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voyage en tout ce qui peut circuler Zimbabwe, Mozambique, Malawi, Zambie et re-Zimbabwe...

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149 - La Video du Blog

 

Depuis la fin de mon voyage, la technologie a encore progressé, alors pour les fainéants et les cadres pressés qui travaillent à la Défense, voilà le condensé en 4'30. A fond les enceintes !

 

"Zakouma">http://www.dailymotion.com/video/x1zfy5_zakouma-heartland">Zakouma

 

 

 

 



Publié à 09:47, le 15/05/2007
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148 - Mardi 20/02

Ce n'est qu'un adieu à Lorrie et George, qui m'avaient gardé des affaires et qui continueront de les garder. Le ciel a brusquement viré à la pluie en ce dernier jour, histoire de bien marquer le coup.

 

 
Mon avion a décollé de VicFalls à 12h15, avec les Chutes encore visibles depuis là-haut. Sur les 6 heures d'attente à Johannesburg, je passe les 4 dernières avec Leigh, avocate anglaise de 30 ans.  Leigh vient de passer 8 jours à VicFalls, dont 5 soirées au Shoestrings, véritable bar à la mode et lieu de rencontre, mais pas pour elle et moi qui nous sommes élégamment esquivés toute la semaine. Notre lieu de rencontre à nous, c'est donc plutôt l'aéroport de Johannesburg "quand vient la fin de l'été..."
"Dommage" diront certains, "Certes" répliqueront d'autres. En tout cas, les 4 heures filent très vite, et ça c'est bien.

 

 
J'ai quitté le sol africain à 20h50. Une dernière rencontre, moins glamour mais sympa. Rod, businessman sud-africain, qui me traite d'aventurier courageux et m'invite chez lui, à Johannesburg. Un autre plan pour la prochaine fois.
Voilà, "Zambezi", c'est fini....



Tatenda  - Merci  :
- aux quelques fidèles lecteurs et trices qui se reconnaîtront.
- à la Sagrada Familia Hamy
- à moi-même, parce que bon, sans moi ....

- à la chanson-mascotte du voyage : "30 ans" par Miossec (valable aussi à 35 ans, j'ai vérifié)

30 ans, et tu regardes le papier peint vieillir
30 ans, eh oui, tu n' les as pas vu venir
30 ans, ne laisse plus le canapé t'engloutir
30 ans, c'est peut-être le moment de s'enfuir


Publié à 12:59, le 3/03/2007
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147 - Lundi 19/02

Pour la 8eme journée consécutive, c'est un ciel grand bleu qui m'accompagne pour une matinée à passer sur le site de Mosi-Oa-Tunya, les Chutes Victoria. Au bout d'un quart d'heure, je suis trempé jusqu'aux chaussettes. Le spray ici devient pluie torrentielle, c'est trop marrant. Evidemment, je suis le seul inondé -et à moitié nu- puisque les autres touristes sont bien à l'abri sous leurs capes et parapluies.

Peut-être parce que je suis à peine + habillé qu'eux, une troupe de babouins fait comme si je n'existais pas et je me retrouve cerné tandis qu'ils mangent ou s'épouillent. Alors Derry, le Senior Warden du Victoria Falls National Park, qui passait par là, vient à mon secours : choisir quelle scène babouinesque photographier.

Puis Derry et moi nous nous asseyons sur un banc, face aux Chutes, pendant 1h30. J'en apprendrai encore un rayon sur une foultitude de choses, et je comprendrai notamment comment les Chutes peuvent être également visibles depuis le côté zambien. Pour ça et tout le reste, merci Mr Derry, à 2 ans de la retraite !

Pour ma dernière nuit, je déménage chez Lorrie, histoire de finir le bouclage de boucle. Un dernier game walk de 5 à 7 sur le Zambezi Drive. 2 éléphants se baignent dans le Zambèze, et un phacochère et moi nous ferons mutuellement peur alors qu'il voulait juste rentrer à reculons dans son terrier. Le soir chez Lorrie, c'est bombance et c'est normal.


Publié à 12:44, le 3/03/2007
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146 - Dimanche 18/02

Jairos, mon nouvel ami attitré, m'emmène vers d'autres vues improbables sur le Zambèze, notamment depuis le "classe" et historique Victoria Falls Hotel.
Comme il me reste quelques US$ à dépenser bêtement, je m'offre une sunset cruise sur le Zambèze avec 1 des 10 Activities Operators de VicFalls qui proposent tous exactement le même package fourre-tout : benji jumping, abseiling, rafting, helicopter flight, lion/elephant walk, safaris, et donc sunset cruise dite "booze cruise". Car le principe débilissime de ces balades sur l'eau de 2 heures est de payer 35-40 US$ et de picoler à volonté bière, vin, vodka sur le bateau. On raconte des scènes de vomissage collectif par-dessus bord...


Ce n'est pas exactement ce que je recherche (vomir en compagnie d'Australiens à casquette) et au final, de hasard en tractations, je négocie pour 30 US$ le petit bateau "privé", avec Jairos et moi comme seuls clients. Et 30 US$ pour 2. Nous croiserons plusieurs bateaux avec des cargaisons de 20 à 50 touristes qui me conforteront dans l'idée que tout ça se goupille bien. Sinon la croisière, emmenée par le fier Captain King, est très pépère. Mais merci le coucher de soleil sur le Zambèze et les zippos.



Publié à 12:21, le 3/03/2007
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145 - Samedi 17/02

Aujourd'hui RTT, pas de carnet.


Publié à 12:17, le 3/03/2007
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144 - Vendredi 16/02

Départ à 9h avec Jairos pour cette plongée dans les gorges du Zambèze, c'est-à-dire en aval des chutes, sous le pont qui relie à la Zambie et d'où se font les benji jumps à l'élastique pour 90 US$. En route, la bande se renforce avec Elvis. 30 minutes de marche jusqu'au précipice, puis 20 minutes de descente verticale entre rochers glissants et escaliers rouillés, le tout dans une forêt tropicale humide. Le spray, fine pluie issue du rideau d'eau permanent et à pleine puissance en cette saison, est partout. On est vite trempé, de fleuve et de sueur. L'appareil photo, la plupart du temps, n'est pas sortable.

Arrivés en bas, je pense à la grimpette retour que mon vertige va moyennement aimer, puis place nette pour apprécier la face grandiose du paysage. Images d'un fleuve déchaîné, déferlant entre ses rochers, bref, qui donne pas du tout envie d'y aller.

Mes cools acolytes et moi regardons au-dessus de nos têtes tire-bouchonner les aventureurs précoces au bout de leur ficelle. Jusqu'à la scène du jour : déboulant dans les rapides à toute vitesse, un hippo sur le dos, les 4 fers en l'air. Putain de spray, j'ai raté le cliché de la semaine. Jairos et Elvis sont scotchés, comme devant la télé. Elvis, 20 ans, puceau et fier de l'être, qui m'explique (j'ai rien demandé, je précise) sa théorie de la compagne unique, choisie devant Dieu. Intéressant. J'apprendrai aussi + tard que cette balade aurait dû être payante en faveur des National Parks mais aujourd'hui il n'y avait pas de Rangers pour contrôler...

 



Publié à 11:57, le 1/03/2007
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143 - Jeudi 15/02

Je rencontre Dave, l'Anglais qui partage avec moi depuis 3 nuits le dorm pour 4 du Shoestrings. Ça fait 3 nuits qu'il vient se coucher à 3h du mat' et me trouve endormi, tandis qu'à 8h du mat', c'est lui qu'au réveil je vois roupiller . Et donc, 3 jours avant de pouvoir se dire "bonjour" ! Dave est venu à VicFalls comme futur témoin au mariage de sa meilleure amie anglaise avec un Zim black. En attendant le feu vert des autorités, car c'est bien sûr un bordel administratif sans nom, Dave passe l'intégralité de ses journéees au bar du Shoestrings, une bière a la main. Impressionnant.

Un grand coup d'Internet puis le soir, dîner chez Roger et Jess, qui encadraient aussi les missions à Hwange, et Brandy la Californienne est là aussi. Et Roger se rappelle avec moi qu'il a été, en tant que Responsable de Wilderwise, récemment approché par "Planète" pour des fois que des froggy volunteers...

 



Publié à 11:56, le 1/03/2007
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142 - Mercredi 14/02

J'échappe, pour l'instant, au match Sarko-Ségo, mais pas à la St-Valentin, dis donc. Enfin si, personnellement j'y échappe, c'est l'essentiel.

Je retourne, cette fois à pied, à un de mes spots sur le Zambèze déniché la veille en vélo. Tout va bien dans le + ermite des mondes jusqu'au guet-apens.

Une douzaine de Blacks se pointent -j'en vois avec des batons- et là je me dis : c'est l'impair. J'ai vite un peu honte de ma méfiance en voyant ces gamins entre 8 et 15 ans tout sourire voulant partager leur paquet de chips avec moi, et simplement venus tâter du rapide et du remous dans le fleuve. Ils m'offrent aussi de superbes images, je n'en demandais pas tant.

C'est encore Rasta night ce soir au Shoestrings. Il en sort de partout. Je commence a me dire que le Zambezi-VicFalls National Park est non seulement un sanctuaire pour les buffles et les éléphants, mais aussi pour les Rastas. J'accroche  un peu avec l'un d'eux, Jairos, 26 ans, avec qui je programme un walk on the wild side pour après-demain. Un genre de Ras-Safari.

 



Publié à 11:55, le 1/03/2007
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141 - Mardi 13/02

Pour environ 3 US$, j' "emprunte" pendant 6 heures le vtt perso de Knowledge, de l'Office du tourisme de VicFalls, au lieu du loueur d'à côté qui charge 5 US$ de l'heure. Pas content le loueur, qui menace d'appeler les flics pour illegal business, mais que je convaincs à moitié que Knowledge est mon ami de 30 ans, ça passera.

A l'entrée du Park abritant les Falls à proprement dit et qui coûte 20 US$, je bifurque sur un chemin dit "Zambezi Drive" qui effectivement longe les rapides du Zambèze juste avant qu'il ne tombe sur lui-même, et là, il n'y a personne. L'immense colonne de vapeur d'eau s'élève dans un grondement sourd à quelques centaines de mètres : "Mosi-Oa-Tunya" en Ndebele -The smoke that thunders- sera mon cadeau de départ dans quelques jours.

Le Zambezi Drive, goudronné et aux portes de la ville, n'en est pas moins au coeur du Zambezi National Park, et des panneaux déconseillent la marche. Je croise Philmon, un Ranger anti-poaching qui me demande si j'ai pas peur là, tout seul, alors que la zone est peuplée d'éléphants, buffles, hippos et crocos. Du coup, oui, maintenant, j'ai un peu les jetons. Merci Philmon. L'an dernier, une touriste australienne s'était offert une balade à cheval guidée ici-même, jusqu'à ce qu'elle croise la route d'une femelle éléphant avec son petit : fin du voyage.

Plus loin, 2 pêcheurs, un peu gênés quand je leur demande : "Are you poaching fish ?"...

Vers 17h30, Brent, Laurie et 2 amis de Brent viennent me chercher au Shoestrings pour aller prendre un verre au luxueux Victoria Falls Safari Lodge qui domine d'en haut le Zambezi NP. Soleil couchant et éléphants au point d'eau en contrebas. Ensuite, le retour du super-resto "The Boma", 4 mois après que Jane m'y ait emmené avec les autres volontaires. Evidemment, comparé aux 4-5000 Zim$ que j'investis dans une satza habituellement, 100 000 Zim$, ça paraît beaucoup. Mais en fait non, c'est rien du tout. Décor, chants, danses, concert de djembe où c'est toi qui (tam)bourrine. Côté assiette, buffet -de malade- à volonté. Dans la mienne : steak de croco, phaco, koudou et "buffle mode". A s'en faire péter la panse.

Redéposé au Shoestring et Salut Brent qui s'en retourne aux lions de Hwange. Au lodge, je change mes -probablement derniers- 50 US$ avec un Rasta à casquette, à un taux qui chute plus bas et plus vite que le Zambèze.

 



Publié à 11:54, le 1/03/2007
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140 - Lundi 12/02

Je cherche mais ne trouve pas le cobra qui a élu domicile dans la charpente de la maison, dixit Brent. Du coup je prends en photo une photo du calendrier accroché dans les toilettes. Encore une que j'aurais bien aimé prendre...

Départ pour VicFalls à 16h ou Brent et Laurie me déposeront au Shoestrings, un Backpackers lodge pas encore essayé. Le sentiment de début de la fin s'intensifie.

 



Publié à 11:53, le 1/03/2007
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139 - Dimanche 11/02

J'essaie d'apprécier chaque minute à sa valeur. Déjà, la Lion house, que je connaissais, est confortable et j'ai même ma chambre. Ma journée passe paisiblement à regarder passer, tout proche, le train des zèbres, impalas, girafes, gnous, koudous et éléphants dans la vaste prairie. Je retrouve Hans et Ester, les Hollandais du Painted dog Project à qui je glisse volontaire-ment un mot, ainsi qu'a Bill Taylor, un vieux pirate qui étudie les éléphants du côté de Kariba.

Pour ma 2ème dernière soirée à Hwange en 4 mois, le ciel, ravagé par le chagrin de me requitter, déverse encore tout ce qu'il pleut. Impressionnant à en couper le courant.

Le nouveau Lion research permit en poche depuis une semaine, officiellement payé par la Oxford University de Londres, sa copine sous le bras, Brent n'est pas malheureux, j'arrive même à en être content pour lui.



Publié à 11:52, le 1/03/2007
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138 - Samedi 10/02

Bon ben, c'était écrit. A Bulawayo, c'est Margaux, la bienfaitrice du Lion Project qui, bien sûr, héberge les tourtereaux et le 3ème du trio, Zeke Davidson, le Sudaf "Senior lion researcher", officiant à Hwange NP depuis 5 ans sauf quand j'y étais et qui vient de revenir.

 Vers 11h, je retrouve mon Landcruiser tape-cul préféré avec Brent, Laurie et Zeke, direction la Lion research house du Main Camp de Hwange NP avec un pneu tout neuf qui crèvera après 30 minutes de route. 300 kms vers le Nord, 140 kms avant VicFalls, pour un retour aux sources légèrement inespéré, moi qui pensais hier encore tracer minablement en minibus Bulawayo-VicFalls.

 



Publié à 10:55, le 1/03/2007
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137 - Vendredi 09/02

Je tombe cette fois sur Brent en ville vers 9h. Brent Stapelkamp, mon pote Lion researcher d'un mois à Hwange. Aucun ne savait où était l'autre.

En sortant -encore- de l'ONGcule "W.E.Z", j'entends "Samuel !" et à 5 mètres, en terrasse, avec Laurie fraîchement débarquée de Paris : Brent. La barbichette m'en tombe. Il m'offre un café mérité. Ca y est, elle est vraiment là sa Laurie, 3 jours après son arrivée à l'aéroport d'Harare. Forcément, Bulawayo, c'est passage obligé entre Harare et VicFalls, ou .. Hwange.

Tout ça finit par un rendez-vous demain matin pour envisager la suite.

Dans la foulée, je croise bien sûr Lovemore sur mon chemin vers le Safari bureau d'Owen qui, malgré ses coups de fil, ne parvient pas à me trouver un taux de change décent à 4500 Zim$. Ce qui aurait fait, un jour ordinaire, la une de mon journal sans sations est donc relégué 2ème : je vais au Hypermarket TM où l'on me guide en coulisses vers Elisha qui m'offrira : 1 coca (traditionnel), sa casquette et le deal à 4500. Viva Elisha.

 

 



Publié à 10:41, le 28/02/2007
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136 - Jeudi 08/02

Je tombe cette fois sur Doreen en ville vers 9h. Je tombe bien, il faut qu'elle vienne officiellement reconduire mon bail pour 2 nuits à la réception du Caravan Park, pour la 3ème fois. Plus tard,  je pousse la porte de la minuscule antenne locale de la "Wildlife and Environment of Zimbabwe", une ONG zim. Il y a là Barry, à l'impeccable faciès de méchant de western spaghetti, et Tania, Zims blanc et blanche. Discussion sans conséquences écovolontariennes mais j'achète des cartes nickel de Hwange et Matopo NPs.

Je repasse ensuite aux bureaux du Matopo Safari Tour pour réinventer quelques projets d'enfer avec Owen et Lovemore. Je leur livre ma prophétie, tirée de mes lectures héraldiques : " Train of tourism starts rolling again in Zimbabwe ! "

 



Publié à 10:28, le 28/02/2007
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135 - Mercredi 07/02

Ça me fait une semaine à Bulawayo, j'ai donc mes adresses et mes habitudes, dont le curry pie du matin dans ce petit take-away indien. Pas très local, certes, mais ze best pie in town après moult tentatives, et le matin, c'est important de partir du bon pie.

Mon ciné (!) de midi tombe à l'eau quand je rencontre Lovemore dans la rue vers 11h. Il s'apprête à prendre un minibus pour un rendez-vous dans les suburbs chez un couple de septuagénaires blancs, investisseurs potentiels dans un projet de bush camp à Hwange NP, dont Lovemore a l'idée mais pas les sous. Il me propose d'y aller avec lui, alors c'est parti.

Au grand dam de Lovemore, Mr et Mme Caprez, lui Anglais et elle Iranienne, se révèlent autant investisseurs que moi vétérinaire, mais ça valait le déplacement.

Ils sont surtout religieux, adeptes de la "Bahai'a Faith", née en Iran il y a 150 ans, que Mme Caprez nous expliquera en détail mais dont voici la primo-définition dans le petit prospectus qu'elle nous remettra à la fin : "The Bahai'a Faith is a new religion God has sent to unify all nations and people of the world and to establish a global civilization based on justice, peace and harmony." Dire que ces gens-là sont, paraît-il, partout dans le monde -y compris en France- et que j'ignorais de les connaître. On retiendra aussi l'invitation à déjeuner dans le jardin, et ce plat de légumes, recette perse, un bonheur.

Au retour, Lovemore est "penaud" de s'être trompé de personnes. On pourrait se croire chez les fous tellement ce rendez-vous n'a eu rien à voir avec ses attentes. Mais c'est ça qui est vraiment drôle. Et Lovemore aussi me fait rire, tout en confirmant ses qualités perçues : intelligent, entreprenant et extrêmement sympa. A priori donc, avec Owen, les business partners, s'il en fallait.

Du portable de Lovemore, j'avais prévenu Doreen que la séance de 12h était du coup à 15h, mais à 15h, point de Doreen pour aller voir avec moi "Snakes on a plane", interdit (ici) aux - de 18 ans, et au titre résumant bien le scénario délirant. Non seulement, ce n'est pas un nanar soporifique et désincarné comme hier, mais la centaine de djeuns blacks spectateurs m'entourant, avec force hurlements, applaudissements, et bien sûr quelques portables, ont garanti l'ambiance du début à la fin. J'ai presque envie d'y retourner demain.

Pour finir la journée citations, rien de mieux que le Herald : " The cost of living for a family of 6 for the month of january has surged to 460 000 Zim$, from 245 000 Zim$ in december, reflecting an 87% increase. " Le salaire moyen, lui, est toujours à 150 000 Zim$, sachant que 80% des Zimbabwéens ne touchent pas de salaire.



Publié à 10:01, le 28/02/2007
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134 - Mardi 06/02

Le fleuron de l'automobile française s'exhibe dans les rues de Bulawayo et du Zim en général. Aujourd'hui : Une 4L, une R12 et une 504 break. Pour le reste, Mazda, Nissan et Toyota se partagent 99% du marché.

Je vais voir mon 3ème produit hollywoodien consécutif : "Aeon flux", un nanar de science-fiction exemplaire. Puis balade et pot en ville avec Doreen-la-rigolote.

Qui me fera moins rire en me montrant des flaques de sang séché dans le parc, sur le chemin de l'Université que j'emprunte chaque jour. "You see, a student got mugged here 2 days ago". Ambiance idéale pour réussir ses études..

 



Publié à 09:48, le 28/02/2007
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133 - Lundi 05/02

Je rends visite à Owen et Lovemore, mes désormais amis du Matopo Safari Tour, pour un business plan brainstorming à 3. Excitant. A suivre, peut-être.

Du coup, c'est Lovemore qui m'échangera 50 US$ contre 225 000 Zim$. Pour la 1ère fois, le taux baisse. A cause que le gouvernement n'a, contre toute attente, pas dévalué. Ça aurait fait 9 fois en 3 ans. Bref. Ça devrait aller quand même.

A Bulawayo-sous-cagnard, balade sur le campus avec "Dred", le Rasta dé-dreadlocké. Depuis mon arrivée, le ciel reste désespérément (pour les Zims) bleu à "Blue Lawayo". Dans cette province du Matebeleland, au Sud-Ouest, la pluie n'est pas arrivée. Alors que l'Est du Zimbabwe, le Mozambique, le Malawi et la Zambie coulent sous les inondations.

Après le sucre -toujours rare- c'est le mili-meal (base de la satza) et l'huile de cuisson qu'on ne trouve plus, sinon au marché noir, qui doit représenter 60% de l'économie nationale. Et dans la distribution des responsabilités des malheurs du pays, l'Occident - avec largement en tête la Grande-Bretagne, les US et la Banque Mondiale - en prend pour son grade. Mais ça, c'est les journaux qui ont la plume facile sur la théorie du complot. Parce que le "peuple" zim, lui, garde quelques leçons d'humanité et de fraternité en réserve. C'est ça ou les forex (devises), faut choisir.

Comme hier, j'ai retrouvé la parade imparable au cagnard insupportable d'entre midi et 2 : un ciné, avec aujourd'hui Bruce Willis dans "16 blocks", toujours pour une poignée de 0,5 US$.

Et puis je devais aller saluer Godwin à son boulot, après une course au Hypermarket "TM", le "Auchan" zim. Toutes disproportions gardées. Mais là, traquenard. Je me retrouve après 5 minutes en train de boire un coca "en coulisses", dans les bureaux à l'étage de l'Hyper, avec l'un des Supervisors, le "Chef de secteur Alimentation" ! Une heure intéressante et désintéressée avec Elisha, 33 ans. Qui me confirme que le gouvernement ne va pas tarder à envoyer des émissaires dans les monts sacrés du Matopo NP, pour invoquer les divinités de la pluie ...

 



Publié à 11:39, le 27/02/2007
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132 - Dimanche 04/02

Ma méthode est rodée. Vers 7h30, arrêtée au feu rouge dans son beau pick-up rouge aussi, une dame trés sérieuse m'offre "spontanément" le lift jusque Edenfield road, chez Mr Wilson. Car celui qui a créé le Chipangali Wildlife Orphanage en 1973 (le plan "avortable" d'avec Khrystian), c'est Mr Wilson. Qui a aujourd'hui laissé les rênes à son fils Kevin. Et Mr Wilson m'a proposé hier de m'y emmener ce matin. Je trouve tout ça assez dingue, sûrement parce que ça m'arrive à moi.

Avoir une corne de rhino noir dans la main, ça vaut beaucoup d'argent. Mais tenir quelques instants une corne de rhino noir vivant, ça vaut un peu +. Lions, léopards, hyènes, servals, aigles, blablabla... : que des animaux nés ou secourus ici. Et visite guidée gratuite que pour moi par ce grand Monsieur. Les discussions avec lui me transportent un peu. Et bien sûr, répondant a mes questions, il connait très bien ces vieilles fripouilles de Clive Stokil et surtout Andrew Connolly dont le Lion breeding program, c'est bullshit. Même avis que Mr Monks.

Après la visite, entre son fils Kevin et lui, les discussions tourneront plutôt autour du prix au black du gasoil au Botswana proche dont il faut importer 20 000 litres rapidement. Parce qu'il paraît que je rentre en France dans 16 jours, un méga plan "Mr Wilson m'emmène au Kazuma Pan NP, au nord de Hwange -donc assez loin" échoue à une semaine près. Tant pis, next time.

L'après-midi, j'achète une édition-collector du Herald dont la Une est : "La France invite le President Mugabe au Sommet franco-africain, à la grande colère de l'Union Européenne." Chirac soutient Mugabe, seul contre tous. Bizarre. Sans y comprendre quoi que ce soit, je ne me prive pas d'exhiber le soir la feuille de chou à Brian, Obey, et consort, mes amis étudiants du jour, histoire de resserrer les liens, quoiqu'inutile.

J'ai testé aussi et enfin mon 1er ciné. "The Sentinel" avec Michael Douglas, sûrement sorti en France l'année dernière. Je pète un câble au 10ème insup-portable qui sonne dans la salle. Le coupable, surpris, obtempère illico. Les cellphones ici, c'est de la folie. Même si ça marche pas et qu'ils passent + de temps à recomposer le numéro qu'à effectivement parler, c'est pas grave.

 



Publié à 11:03, le 27/02/2007
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131 - Samedi 03/02

Vers 10h, un minibus m'amène dans la banlieue de Bulawayo, chez Mr Vivian Wilson.

J'avais aperçu sans le vouloir, 2 jours + tôt, un poster dans le bureau local des Parks and Wildlife parlant d'une étude sur la population de léopards et guépards au Zimbabwe, supervisée par ce Mr Wilson qui, sur un coup de fil 2 heures + tard, avait accepté le rendez-vous de ce matin.

Pendant 1h30, les bras n'arrêteront pas de m'en tomber. Je crois que Mr Wilson est la personne que je cherche depuis 3 mois et demi. Zim blanc, 74 ans dont 50 dans la conservation. Spécialiste de tous les animaux, partout. Il me balade dans sa propriété, du vivarium rempli de pythons, boas, vipères du Gabon (ah bon ?), à la bibliothèque ou trônent des dizaines de livres et revues scientifiques, tous signés : V. Wilson. Une sommité, un gourou. Comment n'en ai-je pas entendu parler avant ? En vérité, j'avais serré la main de Mr Wilson, il y a 4 mois à Hwange. Il était passé saluer Jane à Umtshibi, juste quelques minutes. Ce n'est qu'après le coup de fil d'il y a 2 jours que mes 3 neurones ont fait la connexion. Et Mr Wilson me dit aujourd'hui qu'il accueillerait volontiers quelques volontaires pour étudier les léopards ... à Matopo NP, justement. Dire qu'il y a 5 jours, je ne pensais même pas m'arrêter à Bulawayo.

L'après-midi je retrouve Doreen et son ami Godwin pour un tour en ville. Où je suis très heureux de ne rencontrer aucune connaissance car (rires dans la salle) Godwin ne tient pas Doreen par la main. Non non, il ME tient la main pendant 2 heures, comme c'est la coutume ici, y compris hétérosexuelle... Et le soir, dans les allées de l'Université, rencontre avec des étudiants aux prénoms sympathiques : "Welcome", "Hardwork", "George" et son pote "Washington" (!), avec qui des poignées de main suffiront.

 



Publié à 10:21, le 27/02/2007
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130 - Vendredi 02/02

La Jeep 12 places emmenée par Lovemore, guide professionnel, décolle de Bulawayo à 10h avec à son bord Melody et moi, pour qui l'appréciation du taux de remplissage de la Jeep est inversement proportionnelle à celle du Safari operator, bien sûr. Il me reste 500 US$ pour vivre jusqu'au 20 février, alors 90 US$ pour cette seule journée, il s'agit de ne pas se tromper.

Melody, Californienne de 50 ans, est une volunteer (encore) anti-sida depuis 2 ans dans un trou perdu du Botswana, au sein de la Peace Corps américaine, tout comme Shin Shin au Malawi. Entrée dans le Matopo National Park vers 11h, et Melody, à 12h,  en est à sa 2ème bière sur les 4 qu'elle a achetées sur la route. Ah Melody ! Sympa, mais un peu exhubérante, bruyante, bref, américaine... Un peu beaucoup pour Lovemore, légèrement déstabilisé.

Matopo National Park. Immense, sauvage, magnifique. Ses formations de rocs incroyables, ses savanes, forêts, lacs, peintures rupestres des Bushmen San datant de 20 000 ans, et son tombeau de Cecil John Rhodes, fondateur de la Rhodésie. L'occasion d'apprendre par Lovemore que Rhodes en 1895 avait escroqué le roi Ndebele de l'époque, analphabète bien sûr, en lui faisant signer d'une croix un contrat "donnant" a Rhodes et la Couronne Britannique l'ex-Rhodésie, actuel Zim. Rhodes voulait se tailler un empire comparable à celui des Indes, qu'il baptisa donc "Rhodes' Asia" ...

Autre détail, nous sommes absolument seuls. A part 2 Rangers anti "rhino poachers" que nous croiserons patrouillant à pied leurs 25 kms quotidiens avec leur AK-47 semi-automatique datant de 1954 (!), à qui Lovemore offrira un lift pour une belle discussion croisée. Tout comme celle sur la famille entre Melody, Lovemore -30 ans- et moi, tous célibataires sans enfants.

Ah, c'est l'heure de se faire mousser : sur la vie des bêtes, à 3 reprises, Lovemore me demandera "mais comment tu sais tout ça ?" Hé hé ...

Mais l'heure juste, c'est juste avant que Melody me lance un élégant "putain, t'as des couilles !". Dans l'un des 2 Parks africains -l'autre en Namibie- où c'est possible, Lovemore m'amène sur la pointe des pieds à 15 mètres de 3 rhinos, laissant la Jeep avec Melody dedans 300 mètres derrière. "Putain", là c'est moi qui le dis. Enfin, qui le pense. Je n'entends que mon coeur, mes mains tremblent pour la photo. En gros, j'ai les boules. Confirmé donc par Melody. Approche sous le vent, en silence et courbé. Vue lamentable, mais ouïe et odorat hyper développés. S'ils nous captent, c'est la fuite ou la charge, selon la distance. Et donc jusqu'à 15 mètres, derrière un bosquet, ça a tenu. Putain...

Pour bien finir cette méga-journée, le radiateur de la Jeep se met à fuir à 15 kms de Bulawayo, ça surchauffe et y'a plus d'eau à bord. Une voiture s'arrête ( il fait noir), nous en file un bidon et, à la stupéfaction bouleversée de Lovemore, le rat Melody quitte le navire et s'engouffre dans la dite-bagnole pour Bulawayo. J'aurai du mal à le garder concentré sur le lent trajet restant, lui suggérant de s'arrêter aux feux rouges, notamment. Très forte sa réaction. Peur pour elle dans cette voiture inconnue, mêlée d'une énorme vexation quant à sa capacité affichée de nous ramener à bon port. Du coup, je passe pour le mec "bien" et "très cool". Une belle journée.



Publié à 12:22, le 18/02/2007
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129 - Jeudi 01/02

Peter, le chauffeur du minibus Harare-Bulawayo de la veille et son acolyte sont au rendez-vous à 9h, à l'angle de Main Street et 5th Avenue. L'idée était au départ, histoire d'étrenner mon permis de conduire international, que je loue la voiture d'un de leurs potes pour aller à Matopo NP, 50 kms au Sud. En fait, ils proposent de m'emmener dans leur minibus ( 1 minibus pour moi tout seul, le fantasme ! ), et commencent les enchères a 500 000 Zim$ que je ramène à 200 000, jusqu'à comprendre qu'ils peuvent m'emmener aujourd'hui et non demain comme j'avais dit.

Tout en roulant dans Bulawayo, Peter m'avise une Blanche traversant la rue : "Ah, encore une qui voyage comme toi". Ouais, sauf que la Blanche, c'est Khrystian, aux cheveux un poil + longs que moi, le Polonais rencontré il y a 3 semaines à Lusaka. Scène de film : arrêt en plein carrefour, Khrystian courant vers le minibus au milieu de la circulation...

Le plan location avorté et calculs faits, ce sera finalement un safari pour touristes à 90 US$ la journée, + intelligent et + rentable.

Khrystian, arrivé 1 jour avant moi en provenance de VicFalls, très démerdard et fier de l'être, me présente Jacob le Zim et Matthew l'Australien, volunteers à la Salvation Army. Rendez-vous tout le monde à dimanche pour un autre plan avortable, le Chipangali Wildlife Orphanage, comme son nom l'indique, à 20 kms de Bulawayo. Bulawayo qui, avec ses avenues assez larges pour qu'un train y fasse demi-tour, et son look encore + america 50's qu'Harare, se visite très bien. L'Université aussi, avec son équipe de volley et sa chorale.



Publié à 11:46, le 18/02/2007
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128 - Mercredi 31/01

Au revoir à Peter et Edison, qui me remettaient mes reçus quotidiens moyennant la coquette somme d'équivalent-3 US$. Je ne comprends toujours pas pourquoi le Palm Rock Villa échappe à la sacro-sainte loi "toi l'étranger, tu paieras en devises". C'est très bien comme ça.

Une dernière traversée de la ville d'est en ouest, jusqu'au même bout de trottoir qui m'avait vu arriver il y a 3 mois au crépuscule, jusqu'à ce qu'un Saint-Bernie vienne me secourir.

Le minibus parcourera les 440 kms Sud-ouest jusque Bulawayo en 6 heures 30, même pas entassés ( une personne par siège ), un bonheur. Doreen montera à bord à Kwekwe mais c'est 2 heures + tard que, par le jeu des montées-descentes de passagers, nous serons  voisins. Entre temps, un sévère barrage de Police où tout le monde descend pour fouille corporelle. Sauf moi. Je ne dois pas avoir la tête d'un trafiquant d'or ou de diamants, car c'est ce qu'ils cherchent, des smugglers. Déjà 28000 smugglers arrêtés en 1 mois, dixit le Herald : ze operation de très grosse envergure.

Doreen a 28 ans, elle est étudiante en hôtellerie à l'Université Bulawayo Polytechnics et c'est là qu'elle m'emmène car -ah bon ?- il y a là des piaules bien et bon marché. Doreen me fait la visite du campus, séparé du centre-ville par un grand parc, mais pas du tout national. J'ai donc bien failli m'installer au coeur de l'Université de Bulawayo, si je n'avais pas bêtement confessé ma nationalité à la réception de la youth hostel intégrée car on me répond : 75 US$ la nuit. Un prix tellement indécent que ça en reflète la misère environnante. Doreen me conseille alors la mise en veille, et au Municipal Camping and Caravan Park, elle prend sous son nom pour 4 nuits un cottage (avec salle de bains !) qui m'aurait coûté 44 US$ en tant que foreigner. Mais qui du coup me revient à 5 US$. Très Motel américain, c'est pas Jéjé qui me démentirait...

Il n'y a qu'un chemin à traverser du cottage au campus où je vais prendre un verre au bar des étudiants en regardant de drôlissimes clips zims a la télé. Là encore, couvre-feu ; après 19h, le parc qui mène au centre-ville est un no go, le coupe-gorge assuré, d'apres Doreen, le gardien du Camp, et le Lonely.

Mais il y a dans cette fac un bar, un resto, des étudiants djeuns et sympas, comme Nigel et Malcolm qui me diront : "Ah tu viens de France ? Mais alors ça veut dire que ... euh ... tu parles français ? "

 



Publié à 11:07, le 18/02/2007
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127 - Mardi 30/01

En fait, on peut sûrement dire mieux, car après Lusaka-quand-j'y-étais et Kariba-quand-j'y-étais, c'est au tour de Harare-quand-j'y-suis d'annoncer la 1ère vague d'une épidémie de choléra. Je revois le médecin de l'Institut Pasteur à Lille en septembre dernier, répondant à ma question "et le choléra ?" : "non non, c'est bon..."

Ça fait un moment maintenant, entre les moustiques, les araignées, les champignons et tout ce dont je ne veux même pas entendre parler, que j'essaie d'être fataliste. Ce n'est donc sûrement pas à cause de ça que je pars demain pour Bulawayo, c'était prévu. Depuis hier soir. 10 nuits au Palm Rock Villa d'Harare, quel encroûté. Record de sédentarisation battu. Et de rencontres officielles aussi, ça sert à ça une capitale.

A part le couvre-feu de 19h, l'autre truc qui ne me manquera pas, c'est traverser la rue. Bien + stressantes que les buffles de Mana Pools, les bagnoles déboulant à toute barzingue et bien sûr à l'anglaise, conduite à gauche oblige, ce qui demande au Français de base une analyse poussée avant chaque traversée de rue. Je n'arrive pas à m'y faire, c'est trèèèès pénible. Cela dit, à Bulawayo, ils doivent aussi conduire à gauche. Mais j'y vais + pour essayer d'observer la conduite des rhinos du Matopo National Park.



Publié à 12:48, le 17/02/2007
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126 - Lundi 29/01

Mr Lovemore Chihota, 67 ans, Chairman de plein de grosses boîtes, accepte de me recevoir dans son bureau ce matin à 10h. Une petite demi-heure, il a quand même pas que ça à faire, c'est sûr, pour peu d'infos mais 1 ou 2 conseils bien sentis.

Je retourne ensuite voir Dorcas à l'IUCN avec 100 US$ en poche, pour constater que 4300 Zim$ la semaine dernière, ça vaut 4700 Zim$ aujourd'hui. 10% en 6 jours, eh bien moi je dis que ça ne couvre pas l'inflation réelle. Mais je suis là, avec 500 000 ...$ au soleil, qui dit mieux ?

 



Publié à 12:46, le 17/02/2007
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125 - Dimanche 28/01

Un dimanche à Harare, forcément, ça se prépare, et mon programme est béton.

Un minibus m'amène vers 10h aux Chiremba Balancing Rocks à Epworth, 13 kms au Sud-est de la capitale. Des formations de roc qui balancent bien, ça va être un festival, que je me dis. Concrètement, il s'agit de roches granitiques en équilibre les unes sur les autres, résultat d'une lente érosion et surnommées bank notes depuis que leur silhouette est apparue sur chaque Zim$ billet. Mais j'ai tellement bien préparé mon coup que les + beaux spécimens, devenus récemment monuments nationaux, resteront cachés derrière -quelle ironie- un billet de 10 US$ que je n'ai pas sur moi. J'avais oublié que j'étais un foreigner obligé de payer en foreign currency, dite "forex". Je n'ai pas tout perdu en discutant un moment avec Moses, le guichetier mais surtout bassiste-auteur-compositeur-interprète-arrangeur-fan de jazz. Il n'a pas les moyens de se payer une basse, il la loue au studio quand il veut répèter avec son groupe. Fonctionnaire, Moses a 2 métiers annexes non déclarés pour pouvoir nourrir sa femme et ses 2 enfants : musicien et technicien en électronique.

Et puis il y a cet homme qui m'offre le lift retour en ville, et qui se propose d'être mon chauffeur pendant 3 semaines jusque VicFalls, via le Matusadona NP dont il ignorait l'existence. Un peu comme si un Parisien n'avait jamais entendu le mot "Camargue".

Après donc un 1er semi-échec, j'ai l'excellente initiative d'aller assister a la fin de l'office dominical de la Universal Church of the Kingdom of God au centre-ville. Un autre vrai grand moment : l'organiste joue ce qui aurait pu être du Céline Dion période américaine pendant que le prêcheur, en transe, trouve les langages et chante les louanges, et ça fonctionne. Ça fonctionne pour ces dizaines de croyants qui chantent en choeur, bras tendus, yeux fermés -certains pleurent- et pour moi qui ... je sais pas trop comment dire.

Et le pompon, 2 adorables religieuses viennent me remercier à la fin de l'office de ma présence -je suis le seul Blanc- et m'inviter à rencontrer le pasteur-prêcheur-prédicateur-tout-c'qu'on-veut, là, maintenant, tout de suite. Sans bonne raison, je décline l'offre, un peu impressionné peut-être. Et sous la surprise du discours étonnament moderne et sensé de ce pasteur qui, alors qu'il baptise 2 nourrissons dans les bras de leur mère sur l'autel, rappelle et martèle à l'auditoire de ne faire des enfants que si on a les moyens de les élever, et non pour faire plaisir au grand-père qui veut de la descendance.

Je passe ensuite 2 heures captivantes à la National Gallery of Zimbabwe : peintures, sculptures en serpentine, springstone ou cobalt, et je replonge dans la "Chitungwiza attitude" d'avec Tim et Emma. A part 4 fonctionnaires en service, je suis seul dans le + grand musée du Zimbabwe, un dimanche après-midi, pour une entrée équivalente à 0,20 US$.

A tous les niveaux encore aujourd'hui, des appels au secours. J'assiste en direct au spectacle d'un pays magnifique et riche sur le papier, sombrant à vue d'oeil dans une misère sans précèdent. Un récent rapport du FMI disait que jamais auparavant un pays en état de non-guerre civile n'avait plongé si profond dans la crise.

La "Héralderie" du jour : " Des violeurs absents de leur procès car il n'y avait pas d'essence pour les emmener de la prison au tribunal. "

 



Publié à 12:45, le 17/02/2007
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124 - Samedi 27/01

Comme chaque matin, c'est la revue de presse ( n'est-ce pas Sylvie ? ). Le Herald déplore les 100 000  Zimbabwéens refoulés clandestins en 2006, ayant pour la plupart tenté de traverser à la nage la Limpopo River, infestée de crocos, qui sépare le Zim de l'Afrique du Sud. Certains n'ont donc pas eu à être refoulés. Et tous ces autres morts par ingurgitation malencontreuse de champignons vénéneux me rappellent mon seul achat de champignons. C'était sur un trottoir de Lusaka, la veille du début de quand-j'étais-pas-trop-bien ...

Puis j'ai droit en ville à l'illustration d'un précèdent article : 100 mètres de queue sur le trottoir - jusque là, ok - mais devant un supermarket "OK", plus étonnant. Le sucre, 117% + cher, revient lentement dans les magasins après des semaines d'abstinence, les producteurs ayant bloqué les livraisons jusqu'à ce que le ministre, parti 2 mois en vacances, ratifie à son retour la dite-augmentation. J'arrête car le Herald est un blog à lui tout seul.

Les hair saloons comme les phone shops sont légion, mais le Ebony Hair Saloon sur Takawira Avenue valait aussi son impossible pesant de pixels : grand comme un hall de gare, 500 femmes au bas mot, 1/3 coiffeuses, 2/3 clientes. In-croyable.

Un orage diluvien -1ère pluie en 6 jours- ramènera instantanément le débit internet à son niveau le + bas depuis la crise de 1929 ou la sécheresse de 1976, au choix.

 



Publié à 12:30, le 17/02/2007
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123 - Vendredi 26/01

C'est toujours sur un conseil de Sally que je me pointe dans les bureaux de la société Conservation Cooperation pour rencontrer le grand patron qui possède les top-of-the-range Matetsi Game Lodges, à 350 US$ la nuit, quelque part dans la Matetsi Safari Area. Maina, la secrétaire, me fait revenir lundi matin, le grand chef, visiblement une très grosse légume, étant en déplacement. Je passerai donc le week-end à Harare en espèrant que ce Monsieur aura quelques instants à m'accorder. De toute façon, j'ai une situation a débloguer et je n'aurai sûrement plus mieux qu'Harare pour ça.

Après mes petites courses quotidiennes au Spar et au OK, je trouve vers 19h dans le jardin du Palm Rock Villa une drôle de paire. Lazarus, le musicien zim joueur de mbira, l'instrument de musique nationalement traditionnel qu'il est tant d'évoquer. Un morceau de bois qui tient sur les genoux, avec des spatules en métal qu'il faut donc savoir pincer. A côté de Lazarus, il y a Meg, jeune Japonaise en train justement de jouer du mbira tout en chantant en shona. Bigre. Une zimfan qui passe 2 mois par an ici depuis 6 ans. Respect.

Puis Lazarus m'entraîne au Books Cafe à 500 mètres où un groupe de copains joueurs de ngoma (tambour) et mbira se produit ce soir. Et on commence par aller voir "the band, backstage", pendant le soundcheck. Leur "backstage" est un cagibi sur le toit de l'immeuble, mais en dreadlocks et peaux de léopard, les types en jettent ! Et visiblement, rien de tel avant d'entrer en scène que quelques cigarettes maison et une etrange poudre brunâtre à sniffer, "rien  voir avec la coke" m'assurent-ils, Non merci quand même.  Et ils assureront aussi la prestation, mesurée par l'ambiance qui survolte graduellement.

L'autre Blanc dans le public, c'est une Blanche,  Rosa, Allemande et mère célibataire échouée au Zimbabwe depuis ... disons trop longtemps. Le patron de la boîte, un jeune Black, m'époustouflifiera en m'expliquant avec force détails les particularités morphologiques des Chinois et des Japonais permettant de les différencier, Les Coréens, c'est + dur, admet-il. Utile, quand tous ces Extrême-orientaux sont de + en + omniprésents économiquement au Zimbabwe, engouffrés par la porte laissée béante en 2000 par les Anglais et les Américains.

Pour les 500 mètres du retour jusque Selous Avenue, Lazarus m'oblige à prendre un taxi qui m'affirmera que Harare est la ville la + sûre au monde. Du coup, petit coup d'oeil au Lonely : "Soyez vigilant en passant dans Selous Avenue après le Palm Rock Villa, où les agressions ne sont pas rares et où la nuit, tout change : ne vous promenez jamais seul." Me voilà rassuré.



Publié à 11:54, le 17/02/2007
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122 - Jeudi 25/01

Quand un plat de satza with-n'importe-quoi coûte entre 4 et 5000 Zim$, et qu'un ouvrier agricole touche 8000 Zim$ par mois, on comprend pourquoi le ministre de l'agriculture exprime dans la presse ses craintes que les dits-ouvriers se livrent à des activités parallèles pour "arrondir" leurs fins de mois qui doivent commencer le matin du 1er.

C'est quand même un pays ou les promos des supermarchés peuvent annoncer : "seulement 50% + cher demain au lieu des 100% prévus." !

Je traverse la ville que je commence à bien maîtriser pour arriver au Rainbow Tower Hotel, un ex-Sheraton déclassé mais toujours 5 étoiles. Au 2ème étage, il y a "La chandelle", un resto tenu par Charles et Jo, des Français installés depuis 1 an. En provenance directe de Lille où ils géraient "La Part des Anges" rue Solférino... C'est le Consul qui me les avait évoqués et j'ai fini par accepter de les rencontrer. Dans leur restaurant de luxe avec terrasse et vue imprenable sur Harare. Pour quelques conseils glanés, toujours bons à prendre. Bizarrement, + tu as d'argent et de contacts, + c'est facile de s'installer. Il me reste un peu de chemin.

De mes rencontres ces 3 derniers jours, il n'y a eu que la moins attendue, Sally, pour me conseiller d'aller à la Environmental Management Agency, encore une perpette-à-pied aventure. Là-bas, j'apprends que leur accord pour tout projet économique en zone "protégée", qui prend 2 mois et coûte 4000 US$, est totalement indispensable.

Ensuite je fais la queue 20 minutes sur le trottoir pour téléphoner depuis un phone shop ( les Zimbabwéens adorent téléphoner....), et puis je dois gérer, pour la 15ème fois de la journée et comme tous les jours, une personne me demandant de l'aide.

 



Publié à 11:03, le 17/02/2007
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121 - Mercredi 24/01

Le Monde serait plus sexy -et mon papa, actuellement au Nigéria, doit faire un constat semblable- si sa Une ressemblait à celle du Herald d'aujourd'hui et ses 3 gros titres :

  • + 117% pour le prix du sucre à partir d'hier
  • ZESA ( EDF local ) en faillite
  • une femme piétinée par un éléphant à Kariba la semaine dernière

A Kariba, justement, j'y étais, et même si le coin est effectivement blindé d'éléphants, la Police n'explique pas la réaction épidermique du pachyderme. Circulez, ya plus rien ivoire ( super drôle ! )

Je rencontre donc Costa au ZTA Office à 8h pour notamment confirmation que la Matetsi Safari Area, entre Vicfalls et la frontière du Botswana, sur la rive du Zambèze, est bien classée "TDZ" : Tourist Development Zone. Costa vérifie quand même sur la carte qu'il n'y a pas 2 Matetsi Rivers au Zimbabwe.

Comme hier, j'enchaîne sur l'IUCN, mais pour cette fois changer 100 US$ avec Dorcas, la secrétaire. Au pays champion du monde de la valse des étiquettes, c'est dur de suivre car le taux monte tous les jours et je me fais marché-parallèlement un peu moins avoir : contre 1 US$, j'ai eu 2100 Zim$ il y a 2 semaines, 3100 Zim$ la semaine dernière et 4300 Zim$ ce matin. Ça ne m'enrichit pas pour autant, lex prix dans les magasins ayant doublé la semaine dernière.

Toujours chez l'Union Internationale de Change au Noir (blaague), je rencontre Wilson, le "Zambezi Basin Project Manager" qui me refait expliquer le volontariat-selon-"Planète". Je suis sûr que lui au moins maintenant a bien compris.

Un pick-up arrêté au feu rouge n'a pas d'argument pour me refuser un lift vers le centre-ville d'ou je galèrerai avant d'enfin trouver un minibus allant du côté des Mukuvisi Woodlands, zone écologique à l'Est d'Harare et siège de quelques ONGs locales, dont la Zambezi Society où m'attend Sally, Zim blanche, qui m'explique ses travaux de recherche et de diffusion d'infos sur tout ce qui touche à la conservation de la Zambezi Valley. Sa petite équipe donne aussi dans le soutien anti-poaching aux NP Rangers et la réintroduction de rhinos et guépards à Matusadona NP. Et Sally, sympa, me ramène au Palm Rock Villa parce qu'il fait noir et maman, j'ai peur.

 



Publié à 10:39, le 17/02/2007
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120 - Mardi 23/01

C'est d'abord le Consul de France au Zimbabwe qui me reçoit dans les bureaux de l'Ambassade, au 11ème étage de l'une des 5 tours qui peuvent y prétendre à Harare. Prise du pouls économique local si jamais on voulait s'installer, même si j'achète tous les jours depuis hier le respectable quotidien The Herald et que je suis donc très au courant de tout. Lire un journal local apporte beaucoup, c'est dingue. Ne serait-ce que les faits divers : " 3 femmes condamnées à 10000 Zim$ -3 U$- pour avoir enterré un bébé en cachette "...

Je retrouve le chemin de l'IUCN, mais sans Irene qui m'expliquait hier au téléphone qu'elle s'est foulée la cheville en glissant sur le trottoir. N'empêche, elle passera le message à Dorcas, la secrétaire parfaite, qui me trouve une audience pour midi auprès de Mr Chimuti, le boss de Norman Monks en tant que Conservation Director de la National Parks and Wildlife Management Authority. Où j'arrive en retard et en sueur, tellement c'était + loin que je pensais. La 1ère personne que je croise très brièvement, avec surprise et plaisir, c'est Norman Monks, responsable à 50% de mon dé-retour a Harare.

Entretien avec Mr Chimuti pour une proposition transparko-zimbabwéenne de volontariat, de Mana Pools à Matusadona en passant par Gonarezhou et Matopo : les National Parks qui vont bien. Accueil du projet plutôt positif, donc à confirmer, et je m'incruste juste à temps en sortant dans la voiture d'Allan pour retour au City Centre, 45 minutes de marche évitée à 13h-sous-cagnard, merci.

Allan a 20 ans, sa famille, émigrée d'Angleterre, est installée au Zimbabwe depuis 1820. Et après son frère et sa soeur, respectivement partis vivre à Londres et au Botswana, Allan, fils de fermiers expropriés, quittera définitivement le Zimbabwe pour rejoindre son frère dans 2 mois. Un exemple typiquement triste à pleurer du gachis zimbabwéen. "If Mugabe -le president élu à vie tous les 5 ans- doesn't die this year, there will be a civil war." Personnellement ça m'arrangerait pas trop mais bon.

Allan s'arrête quelque part et je réalise, grace à mon 6ème sens croisé GPS, que je dois être tout près du Zimbabwe Investment Centre, le célèbre "ZIC" : mon rendez-vous non pris suivant. Entretien avec une fonctionnaire anémiée mais sympathique qui me donne 10 pages de dossier à remplir et m'envoie ensuite au Zimbabwe Tourism Authority, le non moins célèbre "ZTA" où Percy me renseigne sur les procédures d'immigration mais m'invite à revenir demain rencontrer son expert de collègue, Costa.

Le soir, dans une gargotte de Selous Avenue, après une satza du demon plutôt relevée, au type bien attaqué, bouteille de gin a la main, bégayant, vacillant et qui me colle un peu trop, je demande de garder ses distances. Il sera tout fier de me montrer sa carte de policier.

 



Publié à 10:04, le 17/02/2007
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119 - Lundi 22/01

Je redécouvre les trottoirs d'Harare, cette mégapole peu fréquentable mais agréable, où les bus font parfois la gueule et où David avait pris le temps en 48 heures de se faire braquer au couteau en plein jour.

1ère étape, le biennommé "Zimbabwe Internet Cafe" où j'allais tous les jours il y a 3 mois. Et j'y vais pour saluer Culdees, la jeune hôtesse d'accueil qui n'avait pas arrêté de m'envoyer des mails depuis. Le reste de la journée fut beaucoup d'arpentage et quelques coups de fil bien placés pour la suite.

 



Publié à 09:48, le 17/02/2007
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118 - Dimanche 21/01

La pluie tombe sans concessions depuis hier soir, et je passe la matinée à éponger mes affaires restées trop près de l'ouverture de mon A-frame surélevé, mini-hutte en chaume de 3 m² meublée d'un matelas + moustiquaire. Après beaucoup d'attente et de coups de fils avortés à C.J. et Sandra, c'est finalement Ian qui m'emmène à 14h à la station-service où j'ai rendez-vous avec C.J. Mais c'est Charles, le mari de Sandra, qui arrivera le 1er. "1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras" est une règle sage ici, alors je monte dans la BM. Et tout ce qui va suivre, c'est la différence entre un "lift black" et un "lift blanc", de Kariba à Harare.

Charles s'arrête, discute, embarque, dépose, et repasse chez lui où je suis content de revoir sa petite famille une dernière fois.

Tout va donc bien jusqu'à ce que la soeur me prenne en aparthée(d) et m'explique qu'elle a besoin de 150 US$ pour ses études en Afrique du Sud. Je suis un peu estomaqué, habitué à des requêtes + modestes. Moment difficile, qui laisse des traces. Même Charles me lance : "Did she tell you about her problem ?". Il faut quand même pas déconner les gars !!

Départ quand même pour Charles et moi dans la BM vers 17h. A la sortie de Kariba, 40 personnes attendent un lift pour Harare, Charles embarque à l'arrière les 4 + rapides à s'entasser.

Je rêvais gloire posthume en tombant sous les griffes d'un lion, mais c'est dans une BM 316 que j'aurais dû mourir aujourd'hui. Charles double un camion en côte. Arrive alors en face un autre gros cul. Charles pile net. Mais confond 3 fois de suite marche arrière et première vitesse, toujours sur la voie opposée. Pendant peut-être 10 secondes, mes yeux vont du levier de vitesse au camion qui arrive à fond les ballons juste en face. 2 secondes avant l'impact ( le camion appelle de phares et sirène comme un malade ), Charles, enfin, déboîte de vitesse jusqu'au fossé, sauvant au moins 6 vies par la même occasion. J'avais vu ça qu'au cinéma, mais visiblement, en vrai, ça arrive. Charles parcourera en 4 heures une route qui en prend normalement 6. Limite autorisée 120 km/h -qui serait 90 en France- mais la BM file à 150. Ma trouille les fait tous bien marrer ( je suis à la place du mort ) :  "Do you know you have to die one day ?" "It's all in God's hands" etc.... Et pour le coup du camion, Charles, le père de famille responsable, me dit : "You see, this should have been an accident. But God decided the time hasn't come." Et tous de re-rigoler. C'est ca, un lift black !

A 21h, je suis vivant et déposé au Palm Rock Villa au centre d'Harare d'où je m'écris seul dans une chambre à 3 lits et à 3 US$. Je parcours le registre à remplir et y trouve mes glorieux prédécesseurs : mon Jap' ce Hiro, normal c'est lui qui m'avait filé l'adresse, Shin Shin de Livingstonia, et un certain David, mon ami québécois, à qui en cette occasion, je (re)tire son chapeau...

 



Publié à 02:48, le 16/02/2007
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117 - Samedi 20/01

Journée sans violence. Le Warthogs Bush Camp est un peu dans le bush, alors Ian m'épargne les 3-4 kms de piste dans sa Jeep , jusqu'au..."centre commercial" de Kariba. La petite fille de Sandra me repère et me court après pour m'emmener chez sa maman où ça papotera pendant 2 heures. J'ai alors la bonne idée d'entamer la piste retour en même temps que Ian dans sa Jeep chargée de bois, qui me re-épargnera la bonne marche.

A partir de 17h, arrive progressivement au Camp la communauté blanche de Kariba venue se payer quelques bières et un braai. J'irai préparer le mien, de braai, un peu + loin avec Justin, le gardien de nuit, chacun ayant apporté son grain de sel : moi, saucisses et poulet, lui, satza et brèmes. Copieux.

Sinon il y a une télé au bar, la 1ère depuis longtemps, branchée sur Skynews. Je me dis que je vais prendre quelques nouvelles de la planète mais la seule info développée, c'est l'éviction d'une grosse pouf' de "Big Brother" en Angleterre...

 



Publié à 02:34, le 16/02/2007
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116 - Vendredi 19/01

Aujourd'hui fut la journée-témoin, qui justifie à elle seule pourquoi le Zimbabwe. Le plan, avant l'entrevue avec Mr Monks, c'était d'enchaîner Mana Pools avec, 170 kms Sud-ouest, Kariba et son Lac, résultat d'un barrage respectable sur le Zambèze construit il y a 50 ans, qui alimente aujourd'hui rien moins que l'ensemble de la Zambie et du Zimbabwe en électricité. Le Lac se trouve dans la même énorme wilderness area que Mana Pools sauf qu'il y a des bateaux de plaisance, des lodges et un township, en + des animaux. Et Kariba, pour moi, c'est, au départ, la porte d'entrée du Matusadona NP sur l'autre rive du Lac, le suivant sur la liste. Mr Monks m'a d'ailleurs fortement conseillé d'anticiper mon arrivée là-bas, à quoi pouvait-il bien faire allusion ?

Mais maintenant, Harare, son Wildlife Conservation Director et ses 400 kms de détour, en vertu de mon non-contrat de travail, faut que j'y retourne. Mon lift providentiel va jusque Harare, une aubaine. Mais après 90 kms jusque Makuti, à la jonction Harare-Kariba, je vire makutille, opte pour "l'aventure" et descends de voiture, en espèrant voir prochainement passer un sympathique véhicule pour Kariba. La transition Mana Pools - Harare, c'était un peu raide.

But not on an empty stomach, et au désormais célèbre Makuti Travel Lodge, où je me suis promis un ptidéj de malade, il y a un client, un Zim blanc en shorts et casquette qui prend son thé à "ma place habituelle". Et qui m'interpelle dès qu'il me voit : "Hi, you're going to Kariba ? I can take you there". C'est une blague ? Le ptidéj sera expédié, et c'est parti à travers le superbe Zambezi Escarpment, pour 80 kms dans le pick-up de C.J., un vétéran de la Rhodesian Army et ex-fermier ex-proprié.

Arrivée à 13h à Anchorage Marina, sur le Lac Kariba, ou C.J. a un bateau à prendre. En embarquant, il me donne rendez-vous dimanche vers 14h pour m'emmener cette fois à Harare, ce qui s'inscrit très bien dans mon agenda. Maintenant, je dois m'extirper de cette marina, car les camps et les lodges, c'est pas là. Et, comme à Makuti, il me faudra une minute pour rencontrer Jenny, Zim blanche qui gère -depuis ses bureaux d'Harare- le Rhino Lodge dans Matusadona NP, à 50 kms, sur l'autre rive. Elle me propose aussi un lift pour Harare pour tout de suite, mais je me contenterai d'une razzia au supermarché du coin.

A Kariba, Cagnard n'usurpe pas sa réputation, impossible de rester au soleil. Jenny est super-sympa, et se dit ravie de me mettre en contact avec le petit monde de la Conservation de Matusadona, voire comment y aller. En attendant, il va me falloir d'autres Zim$ et à Kariba, je connais une personne : Sandra. Alors Jenny sort son portable, j'appelle Sandra, qui mettra 5 minutes à débarquer en BMW et qu'on suivra jusque chez elle où, en 5 autres minutes car Jenny m'attend dehors, je négocierai avec son Charles de mari un taux que je crois raisonnable à 3100 Zim$. Charles propose aussi de m'emmener dimanche à Harare donc en résumé, j'avais 2 lifts pour aujourd'hui, et j'en ai 2 autres pour dimanche. Mais ce sera encore Jenny qui me conduira dans son 4x4 jusqu'au Warthogs Bush Camp, un bush camp très sympa et isolé, au bord du Lac, où l'accueil est assuré par 2 éléphants passant par là. Bon début. Je donne rendez-vous à Jenny dans quelques jours à Harare.

Voilà Ian, le Camp Manager anglais qui, à 30 ans, a dû se dire qu'il était temps de se mouiller après s'être tant miossec, que c'était peut-être le moment de s'enfuir et de ne plus laisser le canapé l'engloutir. Ça fait 15 ans maintenant, la vie est pas facile sans touristes, mais "je vois des éléphants tous les jours" qu'il me dit. Tu m'étonnes. Ian a passé 4 jours dans une cellule préhistorique avec 20 détenus pour n'avoir pas déclaré 30 US$ au Fisc zim, ça forge le caractère et renseigne sur les moeurs juridiques locales.

Puis c'est l'heure d'un apéro bien mérité, bien sûr en regardant passer les éléphants et les hippos. Ceux qu'on sent bien passer aussi, ce sont mes potes les moustiques qui m'obligent à me bombarder de répulsif jusqu'à la nausée.

 



Publié à 01:40, le 16/02/2007
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115 - Jeudi 18/01

Dès 6h, ce sont ces fripons de petits singes vervets qui font un boucan d'enfer sur le toit de ma case en métal ( "Out of Africa" version "X-men" ). Je demande mon chemin à une Ranger jusqu'au plan d'eau dit "long pool" à environ 2 kms. Elle me répond " That way, but I think there's lion there". Je choisis donc une autre option et apprendrai plus tard que m'attendaient là-bas 2 lions et 3 lionnes. A la place, j'aurai quand même les boules de ma vie avec 2 hippos broutant interminablement autour de la ridicule petite plate-forme où je m'étais "réfugié" complètement recroquevillé et silencieux, me donnant en même temps à voir 2 babouins forniquer ce qui me les a rendus fort sympathiques.

Une dernière marche stressante en diable m'amène un majestueux mâle waterbuck, la vision fulgurante d'un croco retombant sur le dos dans le fleuve, un gros machin dans la gueule, et puis, et surtout, cet éléphant traversant le Mighty Zambezi sous mes fenêtres. Je crois que je tiens LA photo.

Pour fêter ça, c'est toujours une satza mais "with fresh impala", abattu ce matin-même par les Rangers, selon une méthode des quotas qui n'intéresse personne, à laquelle mes 2 voisins de pallier me convient.

 



Publié à 12:11, le 15/02/2007
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114 - Mercredi