont un paquet à vouloir venir !
Vers 16h30, nous arrivons au Flatdog's Camp, un des safari lodges le long de la Luangwa River. La rive d'en face, c'est le South Luangwa National Park. Pas de résa bien sûr, mais ça passe pour 2 nuits : Brend et moi partageons une hutte, René pose sa tente à quelques mètres sur une plate-forme en bois dans un arbre en bois aussi, à 6 mètres du sol, avec vue plongeante sur les hippos dans la rivière, juste sous notre nez.

On n'était pas descendu du 4x4 alpagué au bus depot de Mfue pour les 3 kms jusqu'au Camp, que déjà : 2 éléphants, et surtout une girafe dite "de Thornicroft", sous-espèce plus petite et diversement tachetée, et endémique à South Luangwa NP. Ça commence très fort.

Apéro sur la terrasse arboricole de René, à l'heure où les hippos sortent de la rivière pour brouter les berges et alentours, c'est-à-dire dans le camp. Le but du jeu en allant se coucher -dans le noir complet- est d'éviter d'en tamponner un. Le même jeu existe en version "éléphant".
|
Publié à 12:50, le 29/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Au dernier moment, René nous trouve une bagnole où s'entasser, nous évitant ainsi 7 kms de piste à pied avec les sacs.
A peine le temps d'attendre et commence la journée "nombreuse" :
- 3 bus, 600 kms, 9 heures de trajet
- 4 morceaux de kassava (manioc) en bord de route entre 2 bus
- 3 visas zambiens au poste-frontière ( 25 U$ pour René et moi, 60 U$ pour Brend, l'ex-colonisateur anglais ! )
- 6 inspections de police dans le bus, la dernière spécialement pour René et moi dis donc...mais ils ne trouvent toujours rien !
Tout ça donc pour rallier le soir la ville de Chipata, en Zambie, 30 kms apres la frontière. Plutôt contents d'être là, échoués dans le 1er guest house rencontré (la piaule pour 3 est vraiment limite !).
Une simple nuit d'étape avant un autre bus demain, pour tenter le coup du Réveillon à South Luangwa National Park, l'un des tous meilleurs en Afrique, et ma 3ème raison d'être ici, avec Hwange et Gonarezhou. Mais ce soir, un dernier hommage au Malawi et à ces 3 semaines où je n'ai quasiment jamais été seul. En fait, ce phénomène m'apparaît, maintenant que je m'en parle, en constante progression depuis 2 mois. Je n'ai même pas réussi à passer une frontière seul. Tantôt, il me faudra revenir aux préceptes fondateurs de mon parcours initiatique.
|
Publié à 12:48, le 29/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
On ne trouve rien, alors on prend 2 canoës et on envahit la déserte Kande Island toute l'après-midi, nous seuls, où on fera un peu de snorkeling. Un chavirage complet me donnera raison de ne pas avoir embarqué l'appareil photo. Mais au retour, on est toujours en rade. Tant pis, on part demain matin, à pied si nécessaire, car les séances billard et ping-pong, c'est pas exactement la priorité.
|
Publié à 12:46, le 29/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Ça fait 2 jours que j'envoie des messages subliminaux à Brend et René, qui ont lâché leur 4x4 et se "feraient" bien la Zambie en bus avec moi. Ce matin, se décide un départ dans l'heure, mais d'abord pour Kande Beach, un autre spot paillotte-les-pieds-dans-l'eau, perdu quelque part 60 kms au Sud. Après le minibus, il nous faudra "louer" un type et sa voiture pour nous y emmener. Mais avant tout ça, je dois faire une extension de mon visa qui expire dans 48 heures et il y a, incroyable, un bureau de l'immigration à Nkhata Bay. Mais j'y arrive à 12h03, et Monsieur l'Officier du ministère public est rentré déjeuner. Là, j'y vais franco : je trouve la maison de l'honorable fonctionnaire, 800 mètres + haut sur la colline, avec lui attablé dans son jardin. Le pauvre abandonnera son assiette pour redescendre avec moi à son bureau et viser mon passeport. Parce que je ne voulais pas attendre -et faire attendre mes compagnons- 2 heures de +...
A Kande Beach, il y a Kande Island en face, toute mignonne, mais c'est à peu près tout. Déjà penser au départ, c'est-à-dire comme d'hab, trouver un lift pour nous sortir de là. Et le miracle : un overlanders truck sur son parcours Nairobi-Cape Town est là, et part pour la Zambie après-demain matin. Sauf que le chauffeur est désolé de ne pouvoir nous embarquer pour une question d'assurance. Dur... Trouver autre chose demain.
|
Publié à 12:45, le 29/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Je fraternise avec les 7 autres locataires du dorm, notamment Doris l'Autrichienne. L'ambiance est très détendue. Je passe 2 heures pour le plaisir à négocier des petites peintures avec mon copain Wisdom, l'artisan du coin.
Sinon, il continue de ne rien se passer, ça fait du bien.
|
Publié à 12:44, le 29/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Catherine et Gary, les Sudafs blancs qui gèrent Mayoka, sont trèèès cools, et ont organisé le méchoui de Noël sur la plage : un mouton, une chèvre et un cochon.

A part rien faire et manger, je joue au billard et aux fléchettes avec Brend, René, Shin Shin, Matthew et Donal-le-désamputé. Globalement une journée où il ne se passe rien et dont personne ne semble attendre +.
|
Publié à 12:42, le 29/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Nous redescendons les 30 virages de malade jusqu'aux berges du lac, avec Shin Shin mais sans Catherine qu'on laisse, peut-être, dans les bras de Jonathan, le fils caché de Steve Buscemi.
Retour triomphal au Mayoka Village de Nkhata Bay, 200 kms au Sud, où je retrouve encore d'autres voyageurs déjà croisés sur la route. J'ai l'impression de circuler sur une autoroute et d'arriver au péage "Nkhata Bay". Mais bon, je retrouve surtout comme espéré Matthew et Donal, et reprends le farniente là ou je l'avais laissé il y a 5 jours.

Il paraît que Noël, c'est bientôt, et du coup la police fait une descente anti-cannabis au Camp, assez spectaculaire. Ça se trouve, c'était le spectacle de Noël justement, et moi j'ai rien compris. Plus effrayants, ces nuages de milliards d'éphémères survolant le lac.
|
Publié à 12:40, le 29/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Visite groupée, à tâtons, de Livingstonia, étrange lieu perdu dans la jungle, puis des waterfalls derrière lesquelles se cachait la population pour échapper aux trafiquants d'esclaves au 19ème siècle.
Encore un méga repas végétarien à 6, en terrasse le soir. Ça continue de bien se passer, malgré des espèces d'aigreurs d'estomac assez carabinées et flippantes -et inédites-, peut-être enfin le Lariam qui s'exprime.
|
Publié à 12:36, le 29/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Le plan s'annonçait ambitieux et festif : après le biking tour, le walking tour toute la journée dans une autre partie du Park. Et le soir, quémander un éventuel lift à la douzaine de visiteurs arrivés entre temps, pour n'importe où, pourvu qu'ils nous sortent d'ici.
Je me retrouve au final encore bien classé au concours de circonstances. Car ce matin, nos voisins de camping, c'est Brendan l'Anglais et René le Danois, dans leur 4x4 loué pour 10 jours, qui repartent dans 2 heures pour Livingstonia, village historique où est toujours établie la 1ère mission chrétienne d'Afrique centrale, bâtie vers 1870 par les compagnons de David Rollingstone, donc. 2 nuits à Livingstonia et Brendan et René seront le 24 décembre au Mayoka Village de Nkhata Bay, un peu comme moi c'est prévu. Nous voila proposé un lift en 4x4 tout confort pour 48 heures, c'est un peu le délire. Et les 2 gaillards sont super sympas, me font penser a Gérard Lanvin et Michel Blanc dans "Marche a l'ombre", c'est dire la référence.
Livingstonia, c'est 30 kms en oiseau vers l'Est, mais 200 kms en bagnole pour contourner le Nyika Park par le Sud. C'était aussi un incontournable sur le parcours de Catherine, et une éventualité sur le mien, plutôt bien. Il faut donc sacrifier le walking in Nyika pour la bonne cause. Et puis hier, on a autant marché que pédalé en fait.
Rene "Gerard" et Brend "Michel" se sont aussi tirés du chapeau quelque part en Ouganda, et cotracent leur route depuis. Pour compléter la joyeuse bande, on prendra en stop, a 15 kms de l'arrivée, Shin Shin, l'Américaine.

On s'installe tous les 5 au Mushroom Camp, accroché à flanc de montagne avec un a-pic de 500 mètres et vue indescriptible sur la vallée, le Lac et les côtes tanzaniennes. Encore une fois, il n'y a que nous et Jonathan, le baroudeur Anglais en pause au Malawi et qui remplace le patron Australien en vacances, nous prête 3 tentes.
Le soir, énorme assiette de légumes du Malawi et concours de killer aux fléchettes, avant de rejoindre sous la tente... Brend, qui a désavantageusement remplacé Catherine.
|
Publié à 12:35, le 29/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Une nuit inconfortablement courte, sans matelas, mais c'est ça à 5 US$ ou 80 US$ le chalet ! On rigole pas au Nyika Park. Je continue sur la lancée de mes idées préfixées et Catherine, adorable, est dans le même trip. Aujourd'hui, on loue un VTT et on part pour la journée.
Et au bout de 200 mètres, la 1ère grave déconvenue d'une côte infranchissable, à froid, comme ça. On trouvera vite un compromis avec le relief environnant : la 2ème moitié des montées à pied, et 100% des descentes assis.
Les paysages sont lunaires et tropicaux, comme une lande écossaise peuplée d'élands, zèbres, bushbucks, antilopes roanne (rares), sans compter les léopards qu'on n'a pas vus mais qui, paraît-il, peuvent l'être ici mieux qu'ailleurs. Pique-nique autour d'une mangue, dans un lambeau de forêt sempervirente, refuge d'un autre léopard qu'on n'a pas vu, c'est sûr. Je montre quand même fièrement à une Catherine admirative une empreinte de hyène, et une de léopard. Enfin, je crois que c'en était.
On se fera pendant 8 heures un méchant périple accidenté et hasardeux, à la boussole. 30 bornes de montagne à la hauteur de mes espérances, soit 2500 mètres, ça fait 3 fois que je le dis. Sur ces hauts plateaux verdoyants et décharnés à la fois, aucune trace d'existence humaine de toute la journée. Complètement exceptionnel et juste récompense. Par contre, tous les 2 completement cassés, et demain sera une autre paire de jambes. Nous finirons aussi ex aequo, un gadin partout.
Le soir, le feu de bois qui avait servi à flamber des bananes la veille, grillera des tomates et des aubergines ( ben oui, ça sert aussi à ça de voyager avec une fille ).
J'aurai atteint, avec le Nyika National Park, la limite septentrionale de mon aire de répartition, ainsi qu'un certain palier de décompression.
|
Publié à 03:42, le 28/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Je trouve en 5 minutes un pick-up pour nous emmener, mais qui mettra 4 heures à partir, le temps de se remplir. Il y aura, en attendant, la rencontre avec Bunaya, un jeune artiste peintre et musicien, habillé en Gavroche, et qui me donnera un poncho et une sacoche !
Le trajet qui suivra, 1 parmi tant d'autres, restera pourtant gravé dans ma mémoire collective, et je pense dans celle de Catherine aussi(e). Les corps et les paquets littéralement enchevêtrés. Heureusement que la peau noire ne déteint pas au contact.

Je me retrouve même hors du pick-up, me retenant d'une main. Vraiment épique. Et peu à peu, les paysages du Nyika Plateau, à l'ouest du grand Rift africain, se dévoilent au fil d'une grimpette interminable de 4 heures sur une piste défoncée et détrempée. Et c'est à 20 minutes de l'arrivée au camp que le déluge nous tombe dessus. Rincés mais trop heureux d'être là. 36 heures de voyage depuis Nkhata Bay, ça en aurait pris 4 ou 5 en 4x4.

On installe la tente sous abri, à côté du feu, et super bonne soirée, tranquilles et seuls au monde, à 2500 mètres d'altitude, sans moustiques mais avec les hyènes à surveiller.
|
Publié à 02:57, le 28/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Dans mon super chapeau Camel à compagnons de route, ce matin, j'ai tiré Catherine. Son nom, je veux dire. Catherine, c'est l'Australienne de 26 ans entre-rencontrée chez Helen au Mozambique le mois dernier et retrouvée sur le Ilala. Et d'un commun accord assez rapide, c'est ensemble que nous allons tenter d'atteindre le Chelinda Camp, dans le Nyika National Park, 250 kms plus haut, aux confins nord du Malawi, avec vue sur la Tanzanie à ma droite, et la Zambie à ma gauche. Et puis Catherine a une tente et ça, si on y arrive, rendra le séjour abordable.
Escale cash et internet à Mzuzu, la 3ème ville du pays, puis bivouac dans un petit hôtel à Rumphi, dernière bourgade avant les plateaux à 2500 mètres d'altitude du Nyika Park, encore à 110 kms de piste, avec comme seul misérable espoir, le stop.
A Rumphi, bar puis resto, trèèès locaux, manquait plus qu'un ciné dis donc.
|
Publié à 02:36, le 28/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Le retour du farniente se confirme, toujours entre les orages, un peu trop fréquents.
Je m'embarque sur un dug-out canoe, un tronc d'arbre à peine évidé, plutot sportif à diriger. Vu de l'extérieur, je dois avoir l'air ridicule, mais seule compte la mangue cueillie (et mangée) dans la forêt qui borde l'autre rive de la baie.
Le midi, je tombe sur une cabane avec écrit dessus "restaurant" et Kelvin, le cousin de Bob Marley, m'accueille dans sa paillotte-vue-sur-baie, prend ma commande de chombo with nsima (on ne s'en lasse pas) et dépose, roulé dans une feuille de bananier, un énorme bloc d'herbe-qui-fait-rire sur la table qui, lui, n'était pas dans ma commande, je précise.

Peut-être que ma tronche de 1er de la classe l'a inspiré. Bref, je me régale -du poisson- puis reprends une inactivité adéquate sur une plage proche.

Le soir, au bar de Mayoka, il y a du monde et de l'ambiance. Et même un concert live en direct, basse africaine et percus. Arrive alors la touriste américaine qui arbore une allergie aux mangues sévère, façon Coluche dans "Banzai", mais elle a pas voulu que je prenne une photo.
Entre les rochers, un barbecue de filet mignon avec champignons géants et tout le toutim, que se préparent 2 couples d'Anglo-suédois-et-quoi-d'autre. L'invitation tombe comme un couperet, et je fais mon meilleur repas depuis Maman. Et c'est, depuis la veille, la valse des prénoms, des "d'où tu viens ? - où tu vas ? - ah super moi aussi !", dans tous les sens, avec des "baroudeurs" de partout la terre blanche. Mais c'est surtout aux nombreux vendeurs d'artisanat qu'il faut faire face. Même un Rasta, après 10 minutes de discussion, sort des bracelets de sa poche. Jah'llucine.
|
Publié à 04:00, le 27/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Je parviens à dormir un peu au sec, car l'arrivée a Nkhata Bay à 1h du matin se fera finalement à 7h30.
Nous sommes alors une dizaine de backpackers, des Australiens, Sud-africains, Americain et moi, à transvaser du ferry sur une pirogue, destination le Mayoka Village à 10 minutes, un lodge assez étendu, dans la verdure au bord du lac.
Paradisiaque, pour galvaudée que soit l'expression. Sur la rive opposée, une ligne invisible sépare le Mozambique au sud de la Tanzanie au nord. Bien sûr, je retrouve Lihi et Gal, mes Israéliens de Lilongwe...
Installation dans le dorm avec 3 Sud-africaines et 1 couple d'Australiens. Repos, balade et baptême dans le Lac Malawi.
|
Publié à 03:13, le 27/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
J'ai mal choisi mon emplacement et quand l'orage éclate vers 5h, le matelas, le sac à viande et moi sommes bons pour l'essorrage. Ma nuit est déjà finie, ça me donne droit au lever du jour, seul sur le pont, car le ciel donne justement un spectacle.
On ne voit pas les côtes à 360 degrés, ça c'est un lac. La croisière prend son rythme, entre brefs orages tropicaux et escales dans de petits villages pour d'autres chargements / déchargements. Le ferry est en fait un lien commercial névralgique sur toute la côte du Malawi, y compris les eaux territoriales mozambicaines, appelées Lago Nyassa (Le Malawi avant l'independance en 1964 s'appelait Nyassaland). Sur le Ilala, les ponts inférieurs sont occupés par les marchandises... et la population locale, aussi entassée que possible, tandis que les Blancs ont de la place à l'étage.
L'autre facteur dérangeant, ce sont ces centaines de sacs plastique remplis d'eau et de poissons tropicaux, sortis du lac bien sûr, à moitié vivants, destinés à d'hypothétiques aquariums, pour les survivants. Le Lac Malawi, c'est 500 espèces de poissons, la + grande biodiversité ichtyologique de la planète, en voie évidente d'épuisement.
Ça ne doit pas gâcher une si belle journée que je passe surtout allongé sur mon matelas, bercé par le ronron de la salle des machines, pas loin. Je lis "Le petit prince", je goute LE poisson du lac, le chombo, et la vie est pas trop mal.
Sur le pont, je retrouve les 2 Ecossaises du Liwonde Park et 2 Australien-ne de mon 1er passage a Chimoio, Moz, il y a 3 semaines. Le lac est grand, le pays est petit.
|
Publié à 02:15, le 27/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Départ sans forcer du Kiboko Camp vers 10h, le temps que le linge se sèche en mouillant les cordes, ce qui est vrai et aussi la seule contrepétrie que je connaisse par coeur. Un minibus de 11h m'amènera à 13h à Salima, 120 kms plein Est, plus très loin du lac. 5 gars font griller de la viande de chèvre au bord de la route.
Pour 100 kwatchas -0,5 US$-, j'ai droit à mon steak de chèvre soigneusement découpé et emballé dans un petit sachet en plastique bleu. Enchaînement synchro avec le minibus suivant, direction Nkhotakota, 140 kms au nord, en longeant plus ou moins le lac, mais toujours sans le voir. Sur la route, le plus pénible, ce sont quand même les innombrables arrêts chargement / déchargement. Parce que brutalement, dans l'espace confiné et bondé du minibus, l'air cesse de circuler, et le thermomètre s'affole. On suinte de partout. Je dis "on" parce que les autres passagers, pourtant aguerris, sont tout autant en nage que moi. En +, le chauffeur s'est mis tous les passagers à dos -première fois que je vois ça- à force de vouloir systématiquement sur-remplir son bus. En permanence, 2 personnes debout, donc pliées en 2, et mon sac à dos servant de paillasson aux 4 voyageurs du fond.
A Nkhotakota, je suis immédiatement alpagué par Alex, le Jaime local, qui m'amène 4 kms à pied plus loin à ma destination : l'embarcadère de Nkhotakota, histoire de naviguer 24 heures sur un steamer sur le Lac Malawi. Arrivée prévue la nuit suivante à Nkhata Bay, 200 kms au nord, via quelques escales dont 2 îles et même le Mozambique en face, des centaines de kms au nord de où je l'avais laissé. Je m'attendais à un petit port, c'est une plage avec 3 cabanes et un ponton hors d'usage dans un décor superbe de bout du monde que je trouve.
Quelques enfants du Bon Dieu, des canards sauvages, et une jolie blonde au bord de l'eau. Michelle est canadienne, son copain Zac est là ( toute la différence entre un film et la réalité ), à 100 mètres, dans cette maison vide surréaliste qui domine la plage.
Une maison qui ressemble a un bateau, gardée par un vieux couple, qui me laissent aussi, moyennant 3 pièces, y poser mes affaires en attendant le vrai gros bateau.
Je m'installe sur la surplombante terrasse avec la vue-t'y-crois-pas, il est 18h, le steamer est sensé accoster entre minuit et 2h du mat'. Ce qui me laisse le temps d'enfin pouvoir troquer contre kwatchas trébuchants les 20 canadian $ changés avec David pour le dépanner il y a 15 jours. J'avais réalisé dans l'apres-midi, donc un peu tard, que je n'avais plus assez de kwatchas pour le billet du bateau. Mais maintenant, si !
Vers minuit, je quitte la forteresse pour la plage ou des dizaines de "locaux" attendent aussi le bateau. 2 d'entre eux m'invitent à partager une cigarette-qu'on-trouve-pas-chez-le-marchand, convivial et approprié en la circonstance. A 2h, le steamer "Ilala" pointe sa proue et jette l'ancre à 300 mètres du rivage, c'est donc nous qui irons à lui. Dans le noir complet, une barcasse de pêcheur nous amène à la rencontre d'une chaloupe du Ilala venue chercher les nouveaux passagers. Un des pêcheurs dézippe mon sac à dos, mais j'ai l'oreille. 1er abordage, les sacs et nous nous transvasons, puis 2ème abordage de la chaloupe au ferry, dans la confusion, le roulis et l'obscurité, façon Titanic. Epique.
Sur le pont supérieur, 15 routards allongés sur des matelas, je serai le 16ème. Vers 3h30, la sirène du Ilala annonce le départ.
|
Publié à 12:59, le 26/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
45 minutes de marche et j'arrive vers 9h au centre-ville, comme d'habitude, sans m'en rendre compte. En fait, il y a une grosse bourgade populo, un no man's land de 5 kms, et un remake africain de La Défense. Et tout ça s'appelle Lilongwe. Je me suis tout tapé à pied. Et je confirme : a very long way.
1er accident du travail : je me fais emboutir l'avant-bras par une barre en alu de 5 mètres qu'un type promène sur le trottoir en ville, normal. Ce qui m'offre un baptême dans une clinique sur la route. Et puis une agence de voyages, mais que pour infos. Et le Post Office pour me débarrasser -par bateau- de la brochure et du DVD de "African Impact" que je me trimballe depuis des semaines. Le tout, direction "Planète Urgence". D'ici 3 mois, ça devrait arriver d'après la préposée. Et puis un petit coucou à l'Ambassade de France qui se trouve...dans les locaux de l'Ambassade d'Allemagne. En fait, l'ambassadeur de France en Zambie fait aussi le Malawi, pour le même prix. C'est ce qui s'appelle avoir une promotion...
Et juste à côté, l'Ambassade de Zambie, du coup, pour une question sur mon prochain visa qui restera sans réponse claire. Et puis la gargotte qui va bien. Pour 2 US$, un T-bone steak avec nsima -la satza malawienne- en terrasse, entouré de businessmen black qui mangent comme moi, kavec les doigts.
Abel me guidera 20 minutes pour trouver un bus retour, puis Matyas me vend un régime de 16 bananes pour 50 cts, du coup on se raconte nos vies. Les Malawiens sont vraiment friendly. Il parait que le Malawi, c'est Africa for beginners.
Le soir au Kiboko Camp, entre trombes d'eau et coupures de courant, c'est Anna -sans "h"- une Anglaise trentenaire, qui fait son entrée. On discutera un bon moment vu qu'elle est guide de randos à cheval depuis 2 mois au Nyika National Park, à perpette au nord, et comme je veux clairement y aller, je suis un peu intéressé. Le père de Brent avait travaillé dans ce Park du bout du monde, assez unique et magnifique, dixit.
|
Publié à 12:57, le 26/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Je ne peux pas m'empêcher, au moment des comptes avant le départ, de dire au lodger hindou que je trouve pas normal qu'il propose à ses clients ce game drive franchement-pourri-quand-j'y-pense, alors que "les pluies" etc.., et que donc Matt' et moi on est super deçus etc...Rapidement, le game drive pourri, c'est cadeau. 15 US$ chacun : Matthew, en rade de tune juste avant, est content d'être surpris. Sans rancune, l'Hindou -mais lequel- nous redépose hors du Park, à Liwonde Town. Comme, arrivés tard, on n'avait pas non plus payé l'entrée aux National Parks, c'est maintenant, à la sortie. Sur ma lancée, limite pour rire, je demande 50% de réduction pour nous 2 au vieux Ranger, qui accepte ! Matthew hallucine, encore 10 US$ de grattés.

Il est midi, après une dernière bière et un 1er billard, Matthew prend un minibus retour pour Blantyre, tandis que le mien m'emmène 180 kms nord-ouest, à Lilongwe, la capitale. J'hérite de Matt' un Lonely Planet "Malawi", ça aide toujours. 5 heures de trajet, dont la moitié à attendre dans chaque village traversé que le bus se remplisse à nouveau à ras-bord de gens et de paquets en tous genres. Le déluge pendant quasi-toute la route. Il pleut entre 1 et 5 heures tous les jours maintenant, la saison des pluies a fait son entrée triomphale.
La nuit va tomber quand on arrive. Une des poches de mon sac a été visitée pendant le trajet, c'est la 1ère fois que ça arrive, sans gravité. Ma course à pied draculaire contre le crépuscule pour trouver un couchage met un jeune couple de Blancs sur ma route. Lihi et Gal, backpackers israéliens, m'emmènent illico "chez eux" au Kiboko Camp et son dorm à 5 US$ où réside à l'année Hannah, jeune Allemande infirmière volontaire à l'Hôpital central.
Une douche, une kuche kuche -la kro locale- dans l'immense jardin, et un vrai lit. Lilongwe to the top.
|
Publié à 12:54, le 26/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Je découvre au tout petit matin qu'on est sur une colline en pleine jungle avec vue sur la plaine et la Shire River, seuls à 500 mètres du lodge principal. Et dès 6h commence ma 1ère journée touriste-banal-dans-un-Park, avec un walking tour guidé de 2 heures, nous et les Ecossaises. Pas grand-chose à voir et pour cause, on ne fait pas une boucle mais un aller-retour sur une large piste "car les pluies rendent certaines pistes impraticables" dixit le guide. Même à pied. Bon.

Restés sur notre faim, on se rattrape l'après-midi avec un canoe-trip sur la Shire River avec les hippos qui nous chargent, pas contents. Nous, si.
Le soir, on se dit que le night game drive à 15 US$ va nous réconcilier avec la marche matinale à 12 US$, et on a tort. C'est le même trajet, un peu rallongé, que le matin. Toujours l'a/r "car les pluies.." ça va, on a compris. 3 hippos et un porc-épic, pas de quoi se raser la moustache. Même si globalement, on se l'est coulée bien douce au paradis aujourd'hui. Et j'aurais au moins vu un spécimen remarquable en la personne de Bernie-les-longs-cheveux-gris, l'autre touriste français. Un dinosaure de 72 ans rescapé du Flower Power, en voyage permanent depuis 40 ans.
|
Publié à 12:52, le 26/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Jusque 11h, les échanges de bons procédés musicaux continuent : moi à la guitare, et Matthew et Donal à tour de rôle avec mon lecteur MP3.
Puis c'est le départ. Matt' et moi, abandonnant lâchement le vacillant Donal en échange de sa tente, partons passer 2 jours dans le Liwonde National Park, à 120 kms au nord, à la pointe sud du Lac Malawi, le 3ème plus grand d'Afrique.
2 bus et 3 heures + tard, il fait nuit noire quand le bus nous largue au rond-point, à 3 kms de l'entrée du Park. Nuit noire donc il n'est pas envisageable de marcher. Il y a là des vendeurs, des cabanes, des vélos. Alors, contre 50 kwatchas soit 0,4 US$, nous montons chacun à l'arrière d'une bicyclette qui accuse le coup de quintal de mes 2 sacs à dos et moi. En fait, on ne voit rien à 30 mètres, on ne sait pas où on va. Et nos "chauffeurs" ne parlant pas anglais, on n'est pas sûr qu'ils aient compris la destination. Après 10 minutes de pédalage dans une noire choucroute, je perds Matthew, mon bicycleur prend une autre piste, puis met pied à terre, victime d'un faux plat fatal. A ce moment-là, les choses vont moyen. On se fera finalement récupérer à l'entrée du Park par le proprio hindou du Chinguni Lodge, 5 kms à l'interieur, où nous plantons la tente sous un toit de chaume à la lumière de ma frontale.
A part 2 Ecossaises et un Français ayant tous pris une chambre, personne, en tout cas avec nous. On récupère ce qui traîne dans les huttes vides : lampe à pétrole, chaises, table, et c'est nous les rois du bush camping.
|
Publié à 12:50, le 26/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Seuls Blancs du quartier, mes Grands-Bretons en sont donc aussi les vedettes, et c'est un sympathique défilé de copains blacks qui passent quotidiennement à la maison. Parfois, comme aujourd'hui, dès 6h du matin.
Vers midi, je laisse Donal à ses pansements et Matthew à son jardinage, et pars explorer Blantyre. Je me perds avant même de rejoindre la rue des minibus, un Malawien fait un détour de 20 minutes pour m'y amener.
Sinon, le dimanche à Blantyre etc etc... Dans le carré formant le centre-ville, il n'y a littéralement que des banques. J'en ai jamais vu autant, peut-être 50. Et quand un vendeur de mangues me court après pour me rendre les billets tombés de ma poche, je me dis que les Malawiens doivent tous être riches, même les pauvres.
|
Publié à 12:47, le 26/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
C'est tout petit chez les Rosbifs, donc j'ai dormi par terre. Mais sans moustiques ni canicule -le syndrome Beira- c'est presque un plaisir. Je me résouds à savourer l'effet d'une douche froide. Donal au bord de l'amputation, c'est Matthew qui va me balader.
Il y aura la traversée aerienne d'un champ en équilibre sur un pipe-line, un orage tropical qui nous lessivera de la tête aux pieds, un immense marché couvert où j'achète ma 1ère papaye, et le Centre culturel français de Blantyre où nous assisterons religieusement à un spectacle de chants et danses africano-chrétiens, ponctués de discours enfiévrés à la gloire de Jesus-Christ.
Quasi-seuls Blancs parmi 500 spectateurs exaltés, nous sommes vite repérés par la show woman prédicatrice sur scène, qui nous fait nous lever tous les 2, nous remercie de notre présence sous les applaudissements et les cris de l'assistance. La minute de gloire du séjour.
Sur un mode nettement moins spectaculaire, j'aurai ensuite un rapide échange avec le Directeur du Centre, 1er Français rencontré en 3 semaines.
Le soir, toujours sans le pauvre Donal, incapable de marcher avec sa jambe qui suinte maintenant (!), Matthew et moi prenons un taxi pour nous rendre a la "Whites only Christmas Party" donnée chez un Américain. De brèves rencontres et discussions, ponctuées d'assiettes de fromage et jambon fumé, et de vin rouge. Rien que pour ça, ça valait le déplacement. Il y aura un after dans un bar jusque 1h du mat', mais je ne me souviens pas des détails. Au retour, Matthew insiste pour échanger son lit contre ma paillasse, je ne suis plus en mesure de refuser.
|
Publié à 12:46, le 26/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Le bus de 4h part à 5h30 et arrive à 11h à Tete, traversée par le Zambèze. Mighty Zambezi. Il faut bien justifier le titre du blog. A + de 1000 kms de Vicfalls, je me félicite de ces retrouvailles. La prise de Tete dure 15 minutes avant le transvasement dans un minibus vers la frontière qui durera 2h30.

Le douanier malawien me tire une fière chandelle du pied en m'apprenant que je n'ai pas à faire un aller-retour de 2000 kms pour aller chercher un visa à Maputo. Il me demande aussi de parler à Chirac pour que les Malawiens puissent également venir en France sans visa. Logique. Mes compagnons de route, Matthew et Donal, sont contents pour moi.
Apres un échange meticais contre kwatchas à la sauvette, un autre minibus nous rajoute 2 heures de plaisir entassés à 23 dans un 15 places. Et un petit dernier nous ressert 30 minutes de Blantyre, principale ville du Malawi mais pas la capitale (!), jusque Chiwembe, le coin de banlieue qui abrite la maison que partagent Matthew et Donal. C'est trop pour mon porte-monnaie qui décide de rester dans l'avant-dernier minibus. Il y avait 2 millions de US$ dedans.
On arrive vers 19h chez les instits. Levés depuis 3h pour la journee "fête du bus". Il me reste 2 surprises à digérer, une très bonne et une moyenne. La très bonne : Donal a une guitare folk. Je me fais un gros plaisir, on est à la limite de l'inespéré. En +, la causette de musique tourne autour de Eels et Oasis, ça va. La moyenne, c'est que c'est relativement crade chez ces zouzous. Au point que je repousse à plus tard ma douche et les limites de l'hygiène physique. Mais je suis au Malawi, et ça, c'était pas prévu, et en + hébergé chez 2 mecs hyper-sympas, dont Donal, sans "d" comme dans "Hippopodame", qui boite à cause d'un vieux coup de soleil ! La petite sortie au bar du coin présage d'autres bons moments.
|
Publié à 12:45, le 26/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Le 1er bon plan, c'est l'intendant général qui, devant trouver ça cher aussi, ne me fait payer qu'une nuit sur les 2. Le 2ème, c'est Sheryl qui m'offre les 2 heures de bagnole jusque Chimoio.

Le mauvais plan, prévisible, c'est que les bus pour Tete au départ de Chimoio, c'est fini pour aujourd'hui. Le 3ème bon plan, c'est que je retoune du coup au Pink Papaya tenu par Helen, pour un départ de bus comme d'hab à 4h demain matin. Le 4ème, c'est que chez Helen, il y a des garçons. Peter le Hollandais + que volant qui achève un backpacking world tour de 2 ans, et surtout Matthew et Donal, des gamins de 19 ans respectivement anglais et irlandais, instits volontaires depuis 1 an au Malawi, qu'ils regagnent par le bus de demain matin.
J'ouvre -difficilement- pour Helen une bouteille de Sauvignon blanc sud-africain qui, vite pompette, nous raconte son drame : amoureuse à 26 ans d'1 Français de Madagascar rencontré en Tanzanie qui mourra de surconsommation psychotropique 2 ans + tard, à 29 ans. Les Français, depuis, ce n'est plus sa cup of tea. Helen, sais-tu que tous les Français ne meurent pas d'overdose avant 30 ans, moi par exemple ?
|
Publié à 12:26, le 26/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
La journée et son "ciel épuisé d'orages" commence par une autre improbable incruste. A 7h30, Vasco, le Portugais arrivé il y a 1 an, emmène dans son pick-up Sheryl, Zim blanche obligée de fuir sa terre natale depuis la fameuse land reform, Joao, journaliste moz blanc en photo-reportage à Gorongosa et sosie de Vincent Delerm, 3 Belges flamands et moi.

Direction le Mont Gorongosa -Gorongosa signifiant évidemment "le danger de la montagne"- qui, comme son nom ne l'indique pas est en fait hors du Parque, à 2 heures de piste traversant des villages perdus suivies d'une heure de crapahut dans la montagne. La grimpette se fait dans la gadoue, et le brouillard, qui cache les sommets alentours, nous projette dans "Gorilles dans la brume". Ne manquent vraiment que les quadrumanes. Pour arriver à Muromfudzi Falls, la cascade impressionnante, où on trouve d'ailleurs aussi des chutes d'homme.
C'est Vasco en personne qui s'y (dé)colle en se ramassant un joli gadin sur les rochers humides. Pas loin, la nature a façonné une copie du "Cri" de E. Munch, dans une souche d'arbre.
Au retour, je réalise que, sauf pour Sheryl, tout le monde parle français : 6 sur 7, bon score pour le Moz !
En marchant, longue discussion éclairante avec Vasco. L'Etat Moz a cédé la réhabilitation de cet ex-prestigieux Parque à la Carr Foundation. Un programme de réintroductions et de cogérance avec les communautés alentours sur 30 ans. J'arrive 1 an trop tôt, avec en + des futurs volontaires pas assez lusophones.
Tous ces soucis s'évaporent au retour à Chitengo quand Vasco, Joao et moi partons pour un game drive de 3 heures dans le Parque da Gorongosa en personne cette fois. Je suis seul debout à l'arrière du pick-up : c'est la Hwange attitude. Et pour un sanctuaire ayant vu 99% de sa faune décimé, Vasco confirme le récent renouveau. Bientôt reviendront les buffles -buffalobillisés- passés de 15000 à 50, les zèbres, les gnous.
Mais sont déjà là les babouins, phacos, impalas (si si, ils sont la), waterbucks, bushbucks et mes 1ers ourébis, genre de steenbuck.
Le lion est là aussi, mais qu'une trentaine, alors sur 4000 km2... Mais Gorongosa, ce sont aussi des dizaines d'écosystèmes différents. Heureusement que Hwange a ses animaux pour lui car les paysages ici sont un ton au-dessus.
'

3 heures de bonheur, c'est bon, j'ai ma dose, je pars demain matin, direction le Malawi, via la ville de Tete, au nord. Euh... il faut un visa pour le Malawi ? Sur cette question métaphysique, je me couche cette fois dans la tente d'une bonne nuit, avant la prise de Tete.
|
Publié à 11:48, le 26/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
C'est dans un 4x4 du parque official da vehiculos du Parque Nacional da Gorongosa, que Dade et Vinte, 2 rangers, viennent me chercher sur le perron de l'Hotel Tivoli. Je rêve. Et salue bien bas la directrice de l'etablissement, la charmante Portugaise qui m'a si élégamment désensablé du port de Beira.
Ah Joana, si tu n'étais pas mariée à un instit mozambicain et maman par adoption d'une ravissante petite Margarita, tu n'avais plus qu'à déplacer ton palace à Vilanculo, alors on pouvait commencer à discuter..

Arrivée nocturne à Chitengo, le main camp du Parque da Gorongosa. J'attends qu'on vienne savoir ce que je fais là, parmi la dizaine de touristes prenant l'apéro sous la pleine lune. Pas de réservation, obligatoire, mais je me dis que tout va bien. L'intendant général arrive alors pour me guider à ma tente qui s'avère être un bungalow mais au prix de la tente car il est désolé, plus de tente dispo.
Je suis moins désolé que lui, le délire continue. Et vu l'orage pendant la nuit, je suis vraiment très content.
Au fond du camp, les maisons des employes du Parque. La scène de la petite télé dehors avec 50 personnes autour.
Puis les rencontres au bar s'enchaînent toute la soirée : Vasco, le Monsieur Communication du Research Project, Roberto le Monsieur Conservation, et Baldeu, le Monsieur Développement Communautaire. Le discours que j'entends est + affiné mais ressemble à celui de Gonarezhou. Des volontaires "professionnels", c'est ce qu'ils souhaitent d'abord bien sûr. Désolé, j'ai pas ça en boutique ! Où alors il faut que je change d'ONG, c'est pas possible.
Dans mon bungalow, à tâtons à cause de la panne de courant, je livre une ultime bataille aux dizaines de fourmis qui sont tombées par hasard sur les mangues et les bananes dans mon sac.
|
Publié à 11:17, le 26/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Finalement, ici, c'est pire. Je crois que je n'ai pas dormi une seule minute. Obligé de m'envelopper dans mon sac à viande à cause des cohortes de moustiques, je suis vite complètement trempé de sueur. Je ne sais pas si c'est toujours comme ça à Beira, mais question chaleur, ça bat des records d'insupportabilité. Mes fringues puent autant que moi, et c'est vraiment trop crade ici alors pour ma 3ème nuit, ce sera un 3ème hôtel. Qui me prendra la matinée à trouver. 4 U$ de +, et je découvre un monde, certes de 3 m², mais avec ventilo et moustiquaire. Il y a un ptidéj inclus, des vraies douches (communes), un bar dans un grand jardin avec paillotes. Mon 1er logement aux normes quasi-européennes en 10 jours, ça va faire du bien.
Un esprit sain (?) dans un corps propre, pour maintenant trouver un moyen de locomotion jusqu'au Parque Nacional da Gorongosa, jadis le + beau et le + riche en faune de toute l'Afrique australe. 15 ans de guerre civile l'ont vidé de ses animaux, morts au combat, et aujourd'hui un mécène américain, la Carr Foudation, entreprend de lui redonner vie par des translocations depuis l'Afrique du Sud. Il y a peut-être une place pour des volontaires, et c'est ce que je veux aller vérifier. Mais toujours pareil, aucun bus n'y va bien sûr, et la saison des pluies qui commence recommande le 4x4.
"On choisit ses endroits mais rarement son timing", illustration. D'abord je trouve l'introuvable Responsable du Bus Terminal à qui je baragouine mon histoire en esperanto. En 5 minutes je suis remboursé de mes 350 medicais, enfin, de 300, car mon allié dans cette bataille en garde 50, c'est de bonne guerre, je n'en reviens déjà pas.
Au Tivoli Hotel, ze hôtel de Beira à 90 U$ la nuit, je me renseigne en désespoir de cause à la réception sur une location de 4x4 pour 2 jours, exorbitante bien sûr. Arrive alors Joana, jeune femme portugaise, qui en fait tient la "baraque" du Tivoli. Et qui me dit qu'un ami en 4x4 peut justement m'emmener gratos à Gorongosa ! Aaaah... Départ dans une heure. Oooh... Je cours au Savoy Inn refaire mes sacs et négocier à l'arrache un demi-remboursement de ma nuit non consommée. Je paye donc une demi-nuit pas dormie avec l'argent d'un bus pas pris.
De retour au Tivoli, je verifie que le syndrome "T.A.B" fonctionne aussi au Moz : il y a eu un "malentendu", l'ami est déjà parti.. J'ai la joue gauche qui brûle encore que Joana me "caresse" (c'est une image) la droite : pour se faire "pardonner", elle m'offre l'hébergement pour ce soir. A sa maison, pas à l'hôtel ! Demain, il y a peut-être une autre voiture qui m'emmènera. J'ai donc finalement droit à ma super nuit... de repos bien sûr. Le 4x4 de Joana traverse la ville jusque sa grande maison où le rdc est une maison à part entière avec 3 chambres, pour moi tout seul. Je prends mon temps et un vrai plaisir à choisir quelle chambre avec clime aura l'honneur de mon sommeil.
|
Publié à 10:50, le 26/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Chaleur étouffante et moustiques en folie cette nuit. Je quitte mon bouge pour la Pensao Sofala, à 2 pas, tout aussi sordide mais à connotation moins policière et surtout avec vue sympa sur l'animation de la rue.
Est-ce parce qu'ils sont vexés que je quitte leur QG, 2 policiers m'interpellent pour contrôle avec fouille, mais il n'y a toujours pas ce qu'ils cherchent !

Les dimanches à Beira, c'est comme à Harare, en pire, les internet cafés sont fermés. J'ai l'impression de toujours choisir un dimanche pour arriver quelque part. Déjà que toutes les fenêtres des habitations ont des grilles, quand les commerces s'y mettent aussi, c'est franchement tristounet. Une longue marche jusqu'à la plage m'amènera à rester sur le souvenir de celle de Vilanculo. Je tombe devant un immense ex-hôtel de luxe délabré, abandonné suite à la guerre et totalement recolonisé par des familles de squatters. Mais que fait Sarko ?? Impressionnant et familier, car je suis presque sûr d'avoir vu un reportage de "Thalassa" sur ce sujet.
|
Publié à 01:48, le 25/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
La même blague, de moins en moins drôle : réveil à 4h pour 4h30. La soeur de Jaime était sensée nous réveiller à 3h30, mais c'est Jaime, revenant du bar où je l'avais laissé et où il a passé sa nuit, qui me réveille. Il est complètement beurré et sa diction est inintelligible. Il portera quand même pour la peine mon grand sac jusqu'à la route où je choperai au vol l'unique bus de la journée. Je rallonge donc 350 medicais (14 U$), et tenterai un illusoire recours à Beira.
600 kms, 9 heures de bus dont les 6 premieres debout, c'est la fête. Beira, 2ème ville du Mozambique, réputée dangereuse. Même question qu'à Chimoio "où est le centre-ville" pour la même réponse "tu y es". J'échoue, c'est le mot, dans un hôtel complètement borgne qui est aussi apparemment un QG de police, mais alors en ruine, j'ai pas très bien compris l'explication du portier en portugais. Ça me coûte 8 U$, ça n'en vaut pas 1, et c'est le moins cher à la ronde. Pas hyper "routard friendly" le Moz. Je préférais 1000 fois la "salle de bain" et les "toilettes" chez Jaime : un trou dans le sable, au moins c'est propre.
Je cherche en vain l'introuvable Responsable du Bus terminal puis pars en exploration, sans plan ni guide, donc je dois passer à côté de certains trucs, forcément.
Si l'on oublie quelques tours HLM décrépites, de Beira se dégage malgré tout cette atmosphère de la ville portuaire tropicale où le temps s'est arrêté, un peu comme dans les chansons de Lavilliers.
Les vestiges d'architecture et la langue portugaises, les métis et immigrés, complètent la touche brésilienne. Rencontre gustative avec les samoussas à la viande, au poisson, aux légumes. Et avec Internet-rapide-comme-chez-nous, j'en espèrais pas tant.
|
Publié à 09:32, le 24/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Il y a au moins un vilanculais qui porte bien son nom, c'est le chauffeur du bus supposé être là pour m'emmener à Beira à 4h30. Ni bus, ni chauffeur de cette compagnie, et renseignements pris, peut-être pas avant 4 ou 5 jours. Bon. Tout va bien, je vais bien. Ça avait déjà bien commencé avec un réveil à 4h20, une course avec Jaime qui heureusement porte 1 de mes sacs, pour faire en 10 minutes le trajet de 30 minutes. Je ne me souviens pas d'avoir déjà été trempé de sueur dans la rue à 4h30 du mat'. Je commence à réaliser que je me suis bien fait entuber, la 1ère et seule fois où je paie à l'avance. La leçon est cette fois bien comprise, et je me mets en condition pour une 7ème journée de villégiature forcée.
Sur la plage, le retour de la pêche et une foule bigarrée.
Intronisation à la bière de noix de coco. J'achète au marché une dizaine de poissons pour ce soir en famille, et j'offre le walkman de ses rêves, toujours modèle Taiwan 1980, à Jaime qui s'empresse d'acheter une K7 pirate de Enrique Iglesias.
Dans la rue, chapeau de cuir, lunettes "fly" et écouteurs dans les oreilles, il m'a déjà complètement oublié le Jaime ! Pour ma, cette fois, dernière nuit, je m'endors par terre, à la belle étoile.
|
Publié à 06:48, le 10/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
C'est au tour de David de tenter - et de réussir - son évasion de Vilanculo, grâce à un ingénieux procédé : il a acheté son ticket en montant dans le bus. C'est donc mon compagnon de route d'une semaine qui me quitte pour retourner au Canada où l'attend la meute des chiens, juste après la meute des filles. Je n'avais pas jugé indispensable de préciser que mon trentenaire quebecois, c'est un peu le Hugh Grant transatlantique, en bien baraqué. En partant de ce constat non négociable, j'ai vite pris la mesure de mon statut de Poulidor de l'étape, justement quand je fais ma pause plage-cocotiers, ça tombe bien. David, regard bleu et peau usée par celui des filles, est l'archétype du copain avec qui ne jamais partir en vacances pour draguer. C'est donc avec une seule larme à l'oeil que je lui fais la bise ce matin à 4h, car j'aimerais bien aussi jouer à Mister Camping pendant 24h, merci. Resteront, avec ce beau gosse dont c'est le plus gros défaut apparent, quelques souvenirs en commun impérissables.
Et puis je trouve dans mon sac son chapeau d'explorateur "Camel Trophy", qui m'avait tapé dans l'oeil mais sans bruit. Le chapeau en lui-même, et le geste de me l'offrir : dans les 2 cas, la marque des grands.
Sur la plage aujourd'hui, 2 policiers viennent m'accoster pour me demander pourquoi-où-quand-comment je suis là tout seul. Je les suspecte de me suspecter de détention de cannabis. Mais non, pas aujourd'hui !
Un peu plus loin, un autre backpackers lodge, le "Baobab", avec des hamacs entre 2 cocotiers avec vue sur mer, dont un qui va m'occuper un bon moment. Et toujours avec Jaime, le seul qui n'ait pas de bus à prendre.
Avec les barques colorées, les pêcheurs qui jettent leurs filets ou les rapiècent, je prends quelques cartes postales numériques. Encore une scène d'hystérie de 3 pêcheurs se voyant sur l'écran. Si je peux encore prendre des photos, c'est bien grâce à la petite agence locale de "Telecomunicacoes de Mocambique" et ses prises de courant, d'où j'écris d'ailleurs ces lignes pendant que ça recharge.
Le soir, Jaime me dit que son père naturel, mort pendant la guerre civile qui a duré de 1977 à 1992, a eu 27 enfants dont 15 également morts pendant le conflit. Ça explique un peu toutes ces familles recomposées. J'apprends aussi que Jaime est papa par accident d'un petit Carlito de 2 mois et que sa "belle-famille" n'est pas tendre avec lui. Derniers échanges avant un reveil programmé à 3h30.
|
Publié à 04:34, le 10/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Leçon du jour : le mieux est l'ennemi du bien. Obligés de se lever à 4h, Jaime et moi, et de marcher 30 minutes pour négocier avec le chauffeur du bus un report de mon billet car cette nuit, j'ai donc encore changé d'avis, je reste 24 heures de plus.
Mais je profite d'une promo speciale "le temps que le bus revienne de Beira", ça ne fera donc pas 24 mais 48 heures de plus, à passer au bord de l'Océan Indien la journée et dans un village africain le soir. Ça ne me derange pas plus que ça.
Au rayon nouveauté aujourd'hui : la kabanga. Dans la kabanga, il n'y a pas de fruits, c'est une "bière" de mil fermentée, ni plus ni moins que la chibuku zim. On la trouve, dans ce village global, aux endroits stratégiques que sont les grands arbres ombrageux. Dessous, 20 ou 30 personnes, femmes pour moitié, discutent ou dansent autour d'un énorme barril en ferraille qui a dû contenir du carburant ou de l'huile dans une vie antérieure. La kabanga et son aspect "lait plein de saletés" sont dedans. Elle est servie dans une canette de coca rouillée et trempée dans une bassine d'eau, entre 2 clients. Au son de la musique locale que crache un sound system taiwanais de 1980. Enfin, la kabanga n'est ni bonne ni mauvaise, elle est juste laxative, en un temps assez court. C'est le -faible- prix à payer pour voir ces gens ravis de ma participation.
|
Publié à 04:12, le 9/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
J'ai dormi dehors au bord de la piscine, il y autant de moustiques mais beaucoup moins de voisins. Plage, balade, internet ( ici aussi, pour rire ) jusqu'au déménagement du lodge à la hutte. Nous retraversons le village, cette fois il fait encore jour, bien plus animé et accueillant que la veille. Nous nous faufilons entre des étals de bois colorés de fruits et légumes où les marchandes nous interpellent tout sourire et sans complexes.
La photo-souvenir de groupe, personne n'y coupera. Et là je dis : vive le numérique. En se voyant mutuellement sur les écrans de nos appareils, femmes et enfants se mettent à pousser des cris, éclater de rire, applaudir, sauter sur place. Un grand bordel et bol d'air frais, que du bonheur.
Chez Jaime, c'est ironiquement une tente donnée par un routard autrefois, et adossée à une hutte, qui nous abritera. Nous repartons, cette fois à l'assaut des bars locaux, avec Jaime et 2 de ses petits (!) frères.
Au retour nous attend à la bougie, et dehors bien sur, un plat de matapa, à base d'épinards et coco hâchés menu. La lune dessine les contours des cases, cocotiers, manguiers ( la tente où nous dormirons à 3 est coincée sous un manguier ), et des visages de nos hôtes avec qui ça baragouine bon train.
Jaime, très volubile après quelques verres, essaie de répondre en articulant à nos nombreuses questions.
Et je regrette d'avoir pour une fois anticipé en pré-achetant mon ticket de bus pour Beira demain matin 4h30, c'est-à-dire dans 5 heures.
|
Publié à 12:35, le 8/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Comme "d'habitude", depuis hier, je me réveille tôt et pars finir ma nuit sur la plage, c'est trop bon !
Depuis la veille, un plan snorkeling -plongée au tuba et au large- est conçu entre 4 backpackers du dorm, dont David. Et ce matin à 8h, seul sur la plage abandonnée, au dernier moment, j'ai une révélation. Celle de revenir sur mes déclins (déclinements ? déclinaisons ??) répété(e)s de leur proposition de coplongeage, histoire de mieux amortir la location du bateau. Une autre journée memorable, je crois.
5 heures de "croisière" a/r dans une embarcation en bois localement typique avec 3 jeunes pêcheurs en guise de capitaine-mousse-guide-cuisinier.
Pour arriver sur le Reef, la barrière de corail mozambicaine mondialement inconnue pour son festival de formes, tailles et couleurs, animales et végétales. On aurait même pu espérer théoriquement une rencontre avec Dauphin ou Lamantin, mais la théorie n'est pas leur fort.
Il y avait des poissons eclectiques et partout : papillon, perroquet, clown, chirurgien et plein d'autres qui relèvent du métier de plongeur-en-apnée-au-Mozambique. Je me suis même fendu d'une raie...
Pour aller avec l'ambiance de la journée, une escale sur une île déserte appartenant au Parque Nacional de Archipelago de Bazaruto pour un braai de poisson.
Assis a la proue de mon frêle esquif, mes pieds fendant l'écume translucide, je suis le roi du monde et bien content de ne pas avoir été le roi des cons qui ne changent pas d'avis au dernier moment.
Le soir, David et moi retrouvons Jaime en ville. Il a 23 ans et parle anglais, ce qui est rare et pratique. Nous nous enfonçons dans un dédale de rues en terre où les habitations clairsemées ne sont bientôt plus que des huttes en bambou et palmier. La nuit tombe sur 2 mètres de visibilité car l'électricité n'existe bien sûr pas, dans cet immense village en arrière du littoral touristique. La situation n'est pas très confortable mais nous arrivons après 30 minutes sur la parcelle où vivent Jaime et ses parents, frères, soeurs, nièces, cousins, dans 4 huttes. Les parents sont couchés par terre dehors ( il n'est que 20h, mais les journées ici commencent à 4h ), il fait trop chaud dans la hutte.
Nous formons un cercle à leurs côtés d'où sortira le bon plan : demain, David et moi on vient s'installer là.
|
Publié à 12:33, le 8/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Je mets mes menaces de la veille à exécution : je passe ma journée à la plage. Foot avec 15 Blacks puis barbecue de poisson avec un inconnu sympa en seront les faits d'armes.

|
Publié à 12:26, le 8/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
9 heures de route dans 3 vehicules. Ma voisine pendant 5 heures s'appelle Maninha, on dirait une princesse. Pas trés loquace, et pour cause, elle parle autant anglais que moi portugais. Je suis incapable de détacher mes yeux de son profil, ce qui n'est pas hyper discret, mais tant pis, elle est trop belle. Parfois elle somnole, c'est plus pratique pour regarder sur le côté et essayer de comprendre comment ses nattes étaient nouées.
Arrivée à Vilanculo vers 13h, Jaime, le rabatteur, nous rabat vers le Zombie Cucumber, un backpackers lodge dans la plus pure tradition.
Comme prévu, c'est plutôt dispendieux comme dit mon Québecois, on se prend donc 2 matelas dans la case dorm où nous serons 10 backpackers à dormir ce soir. + 10000 moustiques qui se foutent de nos moustiquaires, mais comment font-ils ?
La plage est à 20 mètres. Il y a des îles au large qui forment un Parc naturel, l'eau est transparente, à 28C. Plus de vendeurs ambulants, 4 ou 5, que de touristes sur le sable, c'est relax. Et c'est ce que je compte mettre en pratique ici : absence totale de contraintes, et farniente intensif.
|
Publié à 12:02, le 8/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
J'ai rendez-vous avec David, qui était hébergé par un prof Zim canadophile rencontré par hasard, à un coin de rue. Il m'attendra 45 minutes la rue d'à côté, pour bien commencer. On negocie un lift pour les 7 kms jusqu'au poste-frontière, avec le proprio d'une 504 avant JC. En route, le type nous propose d'échanger nos Zim$ contre des Meticais mozambicains (Mts), vu qu'il est interdit de sortir du Zimbabwe avec plus de 5000 Zim$, soit 3 US$. Ah bon. Ça tombe bien, j'ai changé 50 US$ contre 85000 Zim$ avec Emma hier, je dois donc en avoir 120000 sur moi. David, lui, a 11000 sur lui. Par crainte de se faire avoir sur un change aussi imposé, on décide de planquer notre excédent dans chaussettes et caleçons. Grave erreur.
Pendant les formalités, notre chauffeur va nous balancer à l'Inspecteur des douanes. Nous sommes appelés dans son bureau, un chalet en bois. Je la fais courte car ce fut long.
Extraits :
- "How many Zim$ do you have ?"
- "5000"
- "Now Gentlemen, for the last time I ask you to be honest ith me because if I have you searched by officers and they find money on you, you're in big trouble."
Du coup, on avoue assez vite notre pathétique tentative, mais les menaces de prison s'amplifient vu qu'on est vendredi et qu'on ne serait "jugé" que lundi. "There is no other option" rajoute-il.
L'interrogatoire, qui durera 50 minutes, est assez intense. Nous interrompons de temps à autre les lourds silences de notre intraitable et incorruptible fonctionnaire par quelques excuses et explications les plus soupesées possible. Et quand il nous laissera partir et du coup, pantois, ce sera avec notre argent, toujours au chaud dans le slip.
Pendant l'heure et demie de minibus moz entre la frontière et la ville de Chimoio, il règne en contrecoup une certaine euphorie, les endorphines à plein régime.
David nous fait faire pendant 3 heures la visite guidée des banques de Chimoio pour réussir enfin à changer sa monnaie de singe, des canadian $. Du coup, Vilanculo, à 450 kms, ce sera pour demain. On s'installe au Pink Papaya, un lodge tenu par Helen, quadra britannique tombant, d'apres un poétique routard australien également là, dans la categorie "MILF" : the Mother You Like to F....
Le soir, je laisse les autres travellers partir au resto et me retrouve par hasard à dîner avec Helen sur la terrasse. Les meilleures faims ont une chose, j'ai rendez-vous avec Coltard demain matin à 3h.
|
Publié à 11:36, le 8/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Une journée-tampon, c'est le cas de le dire, entre 2 visas. Avec David, rando de 3 heures l'après-midi sur un kopje proche de la ville.
On achète un fruit inédit et délicieux dans la rue, à mi-chemin entre la mangue et la pomme, qu'on n'a jamais retrouvé nulle part depuis.
Chez Ann, avec Emma, c'est trop sympa, la 1ère fois où les portes des chambres et dorms restent ouvertes 24h/24. Le soir, un dernier e-baroud d'honneur au internet café, qui m'offre un mug en tant que meilleur client de la semaine.
|
Publié à 11:10, le 8/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Je me consacre à mes fans : 4 heures au internet café sur le blog, j'ai juste 53 jours de retard. J'y rencontre David, le routard Québécois-guide-rafting-l'été-guide-chiens-de-traîneaux-l'hiver. Les 3 Finlandaises ont mis les voiles aujourd'hui pour les plages du Moz. On avait parlé de voyager ensemble, mais "avec ma gueule de métèque", je devais pas être assez l'archétype du French Lover..
C'est donc David qui devient mon nouveau compagnon de route virtuel jusque Vilanculo, qui n'est pas un gros mot, mais une petite ville touristique sur la côte mozambicaine, à plus d'une journée de voyage. Le temps d'obtenir nos visas respectifs, nous partirons après-demain.
Le soir, David me dévoile les préceptes bouddhistes qu'il a fait siens : "faire d'une contrainte une ressource", "apprendre à perdre sa propre importance"...Du coup, j'ai l'air moins surpris quand il m'explique sa relation de "collègue" avec ses chiens de traîneaux, dont Olivier, son meilleur ami chien, qui, bien sûr, aboie ses paroles.
Eh David, c't'une joke ! ( pas évident l'accent, à l'écrit )
|
Publié à 10:53, le 8/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
J'en suspectais au moins 5, alors 4 heures pour rallier Mutare, bonne surprise. La 4ème ville du pays, c'est toujours une grosse artère commerçante, et des townships autour.
Sur conseil de Rob, je debarque au "Ann Bruce" tenu par Ann Bruce, Zim blanche quinqua super sympa. Emma, la gouvernante de cette maison, est une maman pour les rares routards de passage, en l'occurence 3 Finlandaises et moi ! Pour détourner l'attention, je passe la soirée au internet café après 18 jours déconnectés. Avant ça, le Consultat du Mozambique pour y abandonner mon passeport contre une promesse de laisser-passer : mon nom sur un visa pour le Mozambique.
|
Publié à 10:37, le 8/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Le Chimanimani National Park, c'est décidément pas donné. En tout cas, pas à moi. Luke se démène pour m'aider, porte à porte, de pote en pote. Et la même réponse à chaque fois : "no diesel". 3 voitures, qui ne s'arrêtent pas, passent en 2 heures au "carrefour strategique - tu parles", alors vers 10h30, j'abandonne encore une fois. Bloqué pour 19 putain de kms ! A pied, 8 heures de marche a/r sans compter le Park lui-même, ça fait réfléchir. Alors, après Pork Pie, la montagne à l'ouest du village, je pars me calmer et crapahuter dans les green moutains, à l'est.
Je me souviens des pentes bien raides, des paysages d'alpages tropicaux, d'un autre serpent au bout de ma chaussure. Je tombe dans le piège qui n'est pas pour moi : un lacet, simple fil de fer avec noeud coulant : le genre de snare que Jane débusque à Hwange. Après une brève hésitation d'ordre éthique, je vire le piège. 2 heures plus tard, j'en trouve un autre, et ce qui est moins sympa, c'est qu'il enserre une petite antilope duicker morte, étranglée, forcement. Incroyable de tomber, dans cette zone pas evidente d'accès ( j'étais un peu perdu pour tout dire ) sur une bête braconnée. Même Luke n'en est pas revenu et me dit "Then you had a very good walk". Ah bon...
C'est le même Luke qui me permettra enfin de changer 50 US$ à un taux record du monde, en échange d'une satza with chicken dans la rue.
Après une dernière recherche nocturne et pathétique de transport au Park pour demain, je décide d'arrêter les frais. J'ai eu ma dose de belles randonnées en 2 jours, il est temps maintenant d'aller voir ailleurs ce qui se passe. Demain, je quitte le far west, direction la ville de Mutare, 170 kms toujours plein nord.
|
Publié à 10:48, le 7/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
3 fois aujourd'hui, mon Boldness, plein de bonnes (?) intentions et excuses, va jouer l'anguille, m'obligeant à m'adapter. A 9h30, n'ayant toujours pas trouvé de lift pour le Park, sans parler du retour, j'ai soudain la bonne idée d'inverser mon plan d'enfer : je repousse le problème transport à demain et pars à pied dans l'autre direction pour les Brida Veil Falls, à 6 kms. Depuis le Lonely 98, c'est devenu un National Park aussi, à 10 US$ pour le pigeon occidental, et à 0,25 US$ pour le citoyen du coin. J'essaie de faire partager ma révolte à la jeune Scout qui donne les tickets d'entrée, en vain. Une vaste piste de montagne, donc sinueuse et grimpante, la forêt partout à l'horizon.
J'arrive en conquérant sur le site des chutes, joli comme on peut l'espérer. j'y passe 3 heures au bord de l'eau qui tombe, et pas un camescope ou un bob à l'horizon.
Le retour se fera par un "raccourci" plutôt risqué, un senticule à travers une forêt méditerranéenne m'amenant au sommet du mont Pork Pie. Un bushbuck et moi nous effrayons mutuellement. Et la vue sur les montagnes d'Afrique australe, j'exagère a peine...
Pour fêter cette belle journée, j'achète des steaks, Luke prépare la satza, et c'est braai pour 2 le soir, dans le vaste jardin du lodge, avec encore la vue à couper le souffle, sûrement pas l'appétit.
Luke, chaînon manquant entre les Shonas et les Rastas, est mon nouvel ami d'un soir.
|
Publié à 10:25, le 7/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Est-ce que le Chimani...Chimanimani National Park, mon cher Guy Lux, est-il plus facile à atteindre qu'à prononcer ? Eh bien non. Pourtant, 60 kms à parcourir vers le nord, quittant le Lowveld pour les Eastern Highlands, j'étais confiant d'avoir tout le temps aujourd'hui pour une 1ère petite ballade dans le Chimanimani NP, peuplé de montagnes sacrées, toujours à la frontière Moz . Eh bien non non.
J'arrive à 15h30, après 7 heures de poireautage intense à des carrefours improbables et perdus dans les montagnes, ponctuées d'un soupcon de minibus + camion-benne + gros bus totalement pourri à 20 km/h.
A pied, j'aurais mis 12 heures, donc ça reste rentable. Encore plus peut-être si j'avais conclu avec un type me mettant dans la main 3 diamants bruts contre 20 US$, et qui valent peut-être 20 US$ ou 0 ou 500, qu'est-ce que j'en sais ? A l'arrêt suivant, c'est de l'or qu'on me propose ! Je crois que je suis sur un filon... et effectivement, les mines d'or et de diamant récemment découvertes ne sont pas loin, et dans le coin, c'est la ruée. Déjà que ces forêts de sapins accrochées aux montagnes -sylviculture moderne- et cet air frais m'avaient téléporté au Canada, la ruée vers l'or, ça achève le tableau.
Et Chimanimani, le village, pas le Park qui lui est encore à 20 kms de piste + loin, chouette, a la tête de la ville d'orpailleurs. Une rue centrale de 500 mètres non goudronnée flanquée de bars et d'épiceries. Au bout d'une heure, je trouve un petit lodge pas terrible mais décidément de moins en moins cher : 5000 Zim$. Malgré ça, il ne me reste presque plus de sous, changer des US$ devient urgent. Et dans cette petite ville far west ( east, en l'occurence ), je me laisse pour la 1ère fois compter dollar par un type dans la rue. On marche un peu, et passe un de ses copains, une vieille guitare folk en bandoulière. Séquence émotion, il me la prête pour 2 minutes de plaisir. Si un objet me manque ici, c'est bien ma guitare !
Mon type donc, qui s'appelle Boldness, me propose aussi un car lift pour le Park demain matin, et aussi une demoiselle pour ce soir. Plus tard, en vadrouillant, je tombe sur le Heaven's Lodge, tenu par Allan, le Blanc, secondé par Luke, le Noir. Trop tard pour ce soir mais demain matin, j'y transvase mes sacs : c'est tellement la misère touristique qu'Allan me fait la hutte a 3000 Zim$...
|
Publié à 09:50, le 7/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Arrivé à 9h au carrefour stratégique repéré la veille, il me faut 20 minutes avant qu'un militaire m'embarque -hamycalement car j'ai encore rien fait- à l'arrière de son pick-up, avec 10 autres personnes dont 3 policiers. Aujourd'hui c'est tentative d'excursion a/r en stop pour le Mount Selinda" et la Chirinda Forest Reserve qui couvre ses pentes, à 30 kms de Chipinge.
A mi-route, on change un pneu mais pas trop, et voilà, je suis aux portes -en bois- de cette forêt incroyable, la forêt tropicale africaine la plus méridionale, et vice versa. Toujours le même constat, mais ça change tellement tout : il n'y a personne. 2 heures d'arpentage à la sueur de mon front dans la jungle. Il y avait des cercopithèques -endémiques-, des reptiles, des volatiles et moi.
Nous sommes vendredi, il est 11h15, voyons... en France, je serais sûrement en train de pondre un tableau excel ou d'essayer de déchiffrer un mail de mon chef. Mais non, je suis juste le seul humain dans une forêt tropicale à la frontière Zimbabwe-Mozambique, incapable de distinguer, parmi nombre cris étranges, les oiseaux des singes.
Ensuite, je pars me perdre, complètement, dans la campagne environnante. Cases disséminées, champs de thé, de canne à sucre : panorama. Je demande 10 fois mon chemin à des enfants, adultes, vieillards, tous ravis de m'aider, ou tout du moins d'essayer. Il est 15h, j'en ai plein les pattes, et croise un pick-up ( je sais, il n'y a que des pick-ups dans ce pays ) déjà plein. Je serai le 15ème à monter, convivial. Le chauffeur s'arrête peu après, en rase campagne, pour venir me demander de monter à l'avant, car je suis un "visiteur, qui mérite donc d'être bien accueilli". De retour à Chipinge, peinard au guest house, car demain c'est parti pour Chimanimani Town, et surtout le Park du même nom.
|
Publié à 09:17, le 7/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Lever à 4h45 pour au final attendre 3 heures et demie que le bus arrive puis parte du terrain vague servant de terminal. Le voyage est ponctué. Une centaine d'arrêts en 200 kms. 5 heures en tout. Il faut savoir aussi qu'ici, chaque piéton au bord de la route est en lui-même un arrêt de bus. Ça c'est de la démocratie. A l'arrêt de Tanganda, un vendeur ambulant monte dans le bus et me met sous le nez un vieux plat remplis d'oisillons frits, ce qui a l'avantage de me faire oublier provisoirement la faim.
J'arrive sous une grosse pluie dans la paisible petite bourgade de Chipinge. C'est Callaghan, le guichetier du terrain vaguement terminal, qui va me faire l'article du coin et surtout du Tosevel guest house à 5 US$ la nuit : il est 15h, je suis content de poser mon bordel et de prendre une douche.
Puis je m'offre une satza with stew dans une gargotte tenue par 2 mamas qui me prennent pour un membre d'une commission parlementaire, avant de passer devant un bâtiment s'annonçant comme bureau de "Action Contre la Faim". Et là, je repense fortement à ma pangoline collègue Anne, qui m'avait laissé l'e-mail de son beau-frère Pierre, en mission pour ACF au Zimbabwe. C'est Solal, le Français chargé de la mission ACF dans le district de Chipinge, qui me reçoit. Et qui connait très bien Pierre, qui lui officie du côté de Masvingo. Quand même, le hasard, merde. Du coup, Solal, la trentaine, m'invite à prendre une bière sur la terrasse de sa maison louée par ACF. Ça va pour lui. (Trop) grande maison, (très) grand jardin où il récolte bananes, avocats et mangues, engraisse un cochon pour Noël, le tout avec vue grandiose sur la vallée.
C'est la soirée "rencontre entre ONGs" et Solal, ex-Parigot reconverti, est très cool. Tout ça pour dire que j'ai emmené 2 bouquins en tout avec moi : "le Petit Prince" que m'avait offert la sus-citée Anne avant mon départ, et "Solal" de Albert Cohen.
Quand même, le hasard, merde.
|
Publié à 08:47, le 7/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Sur la route du retour à Senuko, Rob fait un détour pour me larguer à Chiredzi et son bus depot. Lui et sa femme sont aux petits soins avec moi, adorables, et m'ont même préparé un lunch bag pour manger à l'arrière du pick-up avec Socks.
Et avant Chiredzi, font un autre détour dans le détour, de 60 kms de piste pour, selon un de mes voeux pieux formulés la veille, m'emmener aux Headquarters du Responsable du Gonarezhou NP, dans le Park, pour une heure d'échange avec lui sur les thèmes volontaires-moyens-besoins.
Là encore un chantier énorme, tout est à mettre en place. 40 Rangers anti-braconnnage sous-équipés patrouillent 5000 km² de bush avec un seul véhicule. Dérisoire. Depuis hier et plus encore aujourd'hui, je cogite ce que je peux pour assembler un puzzle volontariat avec les pièces que je trouve, mais rien ne vient aussi parfait que ce qui se fait à Hwange, qui reste la reference.
J'ai encore 2 drapeaux à planter dans 2 Parcs Nationaux, au Mozambique et en Zambie. On verra.
Largué à Chiredzi vers 14h, je me trouve une petite pension hyper-excentrée, si on admet qu'il y a un centre, et renoue direct avec l'Afrique côté court, apres l'Afrique côté jardin. C'est ça qui est bien dans ce voyage : j'alterne les lodges de luxe et les hôtels borgnes, et en gros, les Blancs et les Noirs !
Il faut s'imaginer un Blanc, sac-à-dos-sous-cagnard, traverser des townships très défraîchis, immaculément noirs de monde qui vous dévisage, vous siffle, et souvent vous demande simplement "hello, how are you ?", avec un grand sourire. Et les enfants, surexcités et timides à la fois. J'ai l'impression d'être tout nu, déshabillé par tous ces regards.
Départ demain matin pour Chipinge, 200 kms au nord en longeant la frontière avec le Mozambique.
|
Publié à 08:18, le 7/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Samuel, un des sympathiques guides du lodge, m'emmène ce matin à Mahenye, le village voisin. 4 heures de tournée des grands ducs, dans les 3 seuls bâtiments en dur, et délabrés, de la communauté : le Directeur de l'école primaire, celui de l'école secondaire, et le Responsable local de "CAMPFIRE", un programme panafricain de développement durable visant en gros à ménager l'exploitation par les populations de leurs ressources naturelles, plantes et animaux.
Ici, tout le monde est pauvre et les moyens sont dérisoires. Je me prends très ( trop ? ) au sérieux dans mon rôle d'ambassadeur pour volontaires, et vas-y prise de notes et brainstorming avec les grands ducs dans une piéce de 3m², le siege de "CAMPFIRE", même si je sais que je ne suis pas là pour trouver une mission "développement", ce vers quoi on veut m'emmener, mais une mission "conservation".
Et ces gens m'expliquent leurs problèmes, leurs besoins, basiques. Et je deviens vite pourvoyeur potentiel de maçon, prof de maths, apiculteur et entraîneur de foot. Alors je suis obligé de calmer les ardeurs : non, il n'y aura pas d'apiculteur francais à Mahenye dans 15 jours, ni peut-être jamais. Ce costard-là est un peu grand pour moi.
L'après-midi, une famille de touristes providentielle débarque au Chilo lodge, et je m'incruste dans le game drive qu'ils ont payé. On traverse complètement la Save river à moitié à sec, et je plante mon 1er drapeau depuis Hwange : je suis dans Gona Re Zhou, "the place of many elephants", en shona dans le Lonely. 2h30 dans un monde imaginaire, peuplé de baobabs de 10 mètres de diamètre, juste avant un orage colossal.
Le groupe de touristes, c'étaient des Français, les 1ers depuis longtemps, mais tellement beaufs, que rien. Ils étaient venus en Mercedes "Corps Diplomatique".
|
Publié à 06:00, le 7/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Réveil au paradis, mais à 4h15 quand même.
Le temps d'une longue pause à Chiredzi, et je pars pour 2 heures de piste à l'arrière du pick-up de Rob, avec Socks le gentil chien, et Tape-cul, qu'on a pris en route.
Arrivée vers midi au Chilo Gorge safari lodge, l'autre propriété de Clive. Que dire, sinon que le délire "Tintin au Congo" continue. Pour moi ce sera un bungalow sur la rive gauche de la Save river.
En face, rive droite, Gonarezhou National Park s'étend à perte de vue. Les montagnes, à l'est, c'est le Mozambique. 16 top-bungalows sensés accueillir 32 bourgeois, et moi, et moi, et que moi en fait. Rob me confie pour l'après-midi à Japhet, l'intendant général, pour discuter programmes volontaires et visiter une île sur la rivière où de rustiques et jolies maisons leur seraient attribuées.
Traversée de la rivière en 4x4 puis coucher de soleil sur les gorges, un peu plus loin, impressionnant.
J'explique à Rob le mot "canyoning", vu le spot que ça pourrait être ici ( quand il y a de l'eau ). En échange, il se révèle causant et me tuyaute sur le Mozambique. Mon plan de vol est flou, donc il change et c'est bien. Rob fait aussi de moi un expert en économie financière du Zimbabwe et sa devise " tant que t'es pas pris, vas-y ".
|
Publié à 04:30, le 7/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Ce matin, ce sont 4 kliepspringers perchés sur le kopje ( dites "kopi" ) d'à côté, colline de rochers granitiques, qui viennent me saluer les premiers.
Je demande pour mon ptidéj un café et une orange au lounge du lodge, histoire de jouer profil bas, le cuistot me répond par une assiette oeufs brouillés-lard-saucisse-beignets etc...
C'est avec Thomas ensuite, un des guides safari ( un Black, ouf ! ) que la discussion partira sur les quotas de chasse dans la Save Conservancy Area ( SCA ). Car on y chasse, presque tout sauf le rhino. Car toujours le même paradoxe qui revient : c'est parce qu'il y a des chasseurs qu'il y a encore des animaux ici.
C'est en 2000 que s'est faite la bascule, quand les fermiers blancs ont commencé à être expropriés du jour au lendemain. Avant ça, Senuko lodge n'accueillait que des touristes normaux. Ça fait 6 ans que ces touristes ont déserté le Zimbabwe, devenu trop "dangereux". Seuls les courageux chasseurs -à l'abri derrière leurs fusils- reviennent, ces Américains prêts à payer des milliers de dollars pour remporter chez eux un trophée de buffle ou de léopard. Alors depuis 6 ans, Senuko et ses rhinos, reconverti en hunters lodge à mi-temps, survivent comme ça.
Pas de Clive ni Lynn aujourd'hui, C'est Rob avec femme et enfant qui viennent déjeuner avec moi. Et à 16h, j'aurai de nouveau droit a mon game drive avec Thomas au volant. Très agréable, mais toujours pas de black rhino pour moi ! Des elands, quand même.
Avec sa vingtaine de propriétaires-actionnnaires dont Clive, et ses 3400 km², la SCA est tout simplement la plus grande réserve privée d'Afrique, et son concept est porteur et reconnu.
Le soir je m'installe avec mes jumelles pour attendre le léopard, que j'attends toujours bien sûr. Par contre, j'attendais moins la hyène brune qui est venue. Discrète comme le léopard, mais 100 fois moins répandue, théoriquement on n'en voit jamais. Hé hé...
Clive est du genre à ne parler ou sourire que quand c'est nécessaire. Rob, qui travaille pour lui, est un peu comme ça aussi. Mais si j'ai bien compris, mes précaires aventures de luxe ne s'arrêtent pas là ; demain matin, Rob m'emmène dans un autre endroit, à 80 kms de Senuko, en bordure du Gonarezhou NP : la prospection pour ONG, c'est l'avenir.
|
Publié à 04:07, le 7/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Je découvre au petit matin l'ampleur de la vue décoiffante depuis ma terrasse, sur les plaines du Lowveld zimbabwéen. Je suis tombé sur du très haut de gamme, c'est clair. C'en est presque gênant. Et ce café dégusté sur "ma" terrasse en bois, en compagnie de babouins, impalas, gnous, koudous et phacos venus se désalterer, est à la limite du fantasme.
Sans jamais perdre de vue la vue qui va bien, je rencontre Rob pour 2 heures de discussion détaillée sur un éventuel partenariat autour d'un rhino project et/ou wild dog project déjà en place, mais sans volontaires. Puis déjeuner avec Clide et ses 2 amis de la veille dont un, le "serial darteur" que nous irons ensuite voir décoller dans son hélico privé planqué en pleine brousse.
Puis sieste méritée dans ma paillotte 5 etoiles. Puis game drive dans la savane pour le coucher du soleil, organisé pour moi je crois. Comme au bon vieux temps du mois dernier à Hwange.

Aujourd'hui c'est à l'apéro, donc moins gênant, qu'un autre léopard (certifié conforme) est venu boire sous nos yeux. J'ai pu ensuite apprécier le mariage de l'émincé de koudou avec cet excellent vin français sous un ciel un peu + que 5 étoiles.

|
Publié à 03:33, le 7/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Mon Jap', ce Hiro, ( c'est comme ça que son nom commence en tout cas et ça suffira ) et moi nous quittons sur un autre méga ptidéj, lui prenant un bus pour Harare ( eh oui, Hiro ira a Harare ... ), et moi vous savez. Hiro, malgré lui, est un vrai routard. A Osaka, il est avocat-notaire et pire encore, et s'offre un quasi-tour du monde de 6 mois, seul, tous les 3 ans. Et super-gentil, façon japonais. Ce matin au réveil, je le trouve assis sur son lit, meme position qu'hier soir, face à sa caméra DV et son laptop : il a passé la nuit à graver ses films sur dvd. A la japonaise je vous dis. Quant à Onward, je ne dois pas oublier à mon retour en France de lui envoyer la photo-souvenir, mais surtout l'appareil qui l'a prise, ainsi qu'1 ou 2 lecteurs mp3, des vêtements, et des euros "car il n'en a jamais vu"...
J'attrape un bus pour 3h30 d'immense confort : j'ai 2 sièges pour moi. 5 jours après, je repasse tout près de Great Zimbabwe.
Chiredzi, c'est des champs de canne à sucre et à perte de vue, et quelques commerces ( engrais, pesticides et pièces de rechange pour tracteur ) au milieu. Le rendez-vous avec Clive est au Nespitt Arms Hotel, le seul du coin et pas le plus moche. Désert, bien sûr. J'ai le jardin, magnifique, et la piscine pour moi tout seul, en attendant Clive. J'avais d'abord pensé "blog" ou "mail", mais non : pas d'internet à Chiredzi. Hier à Masvingo, j'ai pu lire mes mails mais "répondre" ou "écrire", impossible. 40 jours de blog de retard, je crois que je le finirai à mon retour.
Je rappelle de la réception -je fais bien- et Clive Stokil, c'est-à-dire Harvey Keytel sans cheveux mais barbu, vient me chercher vers 18h à bord d'un 4x4 rutilant, accompagnée de son épouse, Lynn. Toujours des Zims blancs, bien sûr. Alors que la nuit tombe, en route pour 70 kms dont les 20 derniers de piste, dans la Save Conservancy Area, 3400 km² de réserve privée, en bordure du Gonarezhou NP. Dans le bus du matin, j'avais trouvé Clive et son safari lodge de luxe à 300 US$ la nuit, dans mon vieux Lonely ! Je m'inquiète d'un éventuel malentendu sur le logement, mais de toute façon, c'est un peu trop tard.
Et ça se confirme, Clide possède 8 bungalows somptueux ( lit à baldaquin etc...) de 4 personnes, surplombant un point d'eau, en pleine savane. Une nuit ici, c'est un mois de mon budget logement. Lynn m'emmène à "mon" bungalow. Là encore, "soyons désinvoltes..". Antelope Park, c'est le Formule1, à côté. Et ça semble bien gratuit pour moi ce soir, enfin j'espère ! Je suis au Senuko safari lodge, et les 7 autres bungalows sont -devinez- vides. Vers 21h, repas sur une immense terrasse, serveurs servant steaks d'impala et vin rouge français. 2 amis de Clive bossant aussi dans la conservation sont là, dont un qui vient de "darter" une cinquantaine de rhinos en 2 ans pour les décorner ou les translocaliser. C'est le retour des grandes questions environnementhealeau-existentielles, de la gestion privée de cette conservancy area, et meme d'A.Connolly, que tout le monde à table connaît et qui ne fait pas l'unanimité.
Excepté l'interruption causée par un léopard venu s'abreuver au point d'eau à quelques mètres en contrebas, le dîner s'est bien passé. J'hallucine. Et là je me verrais bien Keanu Reeves dans "Dracula" quand ce dernier l' "invite" à rester 1 mois dans son château.
|
Publié à 02:50, le 7/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Après un gros ptidéj en ville avec mon Jap, j'entame, en touristant vaguement, une tournée pathétique des internet cafés et des phone shops, de connexion lente en inexistante. Sinon, Masvingo est super agréable, une fois que tu sais où dormir. Et donc j'y reste jusque demain, pour maintenant, à quoi bon aller à Chiredzi me taper la recherche casse-couille d'une autre piaule affordable ?
Sans blague, c'est comme dans les films. J'ai dû essayer de joindre Clive Stokil au téléphone 70 fois en 4 jours dont 30 aujourd'hui. Il décroche à la 30ème qui était de toute façon la dernière, à la fermeture du phone shop. Je prendrai bien un bus demain matin pour Chiredzi, sans pression.
En revanche, il y aura quelques bières le soir avec mon Jap-au-nom-imbitable, Onward et notre lodger pour la photo-souvenir "United Colors of Benetton". Onward est né un 7 novembre, le Jap' a 35 ans, nous 3 devions nous rencontrer...
|
Publié à 02:36, le 7/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Comme prévu, ça s'est un peu compliqué aujourd'hui. Je ne parle même pas de l'épopée en bus encore une fois.Ce qui est bien ici, c'est que les bus ne partent jamais en retard car l'heure est toujours respectée : c'est l'instant où le bus est plein à craquer. De gens, de sacs, de poules. A moins qu'un chauffeur de bus désoeuvré ne dénonce a la police son confrère surbooké, dans lequel j'avais justement pris place, pour défaut de licence de transport. Dans ce cas, il faut descendre et attendre 2 heures qu'un autre bus se remplisse...
De Gweru à Cheridzi, dernière bourgade avant Gonarezhou NP, 365 kms Sud-est sans ligne directe. Je m'arrête donc à Masvingo, après 2h30 de route. Il est déjà 16h, l'heure de commencer à chercher un couchage. Et là, ça coince. Que des tarifs "touristes" à 50 US$ quand je mise sur maxi 10. Long moment de solitude et la nuit va tomber. Jusqu'à ce mini lodge tenu par un vieux Zim black, où je croise un routard japonais avec qui, pour 4 US$ chacun, nous allons partager une chambre correcte. Et ensemble, la 1ère "virée" en ville de mon séjour, avec 2 Blacks pour nous guider de bar en boîte. Mon Jap' est sur le point de changer des dollars marché noir dans la rue, à côté d'une voiture de flic, je lui suggère de réfléchir un peu..
Onward, un des 2 Blacks, me présente sa cousine, mignonne et prostipute. "Soyons désinvoltes, n'ayons l'air de rien"... Mon vrai problème, c'est que je n'ai toujours pas réussi à joindre Clive, mon rencard, aujourd'hui. P... de réseau téléphonique. Je fais quoi demain ?
|
Publié à 02:15, le 7/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Je ne danserai sûrement jamais avec des loups mais aujourd'hui, j'ai marché avec des lions, 3 gros. Pas mal comme cadeau d'anniversaire, merci.

Quand un fauve comme ça te regarde, te court dessus et te bouscule, le guide a beau te dire "c'est pour rire" et engueuler le lion, tu ris pas tout de suite. Trop fort comme moment.
Le reste de la journée, forcément, par un même temps d'hiver détestable, est un ton en-dessous. Mais donner d'énormes morceaux de barbaque fraîche à plein de lions, faire un game drive plein d'antilopes, dont des inédites, ponctué par un superbe enlisement du mini-camion qui nécessitera un tracteur, c'est quand même pas mal.

En plus, je pourrais être un parfait escroc : je n'ai rien prouvé de mon "accréditation Planète Urgence" ni à Andrew Connolly à Harare, ni à Dave, le responsable ici. Voici donc un bon plan pour ceux que ça peut intéresser : entre les overlanders et Antelope Park, ça fait 4 jours que je me fais transporter, sustenter et divertir gratos. C'est demain que ça va se corser : impossible de joindre par téléphone Clive Stokil, contacté depuis Harare pour le rencontrer, quelque part autour du Gonarezhou National Park. Mais c'est malgré tout pour aller là-bas que Nikie me déposera à la bus station de Gweru, d'où ne partent a priori pas de bus pour Gonarezhou, youpi...
|
Publié à 01:02, le 7/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Une drache monumentale toute la nuit. Le main camp est inondé. Les overlanders, sous tente, n'en parlons pas, les pauvres. Moi ça va ! Cependant, je reste de glace mais dubitatif face à la météo. De 35° en permanence depuis 6 semaines, on passe à 15°, ciel gris noir, brouillard et vent, et ça durera toute la journée. La Toussaint au Zimbabwe, c'est comme à Lille.
Nikie -c'est une fille- m'emmène au breeding center, à 2 kms du main camp. Dans 15 enclos, une soixantaine de lions âgés de 2 mois à 5 ans. Au programme des volontaires ce matin, fabrique de clôture à lions et nettoyage des enclos. Tellement ça caille à rester là comme ça, je passe presque avec plaisir de reporter photo à ramasseur de carcasses bovines délaissées et faisandées, histoire de s'activer. J'ai polaire comme ça, et c'est le minimum.
Quand même, je réalise : les volontaires ici ont payé cher pour nettoyer des auges, ramasser des merdes de lions et des restes de vaches, et moi c'est : plus de confort, pas de corvée et sans débourser un dollar.
L'après-midi, marche dans le bush avec 2 des overlanders, 2 guides, 2 volontaires et surtout 2 lions, des cubs de 6 mois, rigolo. D'ailleurs, c'est ça le coeur de cible : marcher avec, observer et noter les comportements des jeunes lions âgés de 3 à 18 mois, au cours de walks dans le parc, ou les plus instinctifs parviendront à choper un impala ou un steenbok, et seront alors bien placés sur la liste des transférables vers des zones inhumanisées et closes, pour que leurs futurs rejetons soient, eux, un jour, relâchés dans des parcs ou réserves.
Un lion de 18 mois, c'est déjà 110 kgs de muscles, alors bonjour les consignes de sécurité avant la marche : pas de sac à dos, pas s'agenouiller, pas tourner le dos, etc...
Le big lion walk, c'est demain matin 6h30.
|
Publié à 12:59, le 6/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Dure et courte la nuit, sans matelas et avec la pluie non stop. Babouins et vervets sont partout autour pour m’accueillir mais quand même. 4 heures de truck plus tard, je constate ma gourde mal fermée dans mon sac, avec l’appareil photo au fond. Au fond, après séchage par une “porte-fenêtre”, il m’apparaît plus résistant que prévu. Passé Gweru, après 12 derniers kms de piste, c’est l’arrivée au lodge d’Antelope park. Je me désolidarise de mes overlanders, forcément vu le but de ma présence, et c’est, malgré 24 heures de retard sans prévenir, l’accueil royal. Tout est complet, camping inclus, mais on me file quand meme pour moi tout seul un cottage pour 3 personnes.
Dave, l'Anglais responsable du Programme Volontaires sur place, puis Ben et Nikie, ses acolytes, se succèdent pour m’expliquer comment ça marche le volontariat à Antelope Park . Puis je rencontre la quinzaine de volontaires, tous Anglais et Américains, avant d'entrer dans le vif du sujet : 2 heures après mon arrivée, me voilà dans un enclos en train de me faire mordiller par 3 lionceaux de 3 mois, juste avant de leur donner le biberon. Je ne peux pas dire que ce soit très emballant, contrairement à ce que montrent les volontaires qui prennent leur rôle de nounou très au serieux. Il faut dire que sur les 15, il y a 13 nanas...
C'est un peu ce que je craignais de voir : des gros chatons à sa mémére. Mais bon, il y a sûrement un a priori qui joue, attendons la suite. L'a priori vient aussi de cette combinaison permanente volontaires + touristes à Antelope Park, touristes qui viennent et paient pour voir le nourrissage des lions, marcher avec eux et faire des photos. D'un autre côté, il faut sûrement beaucoup de sous pour un tel programme de réintroduction.
Malgré ma formule all inclusive gratuite, je zappe le resto et passe la soirée au bord de la rivière avec les overlanders, qui sont là pour 2 jours.
|
Publié à 12:51, le 6/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Cette fois, dans le bus, c'est bien routard. 16, avec moi 17, plutôt djeuns. Ça picole, ça déconne, ça vit à moitié à poil, c'est cool.
Chris, le conducteur-guide australien, me prêtera même tente et sac de couchage. Oui parce que tout ça, et plus encore, j'avais, mais j'ai plus. Tout donné à Brent.
4 heures 30 de bus super décontracté, et surprise, nous ne sommes que 6 sur 17 à vouloir, moyennant 18 US$, visiter Great Zimbabwe, qui a donc donné son nom actuel à l'ancienne Rhodésie du Sud. Great Zimbabwe, c'était la plus impressionnante, voire la seule ville médiévale subsaharienne. C'est pas rien. Nous sommes les seuls visiteurs encore dans ces ruines perdues au milieu de la savane alors que le soleil part lentement se coucher. Ambiance, couleurs, senteurs, tout ça.
Au retour au campement, un braai ( barbecue ) de poulet nous attend. Ma tente sent le buffle mais je ne dirai rien à mon oncle.
|
Publié à 04:19, le 5/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Et la sculpture, j'y plonge les 2 pieds en avant. Car Sarah, après une dure lutte nous opposant au réseau cellulaire, parviendra à me dire qu'un camion d' African Impact peut m'emmener à Antelope Park, demain à 6h du mat'. De se faire emmener à la gare des bus de Harare par Barnie, le plan ce matin devient en 5 minutes : passer la journée au Arts Center de Chitungwiza, grosse bourgade à 20 kms de Harare, avec Tim et Emma qui ramasseront en route une dizaine de petits écoliers, avec moi à l'arrière de leur pick-up.
Mes 2 anglais viennent donc au Zimbabwe pour pêcher de bonnes affaires, mais aussi des poissons dans le Zambèze, à Chirundu, au nord. Et quand ils arrivent dans cet espace en plein air et plein cagnard où une trentaine d'artistes sculptent la vertine, la serpentine ou la springstone, c'est en terrain conquis et avec 2 énormes poissons-tigre pêchés 3 jours plus tôt.
Et ça finira vers 16h par une bouffe on-ne-peut-plus africaine à 20, sous une grande paillotte. Emma me corrige le tir quand je m'empare d'une poignée de satza with fish de ma main gauche de gaucher. Pas la main gauche en Afrique, jamais. Lamentable erreur digne d'un débutant.
Tim et Emma m'apparaissent au fur et à mesure sous leur vrai jour : des gens agissant concrètement pour le developpement, sous la forme du commerce équitable. Ils ont eux-même financé l'essentiel du Arts Center, achètent les oeuvres au prix fort ( devant moi, des millions de Zim$ s'échangent ! ), et ne font pas la culbute comme je le pensais. Une journée très bien avec des gens idem.
Le retour au lodge pour une -cette fois- dernière nuit me fera rencontrer mes nouveaux compagnons de route. Une vingtaine d' overlanders australiens, néo-zélandais et anglais viennent d'arriver dans leur bus sillonnant l'Afrique de Nairobi à Cape Town pendant 10 semaines. Ils vont demain à Great Zimbabwe, près de Masvingo, 300 kms plein sud. Et après-demain, ils vont voir les lions...à Antelope Park. Je repousse donc encore d'un jour mon arrivée tant attendue à Lion land car une incruste comme ça, ça ne se refuse pas.
|
Publié à 03:29, le 5/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Barnie-la-fripouille est en rtt aujourd'hui. Marylin me dépose à son office et pour rejoindre le centre-ville, je tâte du commuter omnibus, fourgonnette 15 places, LE transport en commun intra et inter-urbain du Zimbabwe. 15 places, c'est pour rire, je suis le 20ème à monter. Et quand le type assis au fond veut descendre, c'est tout le bus qui doit descendre aussi, excellent !
Downtown aujourd'hui, des centaines de personnes, collées les unes aux autres, forment une file d'attente géante sur 2 avenues. Et la police toujours aussi prévenante. Car aujourd'hui, le Zim Telecom met en vente des lignes télephoniques pour portables, ce qui semble donc rare. Alors que le réseau GSM existant est déjà over-saturé, comme j'ai pu le tester. Comme je n'ai toujours pas envie de visiter le commissariat, pas de photo non plus, dommage.
Puis je fête la sortie officielle sur les écrans du début de mon blog. Puis, sans connaître le nom de la rue, donc avec un bol monstre, je rallie en stop-payant le coin de banlieue où m'attend Marylin à 16h30 pour le retour au lodge.
C'est tôt, mais je m'adapte. Ça fait 3 jours que Marylin me parle de Marianne, voisine du lodge, c'est-à-dire à 10 kms, qu'il "faut" que je rencontre, car elle aussi donne dans l'ONG. Après 2 essais ratés, j'en demande un 3ème aujourd'hui à Marylin, et nous finissons par débusquer Marianne, ravissante métisse zimbabwo-danoise, accessoirement la fille de la Chef du protocole du Président Robert Mugabe. Echange sur le thème ONG, mais son truc à elle c'est plutôt l'aide aux communautés villageoises que la conservation. N'empêche, un contact comme ça, ça se prend.
Le retour au lodge rime avec apéro convivial sur la terrasse : Marylin, ses mari, fils et beauf, et enfin d'autres clients que moi, un couple d'Anglais : Tim et Emma, avec qui je fermerai le bar à minuit. Ils ont mon âge et sont marchands d'art : ça fait 6 ans qu'ils viennent ici 2 mois par an pour acheter des sculptures en pierre, hyper réputées paraît-il, à des artistes zim, et les revendre ensuite en Angleterre. Ils proposent même de m'emmener demain dans leurs pérégrinations artistiques. Mais je suis "attendu" à Antelope Park, vous comprenez...
On n'évite pas le débat contradictoire sur les politiques coloniales française et britannique en Afrique, ce qui ressert les liens.
Ce soir dans ma "case", pas de rainspider pour une fois, mi-scorpion, mi-araignée : un alien de 10 cm complètement répugnant, jamais vu un truc pareil.
Sinon Sarah a tenté de me joindre et du coup moi aussi, en vain. Si c'est pour annuler le "Antelope Park free ticket", je risque de me reconvertir dans la sculpture plus vite que prévu.
|
Publié à 02:39, le 5/1/2007 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Barnie-la-combine me dépose à mon rendez-vous, s'il vous plaît, en face l'ambassade du Botswana. OK, comme chaque matin, il a fallu pousser le pick up au démarrage, mais j'arrive, digne, à peine en sueur et en retard.
Andrew, la soixantaine sévèrement burinée, n'a plus qu'un bras, ayant généreusement offert l'autre à un lion, un jour. Mais toute sa tête et le sens du business. 4 implantations aujourd'hui en Afrique, 15 d'ici 5 ans. Le pitch, en très très résumé, c'est : Andrew "élève" des lions en semi-captivité, et les lionceaux de leurs lionceaux, qui devront n'avoir jamais été en contact avec l'être humain, seront relâchés dans de vrais Parcs ou Réserves. Pourquoi faire ? Andrew dit aimer les lions, et il dit qu'il y en avait 250 000 en Afrique il y a 50 ans, 50 000 il y a 10 ans, 10 à 20 000 aujourd'hui et 2000 dans 10 ans. Son programme de réintroduction est hyper-controversé par plein de gens autorisés à penser que son "élevage" cache un commerce de lions quasi-apprivoisés destinés à des safaris-chasse tronqués pour riches touristes. Cane trophy ça s'appelle, et ça a l'air répugnant. Il s'en défend, le bougre. Et pour la peine prend son téléphone pour prévenir 3 personnes que je débarque dans 2 jours dans son Lion breeding center à Gweru, à 260 kms de là, pour constater par moi-même. J'hésite une bonne fraction de seconde avant d'accepter. En sachant qu'il n'y a pas de quoi s'emballer : Andrew est avant tout un businessman, il connaît Jane, le CIRAD, l'IUCN, le WWF...Le monde de la conservation au Zimbabwe est très petit. Et je réalise que j'ai devant moi l'homme qui, d'après Brent, est responsable du retrait provisoire du Lion research permit accordé à la vénérable Oxford University de Londres et permettant à Jane d'oeuvrer en toute légalité à Hwange. Malgré ça, j'ai trop envie d'aller voir ces lions, surtout si on m'invite.
Après mon rendez-vous, ma première satza, LE plat local, servi partout, tout le temps : un porridge de maïs concassé en sauce, avec 10 grammes de viande, pour dire de. Pour cette dégustation, je me retrouve seul dans l'arrière-cuisine d'un minuscule resto très local, par un africain concours de circonstances.
Et aussi ma 1ère manif', un sitting d'une centaine de personnes dans le "Central Park" de Harare, rapidement matraqués façon sauvage, et femmes incluses, par les CRS locaux, et qui s'éparpillent en hurlant tout autour de moi. Tout va bien. Au retour, avec Barnie-sans-diesel, le moment de détente quotidien : ce carrefour saturé à 2x2 voies où pendouille, des 8 feux tricolores éteints, un écriteau "feux en panne". Un bordel magnifique.
Je passe la soirée au bar du lodge avec Barnie et Ibrahim, le cuisinier qui me prépare mon assiette de saucisse-toast-baked beans chaque matin depuis 4 jours. Une part non négligeable de mes besoins quotidiens, car le soir c'est calme en général. Chacun ses problèmes existentiels, le leur, c'est de toucher 12000 Zim$, soit 10 US$, par mois. Un plat de satza, c'est déjà 1200 Zim$. Les gars sont pas franchement heureux. Et encore, ce sont pas les plus malheureux, le smic est à 5000 Zim$...
|
Publié à 04:32, le 7/12/2006 |
Commentaires (3) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Ce matin, c'est l'argent. Alors l'argent. Ça fait 5 semaines que j'ai compris, mais 10 jours que j'ai retrouvé la vraie vie des hommes et cette contrainte non programmée. Cours officiel : 1 US$ = 250 Zim$. Ce monde-là est virtuel, mais le seul légal. J'échange pour la 5ème fois depuis mon arrivée, ce matin avec Marylin, un billet de 50 US$ contre 70 000 figurines Panini locales. Soit 1 US$ = 1400 Zim$. Presque 6 fois le cours officiel. 1 US$ s'échangeait dans la rue contre 700 Zim$ il y a 1 mois. Légère dévaluation...qui ne laisse pas le choix : black market forever.
Dans les magasins, un paquet de Kellogs Corn Flakes coûte 11 000 Zim$, soit 8 US$ au black ( quand même ! ) ou 44 US$ si vous passez par la banque, idem pour les Pringles !. C'est vous qui voyez. Le mieux, c'est encore de prendre une banane et un café le matin. Le paquet de clopes a doublé la semaine dernière, sans prévenir : de 800 à 1500 Zim$, etc....
Barnie-la-malice me dépose en ville, je me fais ma 1ère cafet´ black populo : un curry de boeuf à 1500 Zim$. Calculez. A peine fini mon plat sans avoir terminé, à moins que ce soit l'inverse, un gamin prend ma barquette pour finir le riz dans la rue. OK. Je me retape une bonne marche dans Harare. A propos de marche, en cas d'agression, je sais ce qu'on me piquera en 1er : mes chaussures de rando, usées à force d'être dévisagées. Je passe 2 coups de fil pour 2 rendez-vous.
Le 2ème dans quelques jours avec ce Manager de Park privé, du côté du Gonarezhou National Park, 700 kms plein sud, Park qui, s'il ne devait y en avoir qu'un autre à visiter, serait celui-là. Ça s'appelle une fixation, car il est peut-être déjà inaccessible en voiture en ce début de saison des pluies, et de toute facon, tout le temps inaccessible en bus.
Le 1er rendez-vous, c'est Hubert qui me renvoie vers Steve qui me renvoie vers Kevin qui me renvoie vers Sarah qui me reçoit, quelque part dans ce fameux quartier des ambassades.
Sarah est la fille de son père, Responsable d'African Impact, une société d'écotourisme et de tourisme tout court qui cartonne, qui a déjà des Projects au Zim et en Zam accueillant des volontaires. Sarah semble super intéressée par ma proposition de partenariat, et moi je semble super intéressé qu'elle m'en fasse une aussi, mais non je déconne bien sûr, Sarah est juste une super mignonne Zim blanche de 28 ans, blonde aux yeux bleus, qui parle français avec l'accent qui tue, c'est tout. Au bout du compte, j'obtiens un rencart ! ...Avec Andrew, son père, demain matin... Je salive quand même, car un plan sympa pour moi a l'air de se dessiner pour les prochains jours.
|
Publié à 03:58, le 7/12/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Je suis conscient que vous n'êtes plus qu'une poignée d'irréductibles à lire la lente histoire de ma vie qui serait la vôtre à ma place. Tiens, ça veut rien dire, ça. Seulement, écrire ce journal devient avec le temps comme fumer une clope à l'arrivée sur le tarmac. Personne n'est obligé de partager ce problème personnel et de suivre cette histoire sans chute.
Sinon, je suis arrivé à l'IUCN vers 10h pour y rencontrer Irene. 2 heures de discussion à propos de partenariat/volontariat. On se rappelle. Le bureau du WWF pour l'Afrique australe, la rue d'à côté. Tant qu'à faire. J' me présente je m'appelle Hamy, et Mr Letoit, un Zim blanc à l'aieul français, me donne le numéro d'un type à appeler, qui gère une réserve et pourrait être intéressé.
Barnie-le-barman vient me chercher à 17h pétantes devant le cybercafé. Mais ensuite, trouver de l'essence, ne serait-ce que 5 litres. Une heure et 6 stations plus tard, j'ai un aperçu du problème "carburant" au Zimbabwe. Le peu qu'il y a, c'est de la contrebande du Botswana ou du Mozambique, hors de prix.
Et le pauvre Barnie qui me raconte sa femme selon qui il y avait des prostiputes dans son convoi de 15 de la veille, et que ça fait un foin d'enfer à la maison. Il restera au bar, écoutant mon mp3 sur ampli, pendant les 3 heures que je passe à papoter avec Marylin, la quinqua Zim blanche qui tient le lodge et va me mettre au parfum de pas mal de choses. Bon là, c'est trop long. Le Zim, ses Blancs, leur passé, leur présent, leur (no) futur pas brillant, tout ça. J'évoque alors le clochard blanc vu la veille dans une rue d'Harare, ce qui m'avait scotché. Autre exemple, sur les 27 lodges tenus par des Blancs il y a encore 6 ans à Harare, il n'en reste que 2, et l'autre est vide aussi. Dans la categorie "routard fauché", je suis à peu près donc le seul touriste dans la capitale du Zimbabwe.
Pour fêter ça et les moustiques dans le dorm où il n'y a ni ventilo ni moustiquaire, Barnie prend sur lui de m'offrir au même prix un chalet en bois romantique AVEC moustiquaire, ça fait du bien.
J'allais oublier l'instant norvégien de la journée : dans le quartier des ambassades, tout près de celle de Norvège donc, je prends une photo de touriste ratée, quand déboule une Mercedes noir métallisée, avec dedans 3 Noirs tout aussi métallisés, qui me parlent sérieusement d'espionnage et donc de prison. Interrogatoire dans la rue, OK, tout va bien...Serait-ce un peu con aussi de prendre des photos quand on est cerné de représentations diplomatiques ? La leçon du jour...
|
Publié à 03:18, le 7/12/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Non Stéf, tu ne rêves pas, ça fait bien 34. Joyeux anniversaire !
Barnie-les-bons-tuyaux me dépose Downtown Harare vers 10h. Et je passe une journée "un touriste dans la capitale", la 1ère du genre depuis longtemps. Je marche seul...dans les rues plutôt calmes, car le dimanche à Harare, c'est comme à Bamako, les magasins sont fermés.
Je suis étonné d'être surpris par le côté "ville américaine". Un mélange de modernité et décrépitude. Même architecture années 50, mêmes panneaux, avenues, parkings aériens. Autant de Blacks aussi, mais pas les mêmes.
Prétexte de la balade : trouver un lodge moins excentré. Et là, merci à Betina et Fatima pour le vieux Lonely Planet que vous m'avez laissé, merci pour les plans de la ville surtout, car c'est fou ce qui peut se passer en 7 ans : 3/4 des adresses hôtels ou restos n'existe plus. Donc je fais chou blanc, sauf que je tombe sur le siège de l'IUCN Afrique australe où j'ai rendez-vous demain matin et que j'imaginais à perpet' dans la banlieue. Une découverte qui fait que je m'invite à manger un poulet épicé, mais pas en même temps bien sûr.
Quartier des ambassades. Des passants, quasiment tous de bons chrétiens rentrant de la messe dominicale, qui semblent autant d'amis prenant de vos nouvelles. Cagnard s'essoufle. Aucun regret d'avoir zappé pour aujourd'hui l'internet café. Et quand je décroche le téléphone du café pour appeler Barnie qu'il vienne me récupérer, il me donne une petite tape dans le dos. Sacré Barnie. Et généreux avec ça : ce sont 15 personnes qu'il embarque dans le pick-up pour le retour. Et moi, j'ai Ruth, sa petite de 3 ans, sur les genoux.
|
Publié à 02:51, le 7/12/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Vers 10h, soit plus de 14 heures après le départ, c'est l'arrivée à Bulawayo. Un rabatteur pour taxi m'attend sur le quai et veut me faire croire que les bus pour Harare, c'est fini pour aujourd'hui.
Le temps d'être dégouté, puis de cogiter, je tente ma chance jusque la gare routière, et monte in extremis dans le dernier bus, il est 10h40. "4 heures 30 de voyage" me dit-on, 70 africains et moi, et moi...Epique. A chaque arrêt, et il y en a eu, 10 vendeurs montent dans le bus pour proposer coca, chips, montres, dentifrice etc... C´est moi la star évidemment, mais une star très accessible vu la taille des sièges et les 30 personnes debout dans le couloir. On arrivera au bout de 7 heures. Je suis un peu rincé. Mais le plus dur, car indépendant de ma volonté, reste à faire : joindre le Backpackers & Overlanders Lodge où j'ai réservé sur conseil de Lorrie ( situé à 15 kms du centre-ville, c'est malin, je savais pas ) pour qu'on vienne me chercher là où le bus m'a largué, à savoir une avenue assez glauque. J'emprunte un portable, voit la nuit tomber et sens la pression monter. Des types m'interpellent, d'autres me conseillent de ne pas rester là. C'est Barnie, du lodge, qui viendra finalement me tirer de là.
C´est encore un dortoir de 16 pour moi tout seul qui m'attend. Morne saison. Même la télé est cassée. Un seul programme : dormir !
|
Publié à 02:38, le 7/12/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
"C´était bien... chez Lorrie-eu...". A 18h, j´embrasse mes 2 amis et leur donne rendez-vous pour dans quelques semaines, et me voila parti à pied à la train station, mes 20 kgs sur le dos. Moins 2 kgs superflus dans un sac confié à George jusque mon retour, maximum 1 an et 1 jour.
Sur le quai, il fait noir de monde, un méga bordel. Je monte au hasard dans une voiture et trouve un "compartiment 1ère classe" pour 2 , soit 1m sur 2m. Mais je le sens mal. Et pour cause, quand arrive ce vieux contrôleur, ça se complique. En gros, ma résa est valable sur le train de la veille ( heureusement que je suis allé 3 fois à la gare ! ) donc c´est de ma faute j´aurais dû vérifier et je dois maintenant : virer de ce compartiment déjà réservé, aller en 2nde classe, et payer un supplément week-end ! La joie m'étreint, je sens la vague d'énervement arriver, mais finalement non, et je me recase dans une cellule 2de classe. La 2nde, c'est la 1ère, en plus usée. J'imagine alors que tous les compartiments 1ère classe finissent leur carrière en 2nde. C'est triste.
Et là, sur ma banquette exigüe, la vitre est baissée, il doit faire 35°, dehors c'est l'Afrique noire, complètement d'ailleurs, il y a le tchouc-tchouc de la machinerie diesel et la sirène comme dans les films, et moi je fume une bière avec la cendre rouge pour éclairer, car il n'y a aucune lumière dans le train ! A cet instant, je n'échangerais pour rien ma place, celle avec supplément...
Je dégaine la frontale qui devient spotlight par la fenêtre, et je croise les yeux phosphorescents des bushbabies dans la forêt. Le comble, c'est que le train fait une halte à Hwange town ; Jane et Brent ne sont pas très loin. Encore moins loin sont mes nouveaux amis : des dizaines de cafards de 2nde classe sortent de partout. C'est le moment de baptiser mon sac à viande et de dormir 2 heures.
|
Publié à 02:09, le 7/12/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Aujourd´hui, c´est Old George et son Old pick-up que j´accompagne à travers les townships de Vicfalls pour le ravitaillement du lodge. La tournée des dépôts de "gros", dans un quartier pas exactement touristique. Ça fait 2 semaines qu´on ne trouve plus de fromage. Et ce qu´on trouve coûte le double d´il y a 1 mois.

Je tente ensuite une percée internet mais capitule rapidement. Je retourne à la gare acheter mon billet pour le lendemain selon le nouveau plan de vol : train de nuit jusque Bulawayo samedi matin, puis trouver la gare routière pour monter dans le premier bus pour Harare, histoire de gagner une journée.
Le soir, un exceptionnel beef stew préparé par Lorrie. Vers 21h, c´est un George un peu titubant qui rentre de sa séance de golf à lui.
|
Publié à 01:52, le 7/12/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
De retour pour 2 jours chez Lorrie, j´accompagne celle-ci à son practice bi-hebdomadaire, sur le parcours du Elephant Hill Golf Course, à 5 kms du centre-ville. Je joue les caddies du parking au 1er trou, puis abandonne Lorrie à ses clubs et partenaires pour m´offrir une balade sur le green immense planté d´arbres, au milieu des phacos, impalas et waterbucks.
La ville de Victoria Falls et les berges du Zambèze environnantes forment un Parc National à part entière, sans barrières, où les animaux circulent librement, en ville pour certains ( babouins, phacos, éléphants ! ). Des lions venaient encore s'entraîner sur le golf il y a quelques années.
Pas de lion pour moi, mais un serpent posté sur un tronc d´arbre sur lequel j´allais m´asseoir. C´était chaud...
Vers 15h, Cagnard et moi entamons la route du retour à pied vers la ville. Je tends un pouce à tout hasard, et 30 secondes plus tard, une voiture avec 3 Blacks s´arrête. Nickel. La même scène dans le 93, je suis pas sûr de monter. Comme quoi, tout est relatif.
Le soir, c´est dîner chez Brandy qui m´avait invité la veille. Encore une tablée incongrue, cette fois, me voilà parmi une Américaine, une Anglaise, une Hollandaise et 3 Zims blacks en dreadlocks. Dans le "tas", 2 couples mixtes. L´Anglaise est là pour une ONG depuis 6 mois, je la sens démotivée par ses conditions de vie. Pour finir, je tape une longue discussion avec 2 des Rastas, qui insistent pour me raccompagner jusqu´au lodge. Une soirée très...cool...
|
Publié à 01:26, le 7/12/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Sur le conseil de Roger, j'avais téléphoné dimanche à Brandy, avec qui il travaille parfois. Ce matin, elle, accompagnée de 2 Zims, vient me chercher au Backpackers. Brandy est californienne, elle a 25 ans. 6 mois par an, elle est assistante vétérinaire en Californie. Le reste du temps, elle est ici, à Vicfalls, bénévolement et achète, centralise et distribue des fournitures scolaires pour les écoles de brousse des villages de la région. C'est ce qu'elle m'emmène faire aujourd'hui. Des kms de piste dans la "campagne", c'est-a-dire le bush, à faire la tournée de 12 classes dans 3 écoles, dans une bagnole complètement pourrie qui survit miraculeusement aux trous et aux bosses, le tout sous un cagnard en grande forme.
Et me voilà à porter des cartons de cahiers et stylos sur la tête, puis à les distribuer à des enfants de 5 à 15 ans, aussi contents du colis que de voir un Père Noël blanc le leur donner. Il n'y a bien sûr ni eau ni électricité.
Moment assez fort émotionnellement.
Au retour, vers 16h, le coffre vide mais 2 mamas autostoppeuses en plus à l'arrière, le conducteur vient à bout de 2 pannes d'essence à grand renfort de je-ne-sais-quelle manip', car je n'ose pas ouvrir la portière arrière, je ne saurais pas remonter.
|
Publié à 11:46, le 5/12/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Voilà, le rêve de Hwange est terminé. Ça s'appelle le contrecoup. "Quit dreaming, this is real life, baby". Alors 4 jours de quasi-glande pour digérer ces 4 semaines, et dormir. 2 nuits au Lorrie's Lodge de mes désormais amis Lorrie et George, puis 3, la dernière ce soir, au Backpackers Lodge. Moins cher, mais moins sympa avec leur déco routard un peu forcée, demain je retourne chez Lorrie.
4 jours donc, entre internet café ( le nombre de mails que j'envoie ne reflète décidément pas le temps que j'y passe ) et 3 a/r à la gare Sncf locale pour réserver 1 billet pour les 800 kms et 2 jours de voyage nécessaires pour rallier Harare, la capitale. Ce n'est pas juste un billet, mais un compartiment couchette 2 places que je réserve sur le conseil de Lorrie, si je veux garder une chance d'arriver entier avec mes sacs à dos à destination, après 2 trains de nuit consécutifs, agrémentés de 12 heures d'escale forcée à Bulawayo, 2ème ville du pays.
J'ai testé aussi l'épreuve olympique du "300m-marché-artisanal-pour-touristes". Je confirme, c'est une épreuve. J'avance à la vitesse de l'internet local. Après 350 "no thank you", on est à court d'arguments.
C'est quand même dimanche midi que la bascule s'est faite : à l'instant où Jane, Brent, Roger et Jessica franchissent les grilles du Lorrie's Lodge avec à bord les 6 nouveaux volontaires arrivés la veille, direction Hwange. Un peu "remué" de quitter Brent. On se reverra avant mon retour en France, c'est sûr.
Vicfalls, c'est une petite ville, touristique par nature, mais sympa. Ambiance "routard" encore une fois. Il fait toujours super chaud. 25 minutes pour rallier l'internet café depuis chez Lorrie, entre les troupes de babouins, et c'est le t-shirt noyé, même le soir. J'adore en fait. Et l'eau de la douche froide ou de la piscine coule toujours à pic...
Il y a eu aussi lundi après-midi la discussion improvisée et improbable au bar du Backpackers et autour de 2 bouteilles de vin, entre un couple de jeunes Canadiens, un Norvégien efféminé, un Allemand vieillissant, et moi ( je vous laisse le qualificatif ). Chacun, enfin les autres, racontant ses aventures de Mozambique ou d'Afrique du Sud des jours précèdents. Cool.
Le soir, je suis allé prendre un verre chez Lorrie et prévenir que je revenais au bercail mercredi. Discussion croisée, super-intéressante entre Lorrie, George,moi et la 4ème tournée générale.
George. L'image du pépé tout ratatiné, bougon et rigolo. Popeye en plus vieux, 76 ans exactement. Mais George n'a pas toujours été un rigolo. 20 ans dans l'armée rhodésienne, dont 15 de guerre. Des semaines-commando au fond du bush. Il est responsable à lui seul de quelques coupes claires dans les rangs des "rebelles nationalistes". Au point qu'à l'indépendance, ses adversaires vainqueurs lui demandent de rester dans l'armée. Sacré George.
Le moment pathétique de ces 4 jours, c'était dimanche soir, J'ai échoué dans un bar envahi par un groupe de touristes américains poussant des cris d'auto-admiration devant le dvd relatant leurs exploits en rafting de l'après-midi. Pour protester face à ce spectacle consternant, j'ai commandé un kebab d'autruche. D'élevage.
|
Publié à 11:05, le 5/12/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Le même tracking reprend, mais à vue, sans antenne, car Jane pense maintenant que le collier est HS. Repaquetage vers 10h pour le retour à Umtshibi, après l' "échec" relatif du tracking, et donc du darting. 4 semaines sans endormir de bloody lion, ça aurait été la cerise sur le gateau mais bon, voilà. C'est surtout Brent et Jane qui sont déçus.
Nous arrivons vers midi à Nyamandlovo Pan, pas loin de Main Camp. Roger et toute la bande sont là. Et ils sont là parce qu'à 500 m, sous un arbre, il y a 2 guépards allongés, 2 frères. Le 4x4 de Roger nous en approche lentement. Nous restons à quelques mètres le temps qu'il faut. J'en prends plein les yeux et mets un peu de temps à m'en remettre.
L'après-midi, avec Brent et Harry, c'est l'heure du tout dernier game drive dans Hwange National Park. En cadeau d'adieu, nous trouverons n°35 juste avant un orage de folie vers 18h. Allongé, tranquille, royal.
Cette fois rideau, on rentre à Umtshibi pour le retour à Vicfalls le lendemain matin. C'est la seule nuit où nous dormirons tous sous le même toit. Le barbecue se fera un peu sous la pluie mais se fera bien.
|
Publié à 08:27, le 5/12/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
On repart pour le tracking dès 5h30. Le petit déj sera au retour, à 9h, avant de repartir pour une autre boucle de 150 kms jusque 16h, sans résultats.
Une carcasse d'éléphant, assez fraîche pour être immonde, relativise ma notion de la puanteur.
Et puis notre premier "incident technique" : une branche sur la piste et le 4x4 perd du gasoil. Réparé avec un bout de bois, c'est la bush mecanics.
Retour à Sinamatella pour plier les tentes car nous passons la nuit à Mandavu, un autre campement à 15 kms, désert, sur les berges d'un lac infesté d'hippos et de crocos. Super soirée, un peu ambiance "les îles" avec la terrasse en bois et en surplomb de l'eau, agrémentée d'un whisky grand cru ramené par Harry. Vue imprenable sur le lac depuis la tente. Et ouïe imprenable sur les hippos toute la nuit.

|
Publié à 08:11, le 5/12/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Tout ça ne change rien aux bonnes habitudes : Jane vient tous nous réveiller à 5h30. Et c'est reparti pour le tracking déjà entamé la veille, des lions n°25 et n°79. Jusqu'au soir nous passons 7 heures en 2 sessions à chercher un bip-bip qui ne viendra jamais. La plus grande probabilité est que les batteries des colliers soient déjà mortes, donc il faut compter sur une rencontre inopinée, c'est-a-dire improbable.

Pendant la session du matin, Jane freine brusquement, Elle vient de repérer à l'oeil nu une lionne à environ 700 m. Qu'Harry et moi avons du mal à voir avec les jumelles. C'est un métier. Brent prend la position GPS et on redémarre. Le temps "passe" grâce aux buffles, girafes, impalas, phacos, aigles, vautours, et à ces paysages, plus beaux encore qu'à Umtshibi.
Vers midi, Brent nous fait signe de ne plus dire un mot et de redescendre du toit car nous arrivons là où était la lionne 3 heures plus tôt. La météo est inhabituelle, il fait bon et le ciel est couvert, pas remis de la pluie nocturne. Et c'est le jackpot. Non pas une lionne, qui aurait dû être invisible dans les fourrés à l'abri du cagnard, mais 2 lionnes et un lion, à découvert, à 10 m de nous. Nous resterons 40 minutes à leurs côtés, sans commentaires, mais pour le coup avec des p... de photos !

Voilà, tout est dit pour cette belle journée sans soleil. Non, j'oubliais les nombreux arrêts sur la piste, pour ramasser les crottes de hyènes que Jane destine à ses amis du CIRAD. Au désespoir de Brent qui arrive encore à en plaisanter mais que ce fucking hyaena project commence à gonfler !
Avec Brent, ça colle vraiment bien. Pas de discussion de mecs bourrés avec lui, il ne connaît pas le gout de l'alcool ou du tabac. Je lui ai même dit d'aller aux non-alcooliques anonymes. Mais comme déjà évoqué, il est beau gosse et super drôle. Entre autres, quand il place les 10 mots de français qu'il connaît, avec un accent qui a dû en faire craquer. Il m'interpelle à tout bout de champ, voici un florilège : "French guy", "Garçon", "Monsieur", "Madame" ( quand je lui a donne du "Monsieur" juste avant ), "Frenchy", "Froggy", "Samantha", "Monsieur fromage de la belle France" (!). Le plus mignon, c'est "Brother from another mother". Il aime bien dire aussi "Putain, il fait chaud". Plus les jours passent, plus il se lâche. C'est qu'il a des raisons d'être optimiste : sa girlfriend, mi-french mi-british, doit débarquer en février 2007depuis Paris pour vivre dans le bush avec lui.
J'ai quand même souri tout seul aujourd'hui, enfin presque seul : il y avait une grenouille installée peinard dans le porte-savon de la douche. Contre 3 qui ont jailli de la lunette des toilettes au tirage de chasse d'eau juste avant.
|
Publié à 07:37, le 5/12/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Depuis le début, il n'y a pas vraiment de planning, plutot des éventualités, aussi en fonction de l'actualité. Ce matin, une hypothèse finit par se concrétiser. Les 5 autres volontaires vont enfin débarquer à Umtshibi après 7 jours basés à la Farm 41, hors du Park. Mais nous 4 mettons les voiles direction Sinamatella, un campement perdu à 120 kms d'Umtshibi, au coeur du Park (ça donne une idée de la taille du Park). L'objectif est d'y trouver d'autres lions et de les darter pour changer leur collier.

2 4x4 remplis à ras la gueule : lion matos ( tracking + darting ), vivres, tentes, et c'est parti. Nous flânons en route, allant visiter chaque point d'eau, et masticant en permanence du biltong, auquel je me suis définitivement converti. Je fais encore des tas de premières rencontres : tortue-léopard, vine snake, klepspringer ( antilope des rochers ), daman.
Le paysage change, les forêts de mopane alternent avec des collines rocailleuses d'où s'échappent des sources d'eau salée. C'est beau, même si les dégâts causés par la surpopulation des éléphants sont bien visibles. 70 000 éléphants dans le Park, il faudrait en éliminer la moitié, selon certains spécialistes.

Nous arrivons le soir à Sinamatella et je plante ma tente pour la première fois, comme je peux, dans la rocaille. Brent et Harry font de même, Jane dormira sur le toit du 4x4.
2 "choses" vont nous réveiller cette nuit : la première pluie en 3 semaines, pour le premier camping, et les hyènes. La consigne est claire : tente fermée sous peine qu'une hyène y passe sa gueule et attrape ce qu'elle trouve. Jane et Brent en ont connu qui ne sont plus là pour le raconter. Et effectivement, au moins une d'elles, je n'ai pas vérifié tout de suite, est passée a quelques centimètres de ma tête. Frissons garantis.
|
Publié à 07:02, le 2/12/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Pour faire plaisir à Margaux qui, il est vrai, le vaut bien vu son apport au Projet, on se lève à 5h30 et c'est reparti pour un tour, l'antenne à la main. Je suis congelé à l'arrière du 4x4, la fatigue sûrement. Et puis voilà 5 rhinos qui trottinent dans les hautes herbes.

On rentre vers 9h, et comme la veille, c'est bon de ne rien faire. Margaux repart à Bulawayo, Jane et Brent font un saut à la Lion Research House à Main Camp, qui prendra finalement 4 heures : un touriste sud-africain a crevé 2 pneus de son 4x4 dans le Park. Pas de bol ! Le type a laissé femme et enfant dans la voiture et a marché seul jusque Main Camp. 30 kms, 40°, 7 heures de marche, sans eau et sans compter les bestioles qui rôdent. Il aurait pu aussi tomber sur quelqu'un. Mais non. Il était quasi-mort en arrivant, dixit Brent, qui lui a filé ses 2 roues de secours.
Brent, Harry et moi repartons à 17h vers Sinanga Pan en touristes, ni antenne ni spotlight. Juste le strict minimum : l'apéro dans la glacière. Et pour accompagner, une histoire racontée par Brent : un jour, un guide du Park, Blanc beau gosse, veut faire le malin devant les 2 jeunes touristes européennes qu'il balade, et ramasse un python d'1m50 sur la piste. Il approche la tête de la gueule du serpent qui lui saisit aussitôt le nez et referme dessus les 200 dents de sa mâchoire. Le guide a dû conduire 10 kms jusqu'à Main Camp avec le python, qui n'en démordait pas, planté dans son nez.
Au retour, nous passons par un autre point d'eau, Makwa Pan. Et là, un lion, un mâle, énorme. Brent n'en peut plus et se lance dans un hors piste d'enfer. Je suis assis devant, Harry, sur le toit, mitraille comme il peut. Il est 19h, je n'essaie même pas de photographier et ce qui me rassure, c'est qu'Harry n'aura pas un seul cliché valable. Le 4x4 dévale et remonte des pentes, Brent perd le lion, le retrouve, le reperd, le reretrouve et tente une dernière embuscade sur la piste. On ne le verra plus mais c'était bien quand même.
|
Publié à 06:35, le 2/12/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|

Journée relaxe à Umtshibi, Margaux prépare des super plats, c’est tranquille. Jusque 17h pour le rituel sunset apero game drive. Au programme à Sinanga Pan : rhinos, buffles et une centaine d’éléphants.

|
Publié à 08:18, le 23/11/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
De 9h a 11h, c’est la totale, Jane me fait "tracker" en VHF les lions n°22, 31, 35, 48, 77 et 97. Nous repassons par la scène de chasse mais l’absence de vautours dans le ciel fait dire à Brent que l’antilope s’en est tirée.
Aucun lion n’ayant bipé, nous allons à Main Camp, à l’entrée du Park, pour le resupply : une camionnette de nourriture venue de Bulawayo avec les commandes passées par Jane pour les volontaires et les encadrants, mais aussi par William, le chercheur du CIRAD rencontré 15 jours plus tôt, que nous retrouvons là.
La camionnette aura 4 heures de retard, soit rien que de très banal pour un trou perdu du Zimbabwe. William s’emballe un peu vite en nous invitant tous chez lui le soir. Un peu vite car au bout du compte, sa commande n’arrivera jamais, passée à l’as ! C'est donc nous qui rapporterons les vivres.
Vers 16h, je retrouve avec plaisir mes 5 Français à la Farm 41, et roulerai avec eux pour un sunset game drive parsemé de buffles et d’éléphants.
A 20h, notre convoi arrive chez William et sa femme Perrine pour un barbecue comme il y a 15 jours, mais en plus nombreux car sont là, en plus des hôtes :
- 6 volontaires, 4 encadrants et un bûcheron anglais reconverti en photographe
- Margaux, une chef d’entreprise de Bulawayo, mécène du Lion Project, qui fournit gratos les équipements radio à Jane.
- Esther et Hans, jeune couple hollandais gérant eux le Wild dog Project de Hwange
- Hervé, Responsable du CNRS pour toute l’Afrique australe, de passage.
La deuxième mission est déjà à mi-parcours. Dans une semaine je me retrouve lâché dans la nature, au sens figuré. J’en profite donc pour discuter avec Hervé de partenariat impliquant des volontaires mais il faudrait se revoir plus tard, à Harare, éventuellement...mouais.
Sur le retour, un chacal "allumé" joue les éclaireurs devant nos phares sur la piste pendant 10 minutes, tandis que Margaux et sa fille Ann suivent derrière : elles viennent passer 2 nuits à Umtshibi.
|
Publié à 07:21, le 23/11/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Ils iront se gratter pour me refaire faire le truc de ce matin. De 7h à 12h30, nous reparcourons le même transect qu’avant-hier, dans l’autre sens.

J’ai pendant 5 heures l’impression d’être sur le Paris-Roubaix. Il y a bien un moment de grâce avec la vingtaine d’éléphants passant tranquillement devant nous, et un phénomène incroyable, un arc-en-ciel circulaire autour du soleil, mais ça ne suffit pas à faire oublier le tape-cul permanent.
La dernière heure du transect est de trop, je me demande comment mes organes restent accrochés. Une sieste arrange tout et à 17h nous repartons dans le Park, cette fois à la radio-recherche des lions prioritaires : n°31, 35, 48, 97.
Et la compensation des souffrances matinales ne tarde pas, bien que trop tard quand même pour l’appareil photo : parfaitement synchronisé avec le coucher du soleil, le fantômatique et magnifique lion mâle n°35 apparaît dans les hautes herbes à 60m de la piste. Je crois faire remarquer à Brent une antilope sable à 150m du lion. Il me fait en retour vraiment noter la présence d’une lionne, déjà à l’affut. Une scène de chasse se prépare, miam... Nous resterons 2 heures à deviner les mouvements des chasseurs et du chassé dans la pénombre, mais on ne s’imagine pas le temps et les précautions prises.
On entend renâcler l’antilope qui sent la lionne mais qui ne la voit pas. N°35, lui, attend tranquillement que sa compagne donne l’assaut. Selon le professeur Brent, n°35 "sait, d’expérience", que sa crinière est trop voyante et qu’il ne pourra pas approcher avec le sournois nécessaire. Mais cette chasse se perdra dans la nuit, jusqu’à ce que 3 types dans un vehicule du National Parks Authority demandent à Brent des comptes sur sa présence dans le Park à cette heure. DART possède l’autorisation nécessaire bien sûr mais Brent préfère ne pas discuter. Il me dira sur le chemin retour qu’il espère que ces hommes, authentiques fonctionnaires, n’endossent pas en plus la veste de braconniers pour le compte d’un dignitaire désireux d’offrir une corne de rhino à un généreux businessman chinois. Avant d’arriver à Umtshibi, nous rencontrons mon premier porc-épic, ainsi que mon premier galago, minuscule primate-peluche appelé "bushbaby" car il pousse des cris de bébé.
Le soir, je profite d’un autre nanar en dvd pour écrire "bon anniversaire" à mon ami Benoît dans mon journal.
|
Publié à 07:12, le 23/11/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Je m'étais couché sur la promesse sereine d'un réveil à 7h. Aussi, quand Jane tambourine à ma porte à 5h30, je m'autorise une légère surprise. "Get up, there's lion out there, we're goin' now !" Ah bon alors ok on y va.
5 minutes plus tard, Harry, Coltard et moi soubresautons à l'arrière du 4x4. Brent avait entendu des rugissements depuis sa tente vers 4h30. Il avait sauté dans le Landcruiser, roulé 3 kms et vu n°35. Mais quand nous arrivons tous ensemble à 5h45, pas l’ombre d’une crinière. Je demande à Brent d’arrêter cette blague "n°35".
Plus tard nous allons sur un presume killsite de n°35. J’apprécie à sa juste valeur ce moment finalement rare qui consiste à marcher une heure dans la brousse : une heure de marche silencieuse en file indienne, car à tout moment on peut tomber nez à trompe/corne/griffe avec un éléphant, un rhino, un buffle ou un lion, pour ne citer que les plus sympas. En l’occurrence, ce sera mon premier serpent, un "sand snake" d’1 mètre qui me passera presque sous le pied.
Vers 17h, une bonne surprise : nous retrouvons l’équipe à Roger près d’un point d’eau, en-dehors du Park. Les glacières étaient pourvues, et nous improvisons un sunset apéro en chuchotant pour ne pas importuner 3 gros éléphants mâles prenant aussi l’apéro à quelques mètres. Je demande à Christophe et Sonia le bilan de leurs 3 premiers jours. Disons, pour faire simple, que le meilleur reste à venir pour les 5 Frenchies.
Comme nous faisons bande à part par la force des choses et des choix de Jane, je n’aurai pas l’occasion de mieux les connaître. J’avais juste rencontré Christophe et Sonia à la journée de "préparation au départ" chez "Planète", à Paris. Ils sont adorables, et pas seulement pour m’avoir rapporté 1000 US$ à ma demande via l’e-mail de Jane, une fois que j’eus compris qu’obtenir de l’argent liquide au Zimbabwe depuis son compte bancaire français était irréaliste.
La plus atypique des 5 semble être Elodie. A 23 ans, elle est cartographe à l’IGN, une des rares en France et ce faisant, une pointure dans son domaine. Au point qu’elle a failli venir à Hwange accompagnéee d’une equipe télé de l'émission "Capital". L’an dernier, elle a vécu 3 mois dans une tribu Masai au Kenya où, seule Blanche, elle n’a bu que du lait et du sang de vache vu qu’il n’y avait pas d’eau. Résultat : bactéries, vers et champignons dans tout l’organisme pour finir en rapatriement sanitaire et 6 mois en observation à l’hôpital. Et 1 an après, la revoilà en Afrique, elle-même semblant ne pas savoir pourquoi, En plus, elle n'aime pas les éléphants, ayant vu les ravages qu’ils causaient dans les récoltes de ses hôtes au Kenya. Donc atypique pour le moins.
|
Publié à 12:50, le 22/11/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Tous les 4 partons à 7h à bord du Lancruiser pour un autre aspect du travail de Jane et Brent : effectuer des road transects pour le compte du CIRAD, ce qui consiste à sillonner un parcours prédéfini de 80 kms et à comptabiliser et positionner avec boussole et GPS les animaux rencontrés en route. Brent nous prévient, Harry à la prise de notes, et moi à la boussole : ce transect est hors du Park, dans une zone de chasse composée d'épaisses forêts de miombos. Résultat : des animaux peu nombreux et craintifs. En effet, 5 heures plus tard, le bilan est plutôt maigre : 5 girafes, 4 koudous et 2 phacochères. Et je ne parle pas des 3 lions que Jane me demande de localiser à l'antenne pendant tout le transect.
Cette journée aura 2 points culminants : une sieste indispensable de 2 heures puis, au retour d'un coucher de soleil à Makwa Pan, un énorme rhino devant nous sur la piste. Sur les 15 secondes que dure l'apparition, Harry passe les 14 dernières à préparer son Nikon trop bien rangé. 14 secondes de trop. Je ne peux m'empêcher de sourire avec Brent de la "malchance" d'Harry qui n'a toujours pas eu un seul éléphant, buffle ou lion à se mettre sous l'objectif après 2 journées complètes à arpenter la savane.
Le soir, après un oxtail stew divin ( ragout de queue de boeuf ), j'immortalise une célèbre scène de massage.
Avant ça, Brent aura chargé une nouvelle sonnerie sur son portable : le rugissement d'un lion enregistré par Jane quelques semaines plus tôt. Pour le plaisir, l'un des nombreux mots du jour de mon inénarrable ami : me demandant si je dors bien la nuit, je réponds qu'à part quelques trous dans la moustiquaire, ça va. Il me répond : " Vois-tu, les trous, c'est ça le principe d'une moustiquaire. "
|
Publié à 12:29, le 22/11/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Les lundis aussi se suivent et se ressemblent puisqu'à 6h, Brent, Harry et moi partons à la recherche de l'arlésien lion n°35, après 4 heures de sommeil : c'est pas encore là que je vais récupérer. Comme lundi dernier, il faut le repérer avant 15h26 pour le téléchargement. Harry dégaine son impressionnant engin de 50 cm de long sur 20 cm de large, un Nikon valant 5000 US$. Cette fois je suis seul avec mon antenne et mon récepteur sur le toit du Landcruiser. Sentiment d'exclusivité là-haut pas désagréable. Ça vaut mieux car cette exclusivité, je vais la partager avec mes inséparables compagnons Tape-cul et Cagnard pendant 6h30. Pour Cagnard, je dois nuancer : de 6h à 8h, ça caille un max; de 8h à 9h, il fait bon; après, c'est Cagnard.
Brent, écoeuré par ce bloody lion introuvable, décide donc d'arrêter les frais vers 12h30 mais sourit quand même quand je lui promets d'appeler mon prochain chat "thirty five" en souvenir. Nos premières empreintes fraîches de guépard sur la piste, il va bien falloir s'en contenter. Un rapide picnic de nouilles chinoises en face de 4 hippos immergés dans un point d'eau et nous retournons à Umtshibi le temps d'une sieste royale d'une heure, car à 16h, notre convoi s'ébranle à nouveau vers Dopi Pan dans l'espoir d'assister à l'apéro des buffles ou des éléphants, mais "seules" quelques girafes viendront se désaltérer.
Le soir, Jane nous passe un nanar en dvd sur son laptop : mon premier film en 3 semaines, j'y prends plaisir malgré l'escadrille de moustiques en patrouille dans la pièce. Répulsif le soir et moustiquaire la nuit m'ont permis de n'être piqué qu'une cinquantaine de fois jusqu'à présent. La durée de mon séjour m'a fait choisir le Lariam, anti-paludéen réputé pour ses effets secondaires. Jane me demande mes rêves chaque matin, persuadée que le Lariam commence ses ravages la nuit. Maintenant j'ai une excuse en cas de "défaillance" !
|
Publié à 11:46, le 22/11/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Je comate jusque 9h, quand les nouveaux volontaires reviennent, tradition oblige, de leur visite aux Chutes. Un dernier au revoir a mes amies belges, et, rejoints par Roger et Jessica, c'est à 11 dans 3 véhicules que nous partons pour Hwange.
Arrivés à la Farm 41, le programme de la quinzaine à venir reste confus. Je n'ose pas trop croire encore à ce que Jane m'avait laissé entendre une semaine plus tôt. Alors que Roger donne son fameux cours de darting sur la terrasse, Jane sonne alors le signal d'un nouveau départ, direction Umtshibi. Mais ce départ ne concerne que 4 personnes : Jane, Brent, Harry et moi. Les 5 autres volontaires restent là, entre les mains de Roger et Jessica. Ce que Jane m'avait fait miroiter se réalise, je suis devenu Volontaire VIP.
Nous voilà partis, 2 chercheurs zim, 1 photographe anglais et moi pour un huis clos dans la brousse. Dans le feu de l'action, je laisse mon français derrière moi ainsi que, ce qui est plus fâcheux, mes chaussures de marche.
A Umtshibi, les retours se suivent et se ressemblent : on décharge le stock de provisions, Jane prépare le souper, Brent et Harry partent chercher du bois pour la chaudière et moi je récure pendant une heure et demie la baignoire extérieure que Jane appelle "piscine".
Vers 19h, autour d'un apéro et un peu affamé, je finis par succomber au biltong, nourriture universelle en Afrique australe, qui consiste en morceaux de boeuf ou gibier crus séchés au soleil, tout noirs, au parfum de fennec, mais pas mauvais du tout. Jane et Brent y sont complètement accros et se disputent les morceaux comme des charognards. Puis c'est le retour des grands soirs de discussion à 4, partie de la chasse au renard en Angleterre et qui s'achèvera sur ce postulat :
A court terme, la conservation des espèces et des espaces vaut la peine de se battre comme le font Jane et Brent 20 heures par jour. A moyen terme, la surpopulation humaine en Afrique engloutira ces efforts. Et a long terme, en conséquence, "l'humanité disparaîtra, bon débarras" comme dit l'auteur.
Déjà là, je me sais mieux à Umtshibi qu'à Farm 41. Roger est très sympa, mais Jane et Brent, y'a pas photo. Quant à l'impatient Anglais Harry qui a des avis sur tout, il m'aide au moins à dégonfler des chevilles : moi, l'interprète pour volontaire, comprenant parfaitement Jane et Brent, je ne capte dans un premier temps rien à ce qu'il raconte ! Mais le type a un accent bien charpenté, et même les Zims ont du mal avec lui parfois. Bref, une totale english immersion qui va rattraper des années de stagnation. A condition de survivre encore un peu ; alors que je vais étendre du linge dehors vers 23h, Jane me donne la consigne : "Take your torch, look around carefully and watch for lions." A part d'éventuels lions dans le jardin donc, rien de spécial et c'est la fin d'un jour ordinaire à Hwange.
|
Publié à 11:13, le 22/11/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Vers 9h30, Brent emmène Catherine à l'aéroport, Fatima et Betina restant tourister quelques jours à Vicfalls, et me dépose au cybercafé du coin. Heureux à l'idée de prendre des nouvelles du monde et de lui en donner des miennes, je réalise en voyant la page d'accueil de Yahoo mettre 20 minutes à s'afficher que je me suis trop vite emballé. J'ai à peine le temps de lire 2 mails sur 15 qu'une coupure de courant générale vient mettre tout le monde d'accord.
J'entreprends le retour à pied chez Lorrie, théoriquement à 15 minutes. J'esquive les vendeurs à la sauvette de statues, Zim$ ou herbe ( généralement ils proposent le package, et dans cet ordre ), et finis par me perdre pendant 40 minutes sous - devinez quoi - le cagnard, avant d'arriver par hasard chez Lorrie. A l'écoute de mes palpitantes péripéties, Brent m'apprend un dicton local : "T.A.B" : "That's Africa, Babe"
A 17h, il part chercher les nouveaux volontaires à l'aéroport pendant que je tente une seconde cyberpercée, victorieuse car je parviens à envoyer 1 mail. Puis il est temps d'accueillir Sonia et Christophe, Aymeric, Elodie, et Carole. Un braai de saucisses géantes plus tard, vers 22h, toute la nouvelle promo de la Hwange Academy part se coucher. Betina, Fatima et moi, pour notre dernière soirée ensemble, serons piliers de comptoir jusque 1h du matin.
|
Publié à 10:40, le 22/11/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
C'est le retour à Vicfalls pour la "relève" des volontaires moi excepté, qui vais retrouver quand même pour l'occasion 48 heures de "civilisation". Sur la route depuis Hwange, nous nous arrêtons à une échope d'artisanat pour les filles. Bet' et Fat', à cours de Zim$, font du troc : un éléphant en bois de 10 kg contre 3 t-shirts, 2 paires de chaussettes et une serviette de bain. Et le petit chat, c'est cadeau.
Nous arrivons au Lorrie's Lodge vers 18h. Nous y rencontrons Harry, un photographe anglais, en provenance de Londres pour un reportage sur les lions de Hwange. Harry va accompagner la Mission 2 pendant les 2 semaines à venir. Le soir, Jane et Brent nous emmènent au Boat Club, sur la rive du Zambèze, où se retrouve la communauté blanche de Vicfalls, ces descendants des colons Afrikaans, au faciès anglo-hollandais très marqué. Un entertainer, blanc aussi bien sûr, interprète du Johnny Clegg au bar. Ça picole dans tous les sens (un whisky-coca coûte 0,70 US$) et la piste de danse se remplit de viande saoûle. Ça change drôlement des pistes pratiquées encore la veille. Mais ce n'est pas désagréable.
Je vais faire quelques pas le long du fleuve. Brent, en terrasse avec les autres, vient me conseiller de laisser 3 bons mètres entre l'eau et moi, car je ne serais pas le premier à me faire happer par un croco à cet endroit. Dans ce cas, d'accord Brent. Une longue ( et amicale je précise ! ) apartée avec Fatima vient clôturer cette très bonne soirée.
|
Publié à 10:22, le 22/11/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
5h30, je suis réveillé par un sifflement de Jane. John n'est déjà plus sous la tente. Je m'extirpe et décomate très vite : 1 lion et 3 lionnes s'approchent de la mare, y resteront 20 minutes avant de regagner les fourrés.Une hyène et un chacal restent prudemment à l'écart.
Je n'ai littéralement pas le temps d'admirer mes clichés de lions, Jane, des yeux et des jumelles partout, nous prévient que derrière nous s'avance en trottinant un rhinocéros blanc. Il finit par nous renifler et prend la tangeante dans un surprenant galop. Puis une quinzaine d'antilopes sable passent à côté, ultra-méfiantes. "Le plus beau matin du monde" dirait le poète.

John se roule une cigarette et le papier m'intrigue : normal, c'est du papier journal.
Encore 3 longues heures de fournaise et nous plions bagage vers 12h30 pour Umtshibi, non sans visiter un dernier killsite de koudou, pour et sur la route : je ramasse à la demande de Jane un crâne surmonté de cornes annelées longues d'1 mètre. Chacune.
C'est le debut de la fin de la Mission 1. Nous refaisons, surtout les filles, nos sacs pour rejoindre la maison de Jane, la Farm 41, en fin d'après-midi. Un dernier lion tracking à l'antenne avant de quitter le Park. Et nous trouvons 8 lions allongés sur la piste, le clan de n°31 et n°48, mais ils sont déjà hors du Park, juste après la limite marquée par une voie ferrée que j'emprunterai d'ailleurs bientôt. Sur ces terres privées, pas de lions en tout cas, il faut une autorisation pour se balader, mais Brent, de plus en plus débridé, nous demande silence et connivence vis-à-vis de Jane. Et nous voilà à 15 mètres des fauves. Et je mesure encore la limite dramatique d'un numérique dès que le jour commence à tomber : pas un cliché potable alors qu'en vrai, nous les voyons comme je vous vois. Les filles terminent leur sejour animalier à Hwange sur cette scène extraordinaire, et humain sur un barbecue à la bougie le soir.
La Mission 1, c'était bien. La Mission 2, ce sera mieux.
|
Publié à 09:51, le 22/11/2006 |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|
Je goûte au bonheur simple de me lever à 9h. | | |