|
C'est toujours sur un conseil de Sally que je me pointe dans les bureaux de la société Conservation Cooperation pour rencontrer le grand patron qui possède les top-of-the-range Matetsi Game Lodges, à 350 US$ la nuit, quelque part dans la Matetsi Safari Area. Maina, la secrétaire, me fait revenir lundi matin, le grand chef, visiblement une très grosse légume, étant en déplacement. Je passerai donc le week-end à Harare en espèrant que ce Monsieur aura quelques instants à m'accorder. De toute façon, j'ai une situation a débloguer et je n'aurai sûrement plus mieux qu'Harare pour ça.
Après mes petites courses quotidiennes au Spar et au OK, je trouve vers 19h dans le jardin du Palm Rock Villa une drôle de paire. Lazarus, le musicien zim joueur de mbira, l'instrument de musique nationalement traditionnel qu'il est tant d'évoquer. Un morceau de bois qui tient sur les genoux, avec des spatules en métal qu'il faut donc savoir pincer. A côté de Lazarus, il y a Meg, jeune Japonaise en train justement de jouer du mbira tout en chantant en shona. Bigre. Une zimfan qui passe 2 mois par an ici depuis 6 ans. Respect.
Puis Lazarus m'entraîne au Books Cafe à 500 mètres où un groupe de copains joueurs de ngoma (tambour) et mbira se produit ce soir. Et on commence par aller voir "the band, backstage", pendant le soundcheck. Leur "backstage" est un cagibi sur le toit de l'immeuble, mais en dreadlocks et peaux de léopard, les types en jettent ! Et visiblement, rien de tel avant d'entrer en scène que quelques cigarettes maison et une etrange poudre brunâtre à sniffer, "rien voir avec la coke" m'assurent-ils, Non merci quand même. Et ils assureront aussi la prestation, mesurée par l'ambiance qui survolte graduellement.
L'autre Blanc dans le public, c'est une Blanche, Rosa, Allemande et mère célibataire échouée au Zimbabwe depuis ... disons trop longtemps. Le patron de la boîte, un jeune Black, m'époustouflifiera en m'expliquant avec force détails les particularités morphologiques des Chinois et des Japonais permettant de les différencier, Les Coréens, c'est + dur, admet-il. Utile, quand tous ces Extrême-orientaux sont de + en + omniprésents économiquement au Zimbabwe, engouffrés par la porte laissée béante en 2000 par les Anglais et les Américains.
Pour les 500 mètres du retour jusque Selous Avenue, Lazarus m'oblige à prendre un taxi qui m'affirmera que Harare est la ville la + sûre au monde. Du coup, petit coup d'oeil au Lonely : "Soyez vigilant en passant dans Selous Avenue après le Palm Rock Villa, où les agressions ne sont pas rares et où la nuit, tout change : ne vous promenez jamais seul." Me voilà rassuré.
|