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Ça me fait une semaine à Bulawayo, j'ai donc mes adresses et mes habitudes, dont le curry pie du matin dans ce petit take-away indien. Pas très local, certes, mais ze best pie in town après moult tentatives, et le matin, c'est important de partir du bon pie.
Mon ciné (!) de midi tombe à l'eau quand je rencontre Lovemore dans la rue vers 11h. Il s'apprête à prendre un minibus pour un rendez-vous dans les suburbs chez un couple de septuagénaires blancs, investisseurs potentiels dans un projet de bush camp à Hwange NP, dont Lovemore a l'idée mais pas les sous. Il me propose d'y aller avec lui, alors c'est parti.
Au grand dam de Lovemore, Mr et Mme Caprez, lui Anglais et elle Iranienne, se révèlent autant investisseurs que moi vétérinaire, mais ça valait le déplacement.
Ils sont surtout religieux, adeptes de la "Bahai'a Faith", née en Iran il y a 150 ans, que Mme Caprez nous expliquera en détail mais dont voici la primo-définition dans le petit prospectus qu'elle nous remettra à la fin : "The Bahai'a Faith is a new religion God has sent to unify all nations and people of the world and to establish a global civilization based on justice, peace and harmony." Dire que ces gens-là sont, paraît-il, partout dans le monde -y compris en France- et que j'ignorais de les connaître. On retiendra aussi l'invitation à déjeuner dans le jardin, et ce plat de légumes, recette perse, un bonheur.
Au retour, Lovemore est "penaud" de s'être trompé de personnes. On pourrait se croire chez les fous tellement ce rendez-vous n'a eu rien à voir avec ses attentes. Mais c'est ça qui est vraiment drôle. Et Lovemore aussi me fait rire, tout en confirmant ses qualités perçues : intelligent, entreprenant et extrêmement sympa. A priori donc, avec Owen, les business partners, s'il en fallait.
Du portable de Lovemore, j'avais prévenu Doreen que la séance de 12h était du coup à 15h, mais à 15h, point de Doreen pour aller voir avec moi "Snakes on a plane", interdit (ici) aux - de 18 ans, et au titre résumant bien le scénario délirant. Non seulement, ce n'est pas un nanar soporifique et désincarné comme hier, mais la centaine de djeuns blacks spectateurs m'entourant, avec force hurlements, applaudissements, et bien sûr quelques portables, ont garanti l'ambiance du début à la fin. J'ai presque envie d'y retourner demain.
Pour finir la journée citations, rien de mieux que le Herald : " The cost of living for a family of 6 for the month of january has surged to 460 000 Zim$, from 245 000 Zim$ in december, reflecting an 87% increase. " Le salaire moyen, lui, est toujours à 150 000 Zim$, sachant que 80% des Zimbabwéens ne touchent pas de salaire.
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