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C'est d'abord le Consul de France au Zimbabwe qui me reçoit dans les bureaux de l'Ambassade, au 11ème étage de l'une des 5 tours qui peuvent y prétendre à Harare. Prise du pouls économique local si jamais on voulait s'installer, même si j'achète tous les jours depuis hier le respectable quotidien The Herald et que je suis donc très au courant de tout. Lire un journal local apporte beaucoup, c'est dingue. Ne serait-ce que les faits divers : " 3 femmes condamnées à 10000 Zim$ -3 U$- pour avoir enterré un bébé en cachette "...
Je retrouve le chemin de l'IUCN, mais sans Irene qui m'expliquait hier au téléphone qu'elle s'est foulée la cheville en glissant sur le trottoir. N'empêche, elle passera le message à Dorcas, la secrétaire parfaite, qui me trouve une audience pour midi auprès de Mr Chimuti, le boss de Norman Monks en tant que Conservation Director de la National Parks and Wildlife Management Authority. Où j'arrive en retard et en sueur, tellement c'était + loin que je pensais. La 1ère personne que je croise très brièvement, avec surprise et plaisir, c'est Norman Monks, responsable à 50% de mon dé-retour a Harare.
Entretien avec Mr Chimuti pour une proposition transparko-zimbabwéenne de volontariat, de Mana Pools à Matusadona en passant par Gonarezhou et Matopo : les National Parks qui vont bien. Accueil du projet plutôt positif, donc à confirmer, et je m'incruste juste à temps en sortant dans la voiture d'Allan pour retour au City Centre, 45 minutes de marche évitée à 13h-sous-cagnard, merci.
Allan a 20 ans, sa famille, émigrée d'Angleterre, est installée au Zimbabwe depuis 1820. Et après son frère et sa soeur, respectivement partis vivre à Londres et au Botswana, Allan, fils de fermiers expropriés, quittera définitivement le Zimbabwe pour rejoindre son frère dans 2 mois. Un exemple typiquement triste à pleurer du gachis zimbabwéen. "If Mugabe -le president élu à vie tous les 5 ans- doesn't die this year, there will be a civil war." Personnellement ça m'arrangerait pas trop mais bon.
Allan s'arrête quelque part et je réalise, grace à mon 6ème sens croisé GPS, que je dois être tout près du Zimbabwe Investment Centre, le célèbre "ZIC" : mon rendez-vous non pris suivant. Entretien avec une fonctionnaire anémiée mais sympathique qui me donne 10 pages de dossier à remplir et m'envoie ensuite au Zimbabwe Tourism Authority, le non moins célèbre "ZTA" où Percy me renseigne sur les procédures d'immigration mais m'invite à revenir demain rencontrer son expert de collègue, Costa.
Le soir, dans une gargotte de Selous Avenue, après une satza du demon plutôt relevée, au type bien attaqué, bouteille de gin a la main, bégayant, vacillant et qui me colle un peu trop, je demande de garder ses distances. Il sera tout fier de me montrer sa carte de policier.
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